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SANNYASA UPANISHADS

Maitreya Upanishad

Traduite et annotée par M. Buttex
D'après la version anglaise du Prof. A. A. Ramanathan
Publiée par The Theosophical Publishing House, Madras

 

Om ! Que mes membres et mon discours, Prana, yeux, oreilles, vitalité
Ainsi que tous mes sens, se développent en force.
Toute existence est le Brahman des Upanishads.
Que jamais je ne renie Brahman, ni que Brahman me Renie.
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement:
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement, en tout cas de ma part.
Puissent les vertus que proclament les Upanishads devenir miennes,
Moi qui suis dévoué à l'Atman; puissent ces vertus résider en moi.

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

 

I-1. Un Roi, Brihadratha de son nom, fit établir son fils aîné sur le trône et, considérant que le corps est impermanent, se sentant désenchanté de la vie du monde, partit pour une forêt, en pénitence. Là, il pratiqua la plus haute forme de pénitence et, face au soleil, demeura avec un bras levé. Au bout de mille ans, le dieu du Soleil (Surya), ayant pris la forme du sage Sakayanya, s'approcha du roi. Tel un feu flambant sans fumée et brûlant tout par son seul rayonnement, le sage Sakayanya, connaisseur du Soi, dit au roi : « Debout, debout, choisis une faveur, je te l'accorderai. ». S'inclinant, le roi répondit : « Révéré, je ne connais pas l'Atman. Mais nous avons entendu dire que tu es un connaisseur de la Vérité. Expose-la à mon intention. » « Ta requête est impossible, de toute évidence. Ne me pose pas cette question ! Ô descendant d'Ikshvaku, choisis un autre désir à satisfaire. » Le roi toucha les pieds du sage Sakayanya avec révérence et se mit à prononcer le discours religieux (Gatha) qui suit :

I-2. « Allons ! Pourquoi parler d'autre chose ? Il y a l'assèchement des grands océans, l'écroulement des montagnes, le mouvement de l'étoile polaire ou des arbres, l'engloutissement de la terre et la chute des dieux. Dans cette vie du monde, dont la nature est celle de la distinction entre ''lui'' et ''moi'', à quoi bon entretenir des désirs puisque, en dernier ressort, on en voit les conséquences dans le retour répété au monde phénoménal (1)? De ce fait, il t'incombe de m'éclairer. Je suis tel une grenouille au fond d'un puits, dans cette vie du monde. Révéré, tu es mon refuge. » Ainsi parla le roi.

1 La chaîne des réincarnations entraînées par l'attachement à ce monde, sur la roue du samsara.

I-3. « Révéré, ce corps est né d'une union sexuelle et de rien d'autre, il est dénué de conscience et il est véritablement l'enfer puisqu'il a émergé par la voie des urines, rempli d'os, barbouillé de chairs, recouvert de peau; il est rempli à ras bord de fèces, urine, gaz, bile, phlegme, moelle, graisse, exsudant du gras et bien d'autres matières répugnantes. Je demeure dans un corps de cette sorte, aussi es-tu un refuge pour moi, Révéré. » Ainsi implora le roi.

I-4. Le sage révéré, Sakayanya, en eut un grand plaisir et répondit au roi: « Grand roi Brihadratha, tu es au premier plan de la famille des Ikshvakus, tu es un connaisseur de l'Atman, quelqu'un qui a bien rempli ses devoirs, et tu es connu sous le nom de Marut. Tel est ton Soi. » « Révéré, qui donc doit être décrit ? » reprit le roi. Sakayanya lui donna alors l'enseignement qui suit :

I-5. « Les objets semblables à ceux qui sont désignés par le son et le toucher constituent apparemment une source de danger; car l'âme individuelle, recouverte des cinq éléments, peut ne pas se souvenir du but souverain lorsqu'elle leur est attachée.

I-6. Par des pénitences, on arrive à connaître notre disposition innée (Sattva); par Sattva on atteint la stabilité de l'esprit; par l'esprit, on réalise l'Atman; par la réalisation du Soi, la vie dans le monde n'a plus lieu d'être.

I-7. Tout juste comme le feu, lorsque le combustible est épuisé, s'apaise de lui-même, ainsi l'esprit, lorsque son activité s'est épuisée, se met en repos et retourne à sa source (c.-à-d. dans le Soi).

I-8. Lorsque l'esprit s'est apaisé, est retourné à sa source et va son chemin véritable, les résultats qui dépendent des activités deviennent irréels du fait que les objets des sens se confondent (c.-à-d. que les actions accomplies n'affectent plus l'esprit, car il est sans attachement).

I-9. C'est l'esprit qui constitue la vie dans le monde; il devrait être purifié. Tel l'esprit, telles apparaissent les choses, car elles sont colorées par lui : ceci est l'éternel secret.

I-10. Par la pureté de l'esprit, on détruit les effets des actions, bonnes et mauvaises. Lorsqu'avec un esprit pur on demeure en le Soi, on jouit d'une félicité inexhaustible.

I-11. Si l'esprit d'une personne qui est passablement attachée au monde des objets des sens, se tournait vers Brahman, ne serait-il pas libéré de cet asservissement ?

I-12-14. On devrait sentir la présence du Seigneur suprême au centre du lotus du cœur, le sentir comme spectateur de la danse de l'intellect, comme résidence de l'amour suprême, comme au-delà de la portée de l'esprit et de la parole, comme sauvetage de l'esquif, dispersant tous les soucis de ceux qui sont immergés dans l'océan de la vie du monde, on devrait sentir que sa nature est uniquement celle de l'Existence radieuse, au-delà de la pensée, indispensable, incapable d'être saisie par l'action de l'intelligence, possédant des attributs hors du commun, sentir que sa nature est immobile, stable et profonde, ni lumière ni ténèbres, libre de tout doute comme de tout simulacre d'apparence, et qu'elle est la Conscience, constituée par la béatitude suprême.

I-15. Cela qui est l'éternel, le pur, le toujours vigilant, libre de la nature des illusions, le véridique, le subtil, le suprêmement puissant, l'Un sans second, l'océan de félicité, et le transcendant, Cela je le suis, essence la plus intime du Tout; et il n'y a aucun doute là-dessus.
I-16. Comment le danger de la dualité peut-il m'approcher, alors que je recours ainsi à l'intime félicité du Soi, moi qui méprise les lutins femelles du désir, qui voit le monde phénoménal comme plongé dans l'illusion et qui n'y suis pas attaché ?

I-17. Ceux-là, les ignorants, qui s'attachent aux notions de castes et d'ordres sociaux, obtiennent les fruits sans valeur de leurs actions respectives. Ceux-ci, qui renoncent aux notions de castes, etc., et trouvent leur bonheur dans la félicité du Soi, deviennent immergés en Brahman.

I-18. Le corps est constitué de divers membres et c'est lui qui observe les règles des castes et des ordres : il connaît un commencement et une fin, et il n'est qu'un souci permanent. Libéré de l'attachement à sa propre progéniture, à ses biens et à ses plaisir, mais aussi à son propre corps, on devrait vivre dans le bonheur suprême qui n'a pas de fin. »

 

II-1. En ce temps-là, Maitreya, le sage révéré, se dirigea vers le mont Kailasa (demeure du dieu Shiva). S'étant approché de Lui, il dit : « Seigneur, expose à mon intention le secret de la Vérité suprême. » Le grand Shiva répondit :

II-2. «Le corps est réputé être le temple; le Soi individuel (Jiva) est Shiva, et lui seul. On doit se débarrasser des fleurs fanées qui forment notre ignorance spirituelle et adorer la Divinité avec la conviction que ‘Lui et moi sommes un’.

II-3. La connaissance véritable consiste à ne voir aucune différence en tout; la méditation profonde consiste en un esprit libéré de toute pensée sur les objets des sens ; les ablutions sont l'ablation de l'impureté de l'esprit et la propreté consiste à contrôler les sens.

II-4. Il doit s'imprégner du nectar qu'est Brahman, aller chercher des aumônes afin de conserver son corps et, se vouant exclusivement à l'Unique (Brahman), vivre dans la solitude de l'unicité libre de toute dualité. C'est ainsi que l'homme sage doit passer sa vie ; lui seul atteindra la libération.

II-5. Ce corps est né et il contient la mort ; il a tiré ses origines des sécrétions impures de sa mère et de son père ; en lui cohabitent la joie et la souffrance, et il est impur. Des ablutions faites dans l'esprit de rejeter l'attachement que l'on éprouve pour lui, sont requises quand on le touche avec l'idée qu'il nous appartient.

II-6. Il est construit avec des fluides primitifs, sujet à des maladies graves, il héberge des actions immorales, il est transitoire et de lui émanent des sentiments agités. A-t-on touché ce corps, qu'une ablution est prescrite, comme ci-dessus.

II-7. Toujours et de façon naturelle, il excrète au moment approprié des sécrétions impures à travers ses neuf orifices (1). Sac de matières impures, il est nauséabond. L'a-t-on touché, qu'une ablution est prescrite, comme ci-dessus.

1 les 2 yeux, les 2 oreilles, les 2 narines, la bouche, le méat urinaire, l'anus.

II-8. Associé à l'impureté de la mère lors de la naissance, il vient au jour souillé des impuretés causées par l'accouchement ; sa naissance implique sa mort à terme en sus de l'impureté causée par l'accouchement, aussi l'a-t-on touché, qu'une ablution est prescrite, comme ci-dessus.

II-9. Voir le corps comme ‘Moi’ et ‘mien’ équivaut à se barbouiller de fèces et d'urine à la place de cosmétiques. C'est pourquoi la purification par les ablutions a été traitée dans les versets précédents. Le nettoyage à l'argile et à l'eau est la pratique externe universellement pratiquée.

II-10. Le nettoyage propre à purifier l'esprit consiste en la destruction des trois tendances innées (1); le nettoyage est réputé réel quand il consiste à se laver d'argile et d'eau sous la forme du savoir véritable et de la cessation des passions (Jnana et Vairagya).

1 (loka-vasana, shastra-vasana et deha-vasana: inclination pour tel monde, tel enseignement et tel type de corps, respectivement)

II-11. Percevoir la non-dualité, c'est véritablement l'aumône dont on se nourrit, et inversement, percevoir la dualité est chose impropre à la consommation. La quête d'aumônes par le moine mendiant est ordonnée en accord aux instructions du Guru et des Écritures.

II-12. Après avoir de son propre gré embrassé la voie du renoncement, l'homme sage s'éloignera de sa résidence habituelle et vivra loin de là, ainsi qu'un voleur qui a été relaxé de prison.

II-13. Aussitôt s'est-il éloigné du fils de son ego, du frère de ses richesses, de sa demeure d'illusions et de sa femme des désirs, que l'ascète est libéré des liens du monde; et cela, à n'en point douter.

II-14-15. Comment accomplirait-t-il le rite du crépuscule (Sandhya) dès lors que la mère des illusions vient de décéder et que le fils de l'éveil véritable vient de naître, et que décès et naissance causent une double impureté ? Comment accomplirait-t-il le rite du crépuscule dès lors que le soleil flamboyant de la Conscience brille continuellement à la voûte du cœur sans jamais se lever ni se coucher (1)?

1 Car il n'y a plus du tout de crépuscule, d'où l'inutilité d'un tel rite... sans même mentionner son impossibilité: qui l'accomplirait ?

II-16. La conviction, présente dans toutes les paroles du Guru, est qu'il n'existe qu'une seule réalité et qu'elle est sans seconde, accessible uniquement par la solitude indispensable à la méditation, et non dans un monastère ni à l'intérieur d'une forêt.

II-17. La libération est pour ceux qui se sont libérés de tout doute; il n'y a aucune émancipation possible, même au terme de nombreuses renaissances, pour ceux dont l'esprit est infesté par des doutes sur la non-dualité de l'Atman. D'où la nécessité de posséder la foi.

II-18. Ce n'est pas un renoncement véritable que de se décharger de toute action, ni de réciter des mantras lors de la cérémonie formelle de renoncement. Le renoncement – on l'a formellement déclaré – est en vérité l'unicité du Soi individuel (Jiva) et de l'Âme universelle (Atman).

II-19. Celui-là seul, à qui tous les désirs primaires, tels que le désir d'une femme, de biens matériels et d'une progéniture, etc., apparaissent tel du vomi et qui s'est dépouillé de toute fierté en sa chair, est habilité au renoncement.

II-20. L'homme sage devrait embrasser le renoncement uniquement quand s'est levé dans son esprit la cessation des passions pour toutes les choses du monde; autrement, il court à sa perte.

II-21. Tel qui renonce à la vie du monde dans le but de s'enrichir des contributions que donnent des disciples fortunés, ou dans le seul souci de s'assurer gîte, couvert et garde-robe, ou en convoitant la position stable du chef de monastère, a doublement chuté : il n'a pour lot ni le plein éventail des plaisirs de la vie mondaine, ni la libération; et il ne mérite en rien la béatitude ultime.

II-22. Les plus avisés optent pour la contemplation de la réalité (de Brahman); ceux de capacité moyenne méditent sur les Écritures; ceux de capacité inférieure recourent aux mantras; le restant s'illusionne sur l'efficacité des pèlerinages aux lieux saints.

II-23. L'insensé, c'est en vain qu'il se délecte de théories sur Brahman sans pratiquement en faire l'expérience en tant que ‘Je suis Brahman’, et sa joie est celle qu'on aurait à goûter les fruits découverts sur les branches d'un arbre reflété à la surface d'un lac.

II-24. Mais si le sage n'abandonne jamais la conviction intime de la non-dualité tandis qu'il collecte des aumônes dans divers foyers et, dans l'esprit de l'abeille qui tire son miel des fleurs, se fait le père de son propre détachement, la promise de sa propre foi et le fils de sa connaissance authentique, – alors il atteint la libération.

II-25. Les riches en biens matériels, les vieux en années et pareillement ceux ayant la maturité en savoir – tous ceux-là ne sont que des serviteurs, que dis-je, les serviteurs des disciples de ceux qui ont la maturité en sagesse.

II-26. Même les gens instruits ont l'esprit trompé par les illusions que Je crée et sans prendre conscience de Moi, l'Atman, qui suis omniprésent, ils ne peuvent qu'errer tels des vaches pour emplir cet estomac de misère !

II-27. Pour celui qui désire atteindre la libération, l'adoration d'idoles faites de pierre, métal, gemmes ou argile aura pour seul résultat l'expérience d'une renaissance; de ce fait, le sage doit pratiquer l'adoration en son seul cœur, en contemplant le Brahman enchâssé en son cœur et non-différent du Soi. Afin d'empêcher toute renaissance, il doit absolument éviter l'adoration d'idoles extérieures au Soi.

II-28. Celui qui possède la plénitude intérieure et extérieure, est tel une jarre pleine immergée dans l'océan; inversement, celui qui est vide intérieurement comme extérieurement, est tel une jarre vide dérivant dans le ciel.

II-29. Ne deviens pas l'un de ceux qui jouissent des objets des sens, non plus qu'un de ceux qui croient à la réalité des sens. Rejetant toute idéation, deviens Cela qui perdure.

II-30. Rompant avec toute idée de voyant, vue et objet de la vision, de même qu'avec les imprégnations innées, puisse-tu ne recourir qu'au seul Atman, car il est la source primordiale de tous les phénomènes.

II-31. Cet état où l'on demeure tel une pierre, toute idéation apaisée, libéré des états de veille et de sommeil, est le suprême état du Soi dans sa condition désincarnée. »

Ainsi s'achève l'enseignement donné par le Seigneur Shiva, dans ce second chapitre.

 

III-1. Je suis Moi, Je suis l'autre, le Suprême, Je suis Brahman, Je suis la source de tout, Je suis aussi le Guru de tous les mondes, Je suis tous les mondes, Cela c'est Moi.

III-2. Moi seul existe, J'ai atteint la perfection, Je suis le pur, Je suis le Suprême, Je demeure à jamais, Je suis Lui, Je suis l'éternel, Je suis le pur.

III-3. Je suis la connaissance véritable (Vijnana), Je suis le sans-pareil, Je suis le Soma, Je suis le Tout. Je suis le propice, Je suis au-delà du chagrin, Je suis Conscience, Je suis l'impartial.

III-4. Je suis dénué d'honneur et de déshonneur, Je suis sans attributs, Je suis Shiva, Je suis libre de dualité et de non-dualité, Je suis libre des couples d'opposés, Je suis Lui.

III-5. Je suis dénué d'être et de non-être, Je suis par-delà la parole, Je suis la lumière, Je suis la puissance de la vacuité et de la non-vacuité, Je suis le propice et l'adverse, et Je suis par-delà ces deux-là.

III-6. Je suis dénué d'égalité et d'inégalité, Je suis l'éternel, le pur, le toujours propice; Je suis libre du Tout et du Rien, Je suis le vertueux et Je demeure à jamais.

III-7. Je suis par-delà le nombre un et Je suis par-delà le nombre deux. Je suis au-dessus de la distinction entre bien et mal, et Je suis dénué d'idéation.

III-8. Je suis libre de la distinction entre les âmes nombreuses, car elles sont constituées d'une félicité sans alliage. Je n'existe pas en tant qu'entité, Je ne suis pas un autre, Je suis dénué de forme corporelle.

III-9. Je suis libre du concept de substrat et de celui d'objet qui repose sur lui; Je suis dénué de support. Je suis au-dessus de la captivité et de la libération, Je suis le pur Brahman, Je suis Lui.

III-10. Je suis dénué de tout appendice tel que la pensée, Je suis le Suprême, plus grand que le grand. Je suis toujours de la forme de l'investigation, et je suis libre d'investigation. Je suis Lui.

III-11. Je suis de la forme de la lettre ‘A’ et ‘U’ et Je suis la lettre ‘M’ qui, en tant que AUM, est éternelle. Je suis libre de la méditation et, étant un méditant, Je suis par-delà l'objet de la méditation, Je suis Lui.

III-12. Je suis de la forme de ce qui emplit l'espace, possédant les caractéristiques de l'Existence, la Conscience et la Félicité. Je suis de la forme de tous les lieux sacrés, Je suis l'Atman suprême, Je suis Shiva.

III-13. Je suis dénué de finalité et de non-finalité, et Je suis la Félicité inextinguible. Je suis par-delà celui qui mesure, la mesure et l'objet mesuré; Je suis Shiva.

III-14. Je ne suis pas le monde, Je suis témoin de tout et Je suis dénué d'yeux, etc., Je suis l'immensité, Je suis l'éveil, Je suis la sérénité et Je suis Hara (Shiva).

III-15. Je suis dénué de tous les sens et J'accomplis toute action. Je suis l'objet de satisfaction pour toute Upanishad, Je suis toujours d'un accès aisé pour le fervent.

III-16. Je suis joie pour le fervent et chagrin pour le négligent, Je suis l'ami de tout silence. Je suis toujours de la forme de la Conscience et Je suis toujours de la forme de l'Existence et de la Conscience.

III-17. Je ne suis pas dénué, pas même du moindre, ni même d'un peu. Je suis sans liens du cœur (c-à-d. sans partialité due à l'affection) et J'établis ma demeure au milieu du lotus du cœur.

III-18. Je suis dénué des six changements (1), Je suis sans les six fourreaux (2); Je suis libre des six poisons intérieurs et Je suis le Témoin, la Divinité suprême .

1 les six changements : naissance, existence, croissance, transformation, déclin, mort.
2 les 6 fourreaux : le corps physique et les corps subtils – cf. koça, Glossaire. 3 les 6 poisons intérieurs : désir, colère, avidité, égarement, égoïsme, séparativité.

III-19. Je suis libre de l'espace et du temps, Je suis la félicité des principaux sages vêtus d'espace, Je suis au-delà du ‘il y a’ et ‘il n'y a pas’ et Je suis dénué de toute négation (c-à-d. Je suis pure Existence sans contrepartie).

III-20. Je suis de la forme de l'éther infrangible et Je suis la forme de l'omniprésence. Je suis le mental (chitta) libre du monde phénoménal et Je suis dénué des phénomènes du monde.

III-21. Je suis de la forme de toute luminescence, Je suis la lumière radieuse de la pure Conscience. Je suis au-delà de la triple temporalité (passé, présent, futur) et Je suis libre des six poisons intérieurs (1).

1 cf. III-18, supra.

III-22. Je suis au-delà du corps et de son locataire et Je suis l'Unique, dénué d'attributs. Je suis par-delà la libération, Je suis le libéré et Je suis en permanence dénué de l'émancipation finale.

III-23. Je suis au-dessus du vrai et du non-vrai, Je ne suis en permanence rien d'autre que la pure Existence. Je suis sans obligation de me déplacer vers quelque lieu, étant exempt de mobilité.

III-24. Je suis en permanence l'équanime, Je suis l'apaisement, l'entité Suprême (Purushottama); celui dont la propre expérience est telle, il est Moi, indéniablement. Celui qui écoute l'exposé de cette expérience ne serait-ce qu'une fois, avec une foi extrême, devient lui-même Brahman, et Brahman et lui ne font plus qu'un.

Ainsi s'achève cette Upanishad.

 

Om ! Que mes membres et mon discours, Prana, yeux, oreilles, vitalité
Ainsi que tous mes sens, se développent en force.
Toute existence est le Brahman des Upanishads.
Que jamais je ne renie Brahman, ni que Brahman me Renie.
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement:
Qu'il n'y ait jamais aucun reniement, en tout cas de ma part.
Puissent les vertus que proclament les Upanishads devenir miennes,
Moi qui suis dévoué à l'Atman; puissent ces vertus résider en moi.

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

 

Ici se termine la Maitreya Upanishad, appartenant au Sama-Véda.

 

 

                                                                                                                                                                                                
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