|
|
L'HINDOUISME:
Certaines notions fondamentales
Il ne s'agit pas d'une présentation systématique de l'hindouisme,
mais de l'exploration de certaines notions rencontrées
dans les Upanishads...
et au gré de mes lectures des Puranas.
Trop longues pour figurer au Glossaire, elles se ramifieront progressivement
à partir de cette page.
Introduction aux notions fondamentales :
Si les Upanishads, ainsi que la plupart des livres publiés sur la spiritualité hindoue, explorent et exposent savamment l'aspect ésotérique de l'hindouisme (yogas, méditation, voie spirituelle, etc.), l'aspect exotérique est nettement moins connu, au point que bien des amoureux de la spiritualité hindoue ignorent qu'il existe, si ce n'est à travers la riche iconographie du polythéisme, qui est devenue aujourd'hui une des principales vitrines du tourisme national.
Or, à lire les grands textes fondateurs de la culture religieuse courante, celle de centaines de millions d'hindous, on découvre à quel point l'enseignement exotérique est largement développé, et à quel point, dans ses constituants essentiels, il ressemble à tous les exotérismes de toutes les religions. C'est dire que la morale y apparaît essentiellement comme une contrainte, garante d'une vie sociale relativement disciplinée, donc indispensable aux structures gouvernementales et aux classes dirigeantes; et, une fois de plus, on voit que la religion a judicieusement exploité la peur de la mort et de l'au-delà pour convaincre qu'elle était la seule voie garante d'une survie moins misérable (misère morale et économique, tout aussi bien), voire béatifique : plus vous serez doux et soumis, plus vous serez récompensés dans “l'autre vie”.
La morale exotérique, hindoue comme chrétienne, joue sur le raisonnement primaire, accessible aux moins éduqués des membres de la société : acceptez votre lot de souffrances ici-bas, selon les enseignements que nous vous donnons, et vous jouirez d'une vie paradisiaque plus tard. Mais si vous désirez en finir une fois pour toutes avec cet enfer du Samsara (voir La Forêt du Samsara, une allégorie), vous n'avez qu'une solution : vous engager, définitivement et en (nous) abandonnant vos maigres biens, sur la noble voie du renoncement total.
C'est bien sur ce point que se joue l'articulation entre voie exotérique et voie ésotérique : la croyance en la réincarnation. Car comment envisager cette perspective d'un karma – même positif – qui s'épuise inéluctablement, et fait rebondir l'âme individuelle dans la sempiternelle épreuve d'une nouvelle vie à rebâtir totalement, à partir d'un bilan karmique toujours provisoire ? L'angoisse est évidemment grande, et féroce comme un étau qui jamais ne relâchera sa proie.
Aussi la nécessité était impérieuse de proposer une voie totalement sublime et sublimatrice : celle de l'extinction totale et définitive du karma, de la libération et du nirvana. Mais elle se paie d'un héroïsme inouï dans l'histoire comparée des religions. Les Upanishads du Renoncement en témoignent abondamment. Certes, le lecteur occidental – dont moi-même – peut et doit les prendre avec deux mains : celle de la culture spirituelle et de l'adhésion essentiellement théorique, et celle de la transposition métaphorique dans notre contexte de vie, actuel et européen. Mais il n'en demeure pas moins l'origine irréductible de ces textes et la valeur qu'ils continuent aujourd'hui d'avoir pour ceux qui nous les transmettent (les maîtres hindous, d'autrefois et d'aujourd'hui).
Je continuerai donc à publier certains extraits qui montrent clairement l'envers du décor, les croyances exotériques incontournables dont est imprégné tout hindou religieux, avant qu'il ne se décide à adopter la voie terriblement exigeante de l'ésotérisme. Il y avait les Enfers, objet d'une précédente publication. Aujourd'hui c'est la forêt du Samsara, vision radicalement pessimiste... Je le fais en toute connaissance de cause, estimant malhonnête de ne montrer que les aspects divinement transparents de la pensée religieuse hindoue, en occultant hypocritement l'opaque orthodoxie.
Par ces réflexions, j'incite donc les lecteurs des Upanishads, pratiquants d'une des nombreuses voies spirituelles, à une vigilance devant la tentation d'exalter, voire de sacraliser, tout ce qui semble d'une transparence spirituelle parfaite – car émanant d'une culture dont on ne connaît que les chefs-d'œuvre littéraires et artistiques.
Et je me permets d'ajouter ceci : fiez-vous essentiellement à votre instinct, à votre guide spirituel interne, triez, séparez le bon grain de l'ivraie, discernez l'essentiel de l'anecdotique, jetez – pas trop prématurément, mais en temps voulu – les étiquettes réductrices (hindou, védantiste, tantriste, taoïste, bouddhiste, zen, chrétien, mystique, new age, théosophiste, philosophique, nouvelle révélation, etc... à l'infini), et séparez-vous de vos acquits comme on se sépare de la nourriture ingérée pour survivre. Les textes – d'où qu'ils proviennent – alimentent notre corps psychique et spirituel, ils ne sont pas des moments de la parole à éterniser à tout jamais.
- Le KALI YUGA, Âge du conflit
Sources : BHAGAVATA PURANA MAHATMYA et BHAGAVATA PURANA
KALKI PURANA
- Pourquoi 108 Upanishads ? Symbolique du nombre 108
- PRALAYA, l'au-delà du Temps : de l'extinction individuelle (Moksha et Nirvana)
à l'extinction universelle (Pralaya)
avec extraits du BHAGAVATA PURANA
- D'INNOMBRABLES ENFERS : L'envers du décor : un imaginaire raffiné dans la cruauté
avec extraits du BHAGAVATA PURANA
- KRISHNAMURTI, un renonçant, fidèle – sans le savoir - à l'esprit des Upanishads ?
La notion capitale de Maître, si florissante aujourd'hui, et en des applications souvent douteuses, vaut la peine qu'on y réfléchisse à la lumière de la réalisation authentique qui fut celle de Krishnamurti. Ne serait-il pas la version adaptée à l'homme d'aujourd'hui, laïque ou légitimement hostile à toute forme de Tradition et de syncrétisme religieux, de la réalisition majeure, celle des grands renonçants ParamaHamsa («Cygne suprême»), Turiyatita («au-delà du Transcendant») ou Avadhuta («balayé par le vent») ?
- BRAHMAN, ATMAN, TAT, TURIYA, ISHVARA : Cinq désignations pour un seul Absolu (en préparation)

Accueil Retour en haut de page Plan du site |