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Un ascète contemporain – cliché d'un internaute anonyme. UPANISHADS DU RENONCEMENT (SANNYASA)
Kundika Upanishad Upanishad du pot à eau de l'ascète
Note préliminaire : KUNDIKA : le pot à eau de l'ascète.
Om ! Que mes membres et mon discours, Prana, yeux, oreilles, vitalité Om ! Que la Paix soit en moi !
1-2. Après avoir étudié les Écritures durant l'étape d'étudiant du Brahman (1) et s'être voué au service de son Maître, l'étudiant du Brahman doit solliciter la permission de son Maître avant de prendre une épouse qui lui convienne. Puis, ayant mené à bien les tâches du maître de famille, il doit allumer le feu sacré en préalable au renoncement, avec fermeté d'âme, et procéder au sacrifice d'un jour et d'une nuit dédié à Brahma, ainsi qu'aux autres dieux.
3. Puis il doit procéder à un partage équitable de ses biens entre ses fils. Il doit se défaire de son attachement aux plaisirs des sens, et entreprendre le grand voyage vers Brahman, en faisant halte aux lieux sacrés, en adoptant le comportement d'un ermite des forêts (2).
4. Pour sa subsistance, il n'a que l'air et l'eau, les racines bulbeuses et les fruits autorisés. En sa propre personne, il doit trouver la seule vie sociale qui lui soit licite, sans se permettre de laisser ses larmes tomber à terre*.
5-7(a). Car comment un homme accompagné de sa femme* pourrait-il être considéré comme un renonçant ? Et comment celui qui se contente de l'appellation d'ascète pourrait-il être considéré comme un renonçant ? Il doit donc tout d'abord se purifier en renonçant aux résultats de ses actes et en devenant un ermite des forêts; ensuite seulement il pourra prendre les vœux de renonçant (3). C'est après avoir entretenu le feu sacré du foyer domestique que l'on parvient à l'étape d'ermite forestier. Mais celui qui gagne les forêts en pratiquant la maîtrise des sens tout en étant accompagné de sa femme, passe pour un homme qui reste attaché à celle-ci.
7(b)-8. “Pourquoi adoptes-tu la vie d'un moine mendiant, après avoir renoncé aux bonheurs de la vie dans le monde ? Quel est ce malheur que tu redoutes au point d'abandonner les grands plaisirs ?” Telles sont les questions que lui pose sa femme. “Je redoute les misères d'un nouveau passage à travers la matrice d'une mère, et d'affronter de nouveau toutes ces souffrances que sont les opposés (chaud, froid, etc.). Aussi, je désire prendre refuge dans le renoncement, car c'est le seul moyen de parvenir à l'état transcendant et sans souffrances.” Voilà quelle doit être sa réponse. 9. Ayant renoncé au feu sacré, il ne doit plus retourner vers lui (pas même en récitant mentalement les mantras qui accompagnent le rite quotidien). 10. “Car mon Moi est en voie de s'éteindre et va se fondre dans la connaissance intime de Brahman qui commence à poindre.” 11. Mais il peut répéter des mantras propices à la réalisation du Soi. 12. Il doit recevoir l'initiation au renoncement. Il doit revêtir le vêtement couleur d'ocre. Il doit faire raser tous ses poils, à l'exception de ceux des aisselles et des parties intimes. Levant sa main droite, il doit prendre la voie du moine mendiant, abandonnant la vie dans le monde. Il doit se déplacer sans cesse, sans demeure fixe. Vivant d'aumônes, il doit méditer les enseignements du Védanta, approfondissant son identité avec le Brahman transcendant. Il lui faut posséder la connaissance pure (sous forme du filtre à eau, pavitra) pour la protection de tous les êtres. 13-14. Un verset dit à ce propos : “Un pot à eau, un bol à aumônes, une écharpe-besace, des sandales pour traverser les trois mondes, un vêtement reprisé pour se protéger du froid, un pagne sur les reins, un filtre purificateur (d'herbe kusha), un linge de bain et un pardessus – l'ascète doit abandonner toute autre possession que ces objets.” 15. Il doit dormir sur la berge sablonneuse d'une rivière ou dans la cour d'un temple et s'abstenir de troubler son corps par le moindre excès, dans le plaisir comme dans la peine. 16. Il doit utiliser de l'eau pure pour ses ablutions, pour boire et se purifier. Il ne se glorifiera pas intérieurement des louanges reçues et ne maudira pas intérieurement ceux qui le blâment. 17. Il doit recevoir les aumônes de nourriture dans un bol d'écorce ou de feuilles, qu'il nettoiera avec de la terre fraîche, selon la coutume. 18. Ainsi pourvu de ces moyens de subsistance, il doit maîtriser ses sens et répéter en continu les mantras suivants (Japa). Car l'ascète doit réaliser en esprit l'identité du soi individuel et du Soi suprême, ce qui est le sens profond du Om. 19. “De l'éther (Akasha) a surgi l'air, de l'air a surgi le feu, du feu a surgi l'eau, et de l'eau a surgi la terre. En la cause primordiale de ces cinq éléments primaires, en Brahman, je prends refuge. Oui, je prends refuge en Brahman, sans âge, immortel et indestructible.” 20. “En moi qui suis un océan de félicité sans faille, souvent se lèvent et se défont les vagues de l'univers, sous l'impulsion des vents suscités par les jeux capricieux de la Grande Illusionniste, Maya.” 21. “Je ne suis pas attaché à mon corps, pas plus que le ciel n'est attaché aux nuages. Alors d'où vient que je possède les caractéristiques de mon corps tandis qu'il traverse les états de la veille, du rêve et du sommeil profond ?” 22. “Je suis en permanence au-delà de l'imagination, semblable à l'espace éthéré. Je diffère autant de ce corps que le soleil diffère des objets qu'il illumine. Je suis à jamais au-delà du changement, à l'image de l'immuable mont Méru, et tel l'océan, je suis sans limites.” 23. “Je suis Narayana (4), je suis le pourfendeur du démon Naraka, je suis Shiva, le destructeur des trois cités célestes, je suis le Purusha (5), je suis le Seigneur suprême. Je suis la Conscience absolue, indivisible, le Témoin de la totalité; je suis sans second, rien ne m'est supérieur; je suis dépourvu de la moindre parcelle d'ego et de possessivité.
24-25. L'ascète doit, par la pratique du Yoga, réunir les souffles vitaux Prana et Apana (6) qui circulent dans le corps. Il lui faut poser les paumes des mains sur son périnée, y maintenant une légère pression, tout en mordant légèrement la pointe de sa langue qu'il maintient tirée sur une longueur d'un grain d'orge. De même, il doit maintenir ses paupières ouvertes sur une hauteur d'un grain de pois chiche noir et déplacer son regard vers ses oreilles, puis vers ses pieds posés au sol; ce faisant, il doit bloquer le fonctionnement de son ouïe et de son odorat. C'est ainsi qu'il lui faut accomplir l'union du Prana et de l'Apana.
26. En conséquence de cela, le souffle vital passe par le siège de Kundalini*, remonte par la Sushumna nadi* et se disperse à travers le Sahasrara chakra*, au sommet de la tête. Alors, la vision, le mental, le souffle vital et le feu du corps atteignent le centre de Shiva (l'Ajna chakra*); là se trouve Brahman, le Transcendant. C'est par la pratique de ce Yoga que l'adepte réalisera Brahman, travail qui est facilité par l'acquis hérité de vies antérieures.
27. À l'aide des organes physiques et subtils, la connaissance du Brahman avec attributs se manifeste comme une splendeur rayonnante, qui parvient jusqu'au cœur et utilise le dynamisme ascensionnel du souffle vital pour atteindre la Sushumna nadi et opérer la percée de la couronne crânienne; ainsi parvient-on à l'immortel Brahman. 28. Les sages qui parviennent à l'état de transcendance en empruntant le passage du chakra coronal, au sommet de leur corps, ne s'en reviennent plus, car ils ont réalisé les deux Brahmans, l'inférieur et le supérieur.*
29. Les attributs des objets visibles n'affectent en rien le témoin visuel, car il est différent d'eux. Les attributs d'un maître de maison n'affectent pas celui qui demeure indépendant des modifications mentales, tout comme une lampe n'est en rien influencée par les objets qu'elle illumine. 30. “Que moi, dont l'esprit est indépendant, je sois roulé par les vagues de l'océan ou entraîné sur la terre ferme, je demeure non touché par leurs caractéristiques, tout comme l'éther contenu dans la jarre n'est pas affecté par les attributs de celle-ci.” 31-32. “Je suis libéré des effets des actes, comme des changements; je suis sans parties constituantes ni forme; je suis sans imaginations ni désirs; je suis éternel, sans support et je suis libre de dualité. Je suis de la forme de tous les êtres, je suis la totalité, je demeure au-delà de tout et je suis sans second; je suis l'Un, indivisible, pure Connaissance, et je suis la félicité sans faille du Soi suprême.” 33. “Je vois partout l'Atman, je sais qu'il est le Soi sans second, je jouis de la félicité de l'Atman, et je demeure sans rien réfléchir.” 34. Qu'il soit en train de marcher, qu'il demeure debout, assis, allongé ou dans n'importe quelle attitude, le sage accompli qui fait ses délices de l'Atman vivra partout selon ses vœux, et lorsqu'il quittera ce monde, il atteindra à la libération finale. Ainsi s'achève l'Upanishad.
Om ! Que mes membres et mon discours, Prana, yeux, oreilles, vitalité Om ! Que la Paix soit en moi !
Ici se termine la Kundikopanishad, appartenant au Sama Véda.
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