|
Nébuleuse NGC6543 “Œil de Chat”... un Ajna Chakra macrocosmique UPANISHADS GÉNÉRALES Subala Upanishad Upanishad du Sage Subala
Traduite et annotée par M. Buttex Om ! Ce Brahman est infini, infini est cet Univers. Om ! Que la Paix soit en moi !
LEÇON 1 : CRÉATION ET DISSOLUTION DE L'UNIVERS 1-3. Brahman, le sans-attributs, dit : « Ils demandent : « Qu'existait-il à l'origine ? » [Et il enchaîna avec] l'enseignement suivant : « Cela n'était ni être, ni néant. De cela naquit Tamas (1), et Tamas engendra Prakriti, la Matière (2), laquelle engendra l'akasha, l'espace éthéré (3), de l'éther naquit l'air, de l'air naquit le feu, du feu naquit l'eau, et de l'eau naquit la terre.
4-6. Tout d'abord, Il créa la mort de toutes les créatures possédant trois yeux, trois têtes et trois pieds, et armées d'une hache (1). Brahma eut peur – il pénétra en Brahman même et engendra sept fils nés du mental – et ceux-ci créèrent sept Virats (2) ou procréateurs.
Ici s'achève la première section.
7. À partir de Son souffle expiré, Apana, furent créés les Nisadas, Yakshas (1), etc., à partir de Ses os les montagnes, à partir de Ses cheveux les plantes et les arbres, et de Son front émergea Rudra, tout de colère.
8. Du souffle de cet Homme des Cieux, émanèrent le Rig et les autres Védas, la science phonétique, le manuel des rituels, la grammaire, l'étymologie, la prosodie, la logique, l'astronomie, l'exégèse, le droit, les commentaires, les gloses, etc. 9. La lumière d'or (Hiranyagarbha) en laquelle résidait le Soi, ainsi que tous les mondes, se scinda en deux – la femelle et le mâle étaient apparus. La portion d'Hiranyagarbha qui devint Déva (divinité) se mit à créer tous les dévas, celle qui devint Rishi (1) se mit à créer tous les rishis, et de même pour les Yakshas, etc., sans oublier la portion du règne animal, qui engendra les animaux, sauvages et domestiques : taureau et vache, cheval et jument, âne male et femelle, mais aussi la terre et le sanglier.
10. À la fin, Il deviendra Vaishvanara (1) et détruira toutes les créatures – la terre sera engloutie dans l'eau, l'eau dans le feu, le feu dans l'air, l'air dans l'éther, l'éther dans les organes sensoriels, ceux-ci dans les éléments subtils, ceux-ci en Prakriti, Prakriti en Mahat (2), Mahat en Avyakta (3), Avyakta en Akshara (4), Akshara en Tamas (Ténèbres), et ce dernier se résorbera dans la Divinité. Il n'y aura plus alors ni être, ni néant. Voici la doctrine de la dissolution cosmique (Pralaya), telle que l'enseignent les Védas.
Ici s'achève la seconde section.
LEÇON 2 : LE QUATRIÈME PRINCIPE 11. Au commencement, il y avait le non-existant. L'homme de sagesse accroît son savoir en méditant sur l'Atman (1) qui est sans naissance, sans lever ni coucher, qui n'est établi nulle part, qui n'émet aucun son, ne possède pas de forme palpable ni visible, pas de saveur, pas d'odeur, ne diminue ni n'augmente en rien.
12. L'Atman qui est sans souffle vital, ni visage, ni oreilles, dénué de parole et de mental, sans luminosité, sans yeux, sans nom, sans lignage, sans tête, mains ni pieds, sans douceur, sans circulation sanguine, non mesurable, ni long ni court, ni gros ni minuscule, sans rivage, au-delà de toute description, sans ouverture, ni illuminable, ni scellé, sans intérieur ni extérieur; il ne mange pas, pas plus qu'on ne le mange. 13. L'être humain ne peut accomplir cette réalisation qu'au moyen de la vérité, de la charité, d'une ascèse adoptée définitivement, du célibat, du détachement accompagné des six vertus (1), dont il observera les trois suprêmes, à savoir le contrôle de soi, la générosité et la compassion. Ses souffles vitaux ne l'abandonnent pas [au moment de sa mort - NdT], mais ils se fondent en Brahman ici-bas [de son vivant - NdT].
Ici s'achève la troisième section.
14. Au centre du cœur se trouve une masse de chair rouge, qui contient le dahara du Lotus (1), fleurissant diversement, tel le nénuphar. Dix cavités se trouvent dans le cœur, logeant les souffles vitaux (2).
15. Quand le Jiva (l'âme individuelle) est en phase avec Prana (inspiration), il visualise alors des rivières et des cités diverses; lorsque c'est avec Vyana (souffle retenu et distribué), il visualise des Dévas et des Rishis (cf. shloka 9); lorsque c'est avec Apana (expiration), il visualise des Yakshas (cf. shloka 7); lorsque c'est avec Udana (souffle vocal), il visualise les mondes célestes et les dieux Skanda (Jaillissant-telle-la-semence-vitale) et Jayanta (Victorieux); lorsque c'est avec Samana (souffle digestif), il visualise également des richesses; lorsque c'est avec Vairambha (souffle destructeur, violent), il visualise le visible, l'audible, le comestible et le non comestible, le visible et l'invisible. 16. Puis ces nadis (1) se démultiplient, par centaines; à partir d'eux, se ramifient en tout quelques soixante-douze mille nadis, à l'intérieur desquels le Soi s'assoupit et émet divers bruits fonctionnels; dans le second fourreau (2), celui du double éthéro-astral, il s'assoupit et contemple ce monde et les autres, entend toutes leurs sonorités – et c'est ce qu'on appelle claire-perception. Le prana constitue le bouclier du corps. Dans les nadis circulent des énergies colorées (“sangs”, dit l'Upanishad – NdT), vertes, bleues, jaunes, rouges et blanches.
17. Ce dahara du Lotus porte des floraisons diverses, certaines semblables au nénuphar, d'autres semblables à une chevelure; aussi, les nadis ramifient-ils aussi le cœur. Et le Soi, d'origine divine, retourne sommeiller dans le grand fourreau (1), là où il n'est plus aucun désir, ni même de sommeil, pas un seul dieu ni aucune de leurs demeures, ni Yogas, ni pères, ni mères, ni parents, ni voleurs ni brahmanicides. Car tout ceci est de l'eau (du mirage astral - NdT). Et, de nouveau par le même chemin, en sens inverse, il retourne vers l'état de veille, ce Soi souverain (Samraj).
Ici s'achève la quatrième section.
18. L'Être suprême assigne leur place aux possesseurs [du corps] – les nadis sont les courroies de transmission. La vue, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – ce qui est vu, est la divinité – le nerf oculaire est la courroie de transmission. Celui qui se trouve dans l'œil, dans le soleil, dans le nerf, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur (cf. shlokas 1-3 et 14), celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
19. L'ouïe, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les points cardinaux et leurs gardiens, sont la divinité – le nerf auditif est la courroie de transmission. Celui qui se trouve dans l'oreille, dans les objets audibles, dans les diverses directions, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
20. L'odorat, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les odeurs sont les élémentaux, la Terre est la divinité – le nerf olfactif est la courroie de transmission. Celui qui se trouve dans le nez, dans les objets odoriférants, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
21. Le goût, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les saveurs sont les élémentaux, Varuna (dieu de l'Océan) est la divinité – le nerf gustatif est la courroie de transmission. Celui qui se trouve dans la langue, dans les objets sapides, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
22. Le toucher, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les perceptions de contact sont les élémentaux, Vayu (dieu des Vents et de l'espace) est la divinité – le nerf tactile est la courroie de transmission. Celui qui se trouve dans la peau, dans les objets tangibles, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
23. Le mental, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les objets pensables sont les élémentaux, Soma (la Lune) est la divinité – des nerfs subtils assurent la transmission. Celui qui se trouve dans le mental, dans les objets pensables, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
24. L'intellect, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les objets intelligibles sont les élémentaux, Brahma (le Créateur) est la divinité – des nerfs subtils assurent la transmission. Celui qui se trouve dans l'intellect, dans les objets intelligibles, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
25. L'ego, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les perceptions égocentriques sont les élémentaux, Rudra (le Maître des puissances terrifiantes) est la divinité – des nerfs subtils assurent la transmission. Celui qui se trouve dans l'ego, dans les perceptions égocentriques, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
26. La parole, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les pensées exprimables sont les élémentaux, Agni (dieu du Feu) est la divinité – des nerfs subtils assurent la transmission. Celui qui se trouve dans la voix, dans les pensées exprimables, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
27. L'ensemble des contenus mentaux, parmi les éléments subtils, est le possesseur du corps – les objets perceptibles sont les élémentaux, le Jiva (l'âme individuelle) est la divinité – des nerfs subtils assurent la transmission. Celui qui se trouve dans l'ensemble des contenus mentaux, dans les objets pensables, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin. 28. L'appropriation, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les objets saisissables sont les élémentaux, Indra (dieu de la Pluie et du tonnerre) est la divinité – des nerfs subtils assurent la transmission. Celui qui se trouve dans les mains, dans les objets saisissables, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
29. La locomotion, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – la destination est l'élémental, Vishnu (l'Omnipénétrant) est la divinité – des nerfs subtils assurent la transmission. Celui qui se trouve dans les pieds, dans les lieux de destination, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
30. L'instinct de procréation, parmi les éléments subtils (1), est le possesseur du corps – les objets délectables sont les élémentaux, Prajapati (le Progéniteur des créatures) est la divinité – des nerfs subtils assurent la transmission. Celui qui se trouve dans l'organe génital, dans les objets délectables, dans le souffle vital, dans la connaissance, dans la félicité, dans l'akasha du cœur, celui qui se meut à l'intérieur de tous ces éléments, c'est le Soi. Médite donc sur ce Soi, qui est sans âge, qui ne connaît pas la mort, ni la crainte ni la souffrance, et qui est sans fin.
31. Le Soi est l'Omniscient, le Tout-puissant, la Loi occulte, source de la totalité, servi par toutes les félicités sans Lui-même participer à celles-ci; servi par tous les Védas et Shastras (1) sans Lui-même participer à ces Écritures; pour Lui, tout ceci est la nourriture qu'Il consomme, sans Lui-même être nourriture pour quoi que ce soit; Il est agent et régent de tout ce qui est à la pointe de l'évolution, Il est constitué de l'Âme de tous les éléments, Il est constitué de Prana (cf. shloka 14) – oui, Il est l'Âme des organes sensoriels, constitué de mental (manas), Il est l'Âme des pensées, constitué d'intellect (buddhi), Il est l'Âme du Temps, constitué de félicité (ananda), enfin Il est l'Âme de la dissolution.
32. Le Soi n'est qu'Unicité, comment pourrait-il y avoir dualité ? Il est immortel, comment pourrait-il y avoir mortalité ? Il n'est pas le connaisseur du champ intérieur, ou du champ extérieur, ou des deux champs. Il n'est pas une masse de connaissances, Il n'est ni connaisseur ni ignorant. Ici s'achève la cinquième section.
LEÇON 3 : [NARAYANA EST LE PURUSHA - NdT] 33. Au commencement, il n'existait rien, ni ici ni nulle part; ces créatures naquirent, sans avoir eu de racines ni de support. 34-5. Narayana (1) est l'œil aussi bien que le visible, l'oreille aussi bien que les sons, le nez aussi bien que les odeurs, la langue aussi bien que les saveurs, la peau aussi bien que les sensations tactiles, le mental aussi bien que le pensable, l'intellect et tous ses contenus, le sens de l'ego ainsi que son champ sensible, la parole et l'exprimable, les mains, les pieds, et leur champ d'action, l'anus et les parties génitales – tout cela est Narayana. À la fois Celui qui préserve, Celui qui ordonne, Celui qui transforme – Il est Tout.
36. Les Adityas (1), les Rudras, les Maruts, les Vasus, les Ashvins, le Rig Véda, le Yajur Véda, le Sama Véda, les Mantras, Agni, le feu sacrificiel et l'oblation – tout cela est Narayana, de même que les mères, les pères, etc.
37. Viraja, Sudarsana, Jita, Saumya, Amogha, Kumara, Amrita, Satya, Madhyama, Nasira, Sisura, Asura, Surya, Bhasvati sont Ses noms. 38. Rugissements, chants, bourrasques, pluies – Varuna (le Destin), Aryama (l'Honneur), Chandra (la Lune), Kala (le Temps), Kavi (le Clairvoyant), Dhata (le Soutien), Brahma (l'Être infini), Indra (les Manifestations célestes), les Jours et les demi-jours, les instants aussi bien que les ères – tous, ils sont Lui. 39. Tout ceci est le Purusha, le Grand Homme cosmique (cf. shloka 1-3), et uniquement Lui – mais aussi le passé et l'avenir – et le palais suprême de Vishnu ! Il est le grand Œil ouvert au fond des cieux, que les sages contemplent toujours. Et les sages qui sont dénués de tout conflit mental, sont des fleurons ajoutés à Sa gloire.
LEÇON 4 : NATURE DU RÉGENT INTERNE 40. Le non-né, l'unique, l'être immortel qui se trouve à l'intérieur du corps, dont le corps est la Terre et qui se meut à l'intérieur de ce corps à l'insu de celle-ci; qui se meut à l'intérieur de l'eau à l'insu de celle-ci; qui se meut à l'intérieur du feu à l'insu de celui-ci; qui se meut à l'intérieur de l'air à l'insu de celui-ci; et qui fait de même à l'intérieur du mental, de l'intellect, de l'ego, de la substance mentale (chitta) (1), du non-manifesté (avkykta) (2), de l'impérissable (akshara) (3), de la mort – c'est le Soi, le régent interne, sans imperfection, le divin Narayana.
41. Cela, Adibrahma le confia à Apantaratamas (Vishnu), Vishnu le confia à Brahma, qui le transmit à Ghorangiras, qui le transmit à Raikva, qui le transmit à Rama. Ce dernier le donna à tous les êtres vivants. Et c'est – en vérité et selon les Védas – la doctrine du Nirvana (1).
Ici s'achève la septième section.
LEÇON 5 : LE SOI DANS LE CORPS 42. Dans cette masse de graisses, de chairs et d'humidités qu'est ce corps, est déposé ce pur Soi impersonnel, à l'intérieur de la caverne du cœur (1). Le sage contemple cette Félicité lumineuse et immortelle, incorporelle et impondérable, enchâssée dans cette caverne, ce Soi qui est maître de tout ce qui existe, sans forme, splendeur massive, pure, détachée de tout, scintillant divinement, ce Soi qui déborde de toute limite et dont la forme – s'il en est une – est impondérable. Le sage contemple le Soi, en procédant par sublimation, à l'intérieur de ce corps qui est aussi agité que le bouillonnement d'une eau, aussi creux que la tige du plantain, aussi illusoire qu'une cité aérienne ou qu'une peinture murale, pur produit de nombreux artifices.
Ici s'achève la huitième section.
43-56. Raivka (1) demanda alors : « Vénérable, en quoi est-ce que toutes choses disparaissent ? » Brahman répondit : « Le visible disparaît dans les profondeurs de l'œil, où il se résout en le Soi. Le visible disparaît à l'intérieur du Soleil, où il se résout en soleil. Ce qui disparaît dans Virat, l'Homme cosmique (cf. shlokas 1-3 et 4-6), se résout en le Soi dans l'Homme cosmique. Ce qui disparaît dans le Prana (cf. shloka 14), se résout en prana. Ce qui disparaît en Vijnana (2), se résout en Vijnana. Ce qui disparaît en Ananda (Félicité), se résout en Ananda. Ce qui disparaît en Turiya (le Quatrième état), se résout en Turiya. Ce Soi est immortel, sans craintes, sans douleurs, infini et sans postérité. Toutes choses se résolvent en ce Soi – ainsi l'a affirmé Brahman.
57. Celui qui connaît cet Être sans postérité, Brahman, devient lui-même sans descendance (1). Il ne connaîtra plus ni naissance ni mort, il n'est plus le jouet de l'illusion, rien ne peut le percer ou le brûler; il ne tremble plus, ne se met plus en colère; il est – dit-on – devenu le Soi, feu qui a tout consumé.
58. Ce Soi, on ne l'obtient pas par des centaines d'exposés, ni par une grande érudition, ni en se reposant sur une connaissance purement théorique, ni par le pouvoir d'une excellente mémoire, ni même par le pouvoir des Védas, des sacrifices, des austérités, du Sankhya ou du Yoga, des Ashramas (1), de l'élucidation, des louanges ou des exercices de piété. Mais les Védantistes l'obtiennent, après être parvenus à la paix, au refrènement [des pulsions et désirs – NdT], à la pure intériorité, à la tolérance et à la concentration. Ici s'achève la neuvième section.
59. Puis Raivka demanda : « Vénérable, en quoi est-ce que toutes choses sont établies ? » Brahman répondit : « Dans les Rasatalas (1) . »
Ici s'achève la dixième section.
LEÇON 6 : LA VOIE VERS LES MONDES SUPÉRIEURS 60. Raivka demanda encore : «Vénérable, étant donné que cette masse de connaissance a pour visée les mondes supérieurs, vers quelle région se dirige celui qui la possède lorsqu'il prend son départ pour ces mondes ? » Brahman répondit : « Au centre du cœur se trouve un morceau de chair rouge; s'y tient un petit lotus blanc, s'épanouissant, tel le nénuphar, de multiples façons. En son centre, il est un océan ayant en son milieu une île de lumière. Quatre artères sont là : Rama (le plaisant), Arama (le déplaisant), Iccha (le désir), Apunarbhava (le sans-renaissance). Rama mène aux régions du mérite, par la voie du mérite; Arama mène au régions du démérite, par la même voie; Iccha nous mène droit vers ce qui peuple nos pensées; par Apunarbhava, s'effectue la percée du fourreau physique, puis du crâne et de son chakra, des cinq éléments dans l'ordre terre-eau-feu-air-éther, puis c'est la traversée du mental, puis de Mahat, l'Intelligence cosmique (cf. shloka 10), d'Avyakta, le Non-manifesté, d'Akshara, l'Impérissable, de Mrityu, la Mort (1). Cette Mrityu fusionne avec la Divinité suprême. Au-delà, il n'est plus ni être, ni néant, ni combinaison des deux.
Ici s'achève la onzième section.
LEÇON 7 : LE SAMADHI (1) 61. De Narayana, la Divinité reposant sur les Eaux (cf. shloka 34-5), surgit la nourriture crue (qui est ignorance de l'Atman) au tout début d'un jour de Brahma (2); à la fin de ce jour, au déluge du pralaya, cette nourriture est cuite en Aditya, le Fils de l'Étendue primordiale (3). Par ailleurs, les nourritures, la chair animale, etc., sont cuites au feu gastrique, une seconde fois. Ne mange que ce qui est frais, qui n'a pas été cuisiné pour une autre personne, et ne réclamez pas votre nourriture (4).
Ici s'achève la douzième section.
62. Le sage doit désirer retrouver sa nature originelle, redevenir l'enfant qui est sans attachement ni défaut. Au moyen du silence, de l'étude, de la libération de ses obligations sociales, on acquiert la solitude véritable. Prajapati, (le Progéniteur des créatures, cf. shloka 30) a déclaré : « Celui qui sait quel est le lieu suprême, doit vivre au pied d'un arbre, vêtu de façon minimale, sans amis, seul dans son samadhi (cf. shloka 61), et il ne doit désirer que le Soi, ayant dompté tous les désirs d'objets, et ayant érodé tous les désirs usuels. Il ne craint ni les éléphants, ni les lions, ni les mouches, ni les mangoustes (1), ni les serpents, ni aucune autre cause réputée de mort. Il doit demeurer semblable à son arbre, qui ne se met jamais en colère, même si on lui coupe des branches; il ne doit pas plus trembler qu'une pierre, et comme le ciel, il demeurera en compagnie de la Vérité.
63. Au cœur de toute odeur, est l'élément Terre; au cœur de toute saveur, est l'élément Eau; au cœur de toute forme, est l'élément Feu; au cœur de toute sensation tactile, est l'élément Air; au cœur de toute sonorité, est l'élément Éther (akasha, cf. shloka 1-3). Avyakta, le Non-manifesté, est au cœur de tout mouvement; Mrityu, la Mort, est au cœur de toute particule de Sattva (1) comme de tout Jiva (être vivant). Oui, en vérité la Mort fusionne avec la Divinité suprême. Au-delà, il n'est plus ni être, ni néant, ni combinaison des deux.
Ici s'achève la treizième section.
LEÇON 8 : [MRITYU, LA MORT - NdT] 64. La terre est en vérité la nourriture, l'eau est le dévoreur; l'eau est la nourriture, le feu est le dévoreur; le feu est la nourriture, l'air est le dévoreur; l'air est la nourriture, l'éther est le dévoreur; le mental est la nourriture, l'intellect est le dévoreur; l'intellect est la nourriture, Avyakta, le Non-manifesté, est le dévoreur; Avyakta est la nourriture, Akshara, l'Impérissable (cf. shloka 40), est le dévoreur; enfin, Akshara est la nourriture, Mrityu, la Mort, est le dévoreur. Oui, en vérité la Mort fusionne avec la Divinité suprême. Au-delà, il n'est plus ni être, ni néant, ni combinaison des deux. Ici s'achève la quatorzième section.
LEÇON 9 : BRÛLER LES PRINCIPES DE BASE 65. Raivka demanda finalement : «Vénérable, étant donné cette masse de connaissances, lesquelles brûle celui qui les possède, lorsqu'il prend son départ ? » Brahman répondit : « Il brûle les cinq souffles vitaux: Prana (l'inspiration), Apana (l'expiration), Vyana (le souffle retenu et distribué), Udana (le souffle vocal), Samana (le souffle digestif); il brûle Vairambha (le souffle destructeur, violent); il brûle Mukhya (1), Antaryama (rétention du souffle), Prabhanja (“oint de lumière”), Kumara (l'adolescent), Syena (le faucon), Sveta (le blanc), Krishna (le noir), Naga (le génie Serpent), et aussi Prithivi (la Terre), etc., depuis Jagarita (l'état de veille) jusqu'à Turiya (le Quatrième état, transcendant); il brûle Lokaloka (2), dharma et adharma (3); puis enfin les régions qui n'ont jamais vu de soleil, qui n'ont aucune limite et où ne pénètre aucune lumière... Mrityu, la Mort, fusionne avec la Divinité suprême.
Ici s'achève la quinzième section.
LEÇON 10 : CONFÉRER BRAHMAVIDYA (1) 66. La doctrine secrète de Subala ne doit pas être divulguée à celui qui n'est pas établi dans la paix, qui n'est ni un fils ni un disciple, qui fera un séjour inférieur à une année, dont la famille et le caractère ne sont pas connus.
Ici s'achève la seizième section.
Om ! Ce Brahman est infini, infini est cet Univers. Om ! Que la Paix soit en moi !
Ici se termine la Subalopanishad, appartenant au Sukla Yajur Véda.
|