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UPANISHADS DU RENONCEMENT
Bhikshuka Upanishad Upanishad du Moine mendiant
Om ! Ce Brahman est infini, infini est cet Univers. Om ! Que la Paix soit en moi !
1. Les moines mendiants qui sont en quête de la libération sont de quatre sortes : les Kutichakas, les Bahudakas, les Hamsas (Cygnes) et les Paramahamsas (Cygnes suprêmes). 2. Les Kutichakas, les ascètes vivant dans des huttes, tels les sages des temps jadis comme Gautama, Bharadvaja, Yajnavalkya et Vasistha, subsistent en se contentant de huit bouchées de nourriture par jour, et ils ne recherchent que la libération et elle seule, en suivant le sentier du yoga. 3. Viennent ensuite les Bahudakas, les ascètes vivant dans les lieux saints situés près des eaux sacrées, qui portent un trident, un bol à eau, la touffe sacrée, le cordon sacré, et le vêtement couleur d'ocre. Évitant le vin et la viande, ils subsistent en se contentant de huit bouchées quotidiennes de nourriture qu'ils ont mendiée aux habitations des brahmanes, et ils ne recherchent que la libération et elle seule, en suivant le sentier du yoga. 4. Puis viennent les Cygnes, les ascètes Hamsas (1), qui s'abritent pour une nuit dans un village, pour cinq nuits dans une ville et pour sept nuits ou plus dans un lieu saint. Ils subsistent en se nourrissant d'urine de vache (?!! - c'est à dire – du moins, espérons-le ! – d'herbe, telle qu'elle pousse n'importe où, jusque sous le sabot des vaches - NdT) et des autres produits dérivés de la vache; ils restent définitivement tenus par leur vœu de chandrayana (2), et ils ne recherchent que la libération et elle seule, en suivant le sentier du yoga.
5. Enfin, il y a les Cygnes suprêmes, les ascètes ParamaHamsas (1), tels les sages des temps jadis comme Samvartaka, Aruni, Svetaketu, Jadabharata, Dattatreya, Suka, Vamadeva et Harita, qui subsistent en se contentant de huit bouchées quotidiennes de nourriture, et ne recherchent que la libération et elle seule, en suivant le sentier du yoga. Ils trouvent abri à l'ombre des arbres, dans les maisons abandonnées et dans les cimetières. Ils peuvent porter un vêtement ou aller nus. Ils n'observent ni le Dharma, ni l'Adharma (2). Ils sont tout à fait indifférents à tout gain ou toute perte, en quoi que ce soit. Ils rejettent les doctrines du Visishtadvaita (3), du Suddha Dvaita (dualisme pur, de Madhvacharya) et de l'Asuddha Dvaita (dualisme conditionnel). Mettant sur le même plan un caillou, une gemme ou de l'or, ils reçoivent leurs aumônes de personnes de toutes castes, car ils ne voient que l'Atman partout. Dénudés, non affectés par les paires d'opposés, tels chaleur et froid, etc., refusant toute offrande, l'esprit absorbé uniquement par leur méditation, établis en l'Atman et uniquement en Lui, recevant leurs aumônes au moment prescrit et uniquement le minimum pour subvenir aux besoins vitaux, s'abritant pour la nuit dans une maison abandonnée, un temple, une meule de foin, une termitière, l'abri d'un arbre, la hutte d'un potier, contre une niche abritant une flamme sacrée, la berge sablonneuse d'un cours d'eau, un taillis de fourrés ou une grotte, un arbre creux, le voisinage d'une cascade, ou un bout de sol nettoyé de son bois mort, ils sont bien engagés sur le sentier qui mène à la réalisation de Brahman; avec une très grande pureté d'esprit, ils abandonnent leur corps en un acte de renoncement qui les constitue Cygnes suprêmes, ParamaHamsas. Oui, ils sont indéniablement des Cygnes suprêmes, les ascètes ParamaHamsas qui sont totalement absorbés en Brahman !
Ainsi s'achève l'Upanishad.
Om ! Ce Brahman est infini, infini est cet Univers. Om ! Que la Paix soit en moi !
Ici se termine la Bhikshukopanishad, appartenant au Sukla Yajur Véda.
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