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UPANISHADS DE VISHNU
Rama Rahasya Upanishad Upanishad de la Doctrine secrète de Rama
Notse préliminaires : RAMA ou RAMACHANDRA : Roi légendaire d'Ayodha, homme fidèle à son devoir (dharma), juste et intègre, préférant l'exil au déshonneur pour son père, ainsi apparaît Vishnu dans sa 7ème incarnation (avatar). Époux de la sage Sita, manifestation de Lakshmi, qui lui fut enlevée par Ravana, roi démon de Lanka. La vie de Rama est narrée dans le Ramayana de Valmiki, l'une des épopées les plus populaires de l'Inde, avec le Mahabharata. Cette Upanishad, extraite de l'Atharva Véda, est la source scripturaire qui fait autorité en ce qui concerne le culte de Rama. [Note des traducteurs anglo-indiens]
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice; Om ! Que la Paix soit en moi !
Je salue le Seigneur Rama, incarnation du salut, roi puissant, héros qui détruisit tous ses ennemis.
Adhyaya I - Chapitre I 1-2. De grands Sages, tels Mudgala, Sandilya, Paingala, Bikshu, Sanaka et Prahlada, allèrent trouver le Seigneur Hanuman (1), fervent disciple de Vishnu, et lui demandèrent :
3-4. « Quel est le principe prédominant parmi les quatre Védas, les dix-huit Puranas, les dix-huit parties de la Smriti, les Shastras, et au sein de toute la connaissance, comme au sein des grands pouvoirs que gouvernent le Soleil et la Lune ? » 5-6. Hanuman répondit : « Salut, grands Sages et fervents du Seigneur Vishnu ! Écoutez bien mes paroles, car elles tranchent toutes les entraves : le plus grand des principes, au sein de tous ces enseignements, est le mantra salvateur de Brahma (Brahma Taraka), Om. Quant à Rama, il est le Brahman suprême, il est l'ascèse suprême. Oui, Rama est le principe suprême, ainsi que le mantra salvateur de Brahma. » 7. Les Sages demandèrent encore : « Décris-nous, s'il te plaît, les aspects constitutifs du Seigneur Rama. » 8. En effet, à une autre occasion, Vibhishana avait demandé à Rama : « Comment rendre plus facile le culte de Tes aspects constitutifs ? »
Ici s'achève le premier chapitre de la Rama-Rahasya Upanishad.
Adhyaya II - Chapitre II Les grands Sages, Sanaka à leur tête, continuèrent d'interroger Hanuman : « Enseigne-nous, s'il te plaît, le moyen de méditer ou d'utiliser dans son culte le mantra salvateur de Brahma et de Rama . » 1. « Ce roi des mantras est la syllabe unique, l'Ekakshara (1), qui est la source du Feu, qui est aussi le Seigneur Vishnu allongé dans son sommeil, et le Seigneur Shiva orné du croissant de lune.
2. Son Sage (Rishi) est Brahma, son mètre est la Gayatri, sa divinité est Rama, son corps est la demi-lune croissante, et son esprit est l'âme du Feu. 3-6. Sa racine est la semence verbale (Bija) de Shakti, et c'est lui que l'on doit chanter pour voir l'accomplissement de ses désirs. L'invocation pour ce mantra est la suivante : Lui qui se tient assis sur la fleur de lotus sur les rives de la Sarayu, 7. Le roi des mantras de deux syllabes, Ra-ma, suffit à mener à l'accomplissement de tous les désirs, et lorsqu'on lui accole les suffixes d'une seule syllabe [ce sont Om, Hrim, Srim, Klim, Aim et Ram], il se transforme en six mantras différents. 8. Ces rois de mantras de trois syllabes mènent également à l'accomplissement de tous les désirs. 9. Les deux mantras de quatre syllabes sont Ramachandra et Ramabhadra. 10. Ils peuvent être chantés avec les Rishis et les autres adjonctions, comme vu précédemment; Vishvamithra est son Rishi, son mètre est pankti, sa divinité est Ramabhadra, sa semence verbale (Bija) est Shakti. 11. Ce mantra doit être invoqué mentalement à la jonction des sourcils, sur la tête, vers le nombril, sur les cuisses et les pieds. 12. On doit aller au fond d'une forêt et s'asseoir sous un arbre Kalpa-Vriksha (arbre-à-souhaits ou arbre d'immortalité), prendre la posture du Pushpalata (liane grimpante fleurie), pratiquer l'Anganyasa (1) et chanter les mantras.
13. Il faut visualiser Lakshmana, ayant correctement disposé la flèche, et le Seigneur qu'évente Sita. 14. L'invocation pour ce mantra est la suivante : 15. Il est celui qui tua le démon Ravana, Il est extrêmement pacifique, et devant Lui se tiennent Sugriva et Vibishana. 16. Les mantras de cinq syllabes se forment en ajoutant les lettres-racines de Manmatha, Durga, Sarasvati et Lakshmi au début du mantra de quatre syllabes. Ils mènent à la réalisation des quatre buts de la vie (1).
17. Lorsqu'on ajoute, au début des mantras de cinq syllabes, chacune des cinquante syllabes mystiques de l'alphabet sanskrit (nasalisées), ou les lettres-racines de Manmatha, Durga, Sarasvati et Lakshmi, ou encore Om, on obtient une grande variété de mantras de six syllabes. 18. Si l'on chante les mantras de quatre syllabes en leur ajoutant les lettres-racines de Shri, Maya et Manmatha en tant que préfixe et suffixe, et de même avec les mantras de cinq et six syllabes, on voit tous ses souhaits s'exaucer. 19. Si l'on ajoute Svaha, ou Hum Phat ou Namah (1) à la fin, en combinaisons variées, on obtient les mantras de dix-huit syllabes.
20. Dans ces mantras, Brahma en tant que pouvoir de désillusionnement (Sammohana Shakti), Dakshinamurti, Agastya et Shiva sont, dit-on, les ascètes, dans cet ordre. 21. Le mètre est la Gayatri, la divinité est Shri Rama. Ou alors, la semence verbale de Kama au début et Vishvamitra comme Rishi. 22. Ou encore le mètre Gayatri de diverses divinités, et Ramabhadra comme divinité. La semence verbale de Shakti est invoquée comme auparavant, avec le mantra de six syllabes. 23. On récite les mantras avec les semences verbales et en pratiquant les gestes rituels (Anganyasa) sur le sommet du crâne, la jonction des sourcils, le cœur, les cuisses et les pieds. 24. Invocation : J'honore Shri Rama, 25. Il faut, tout en faisant des prosternations, réciter “Ramachandraya et Ramabhadraya Namah”, ainsi que le roi des mantras de sept syllabes, celui qui comble tous les désirs. 26. Pour le mantra de huit syllabes, ajouter Om au début des deux mantras de sept syllabes. Om ajouté aux mantras “Ramaya” and “Hum Phat svaha” donne une variante du mantra de huit syllabes. 27. Les Rishis et les autres adjonctions au mantra de huit syllabes sont les mêmes que pour celui de six syllabes. De nouveau, le mantra de huit syllabes possède Rama comme Rishi. 28. Le mètre est la Gayatri, la divinité est Rama; Om, une paire de lettres-semences de Shri et une lettre-semence de Shakti, et d'autres encore peuvent être ajoutées. 29. Tout de suite après, on récite les mantras en accomplissant les gestes rituels sur les six parties du corps, puis on récite le Ramaya Namah avec Om et une paire de lettres-semences de Shri. 30. Le mantra de Shiva Rama : Glaum Om, la lettre-semence de Maya (qui réside dans le cœur), le Ramaya Namah sont de nouveau récités. Le mantra “Shiva Om Rama” procure l'excellence. 31-32. Sadashiva en est le Rishi, Gayatri le mètre, et Shiva-Om-Ramachandra en est la divinité. Invocation: J'honore Rama, 34. Méditant ainsi, se vouant totalement à la récitation et aux oblations, on chantera les mantras cent mille fois, faisant des offrandes de feuilles de bilva (cognassier), de fruits, de fleurs, de graines de sésame, et de lotus. 35. Gayatri de Rama Brahma: Tous les dons, même les trésors et les pouvoirs qui sont convoités par les êtres célestes, s'offrent spontanément quand l'on chante la Gayatri de Raghava Brahma. 36. Les Rishis qui savent que la lettre-semence de Shri est la Shakti de Rama, chantent les mantras avec leurs adjonctions, comme méthode assignée (1) pour Son culte d'adoration.
37. Invocation: J'honore Rama à la peau bleue, 38. Mantra de Rama Sharana : Psalmodier le “Ramam sharanam mama” (“Rama est mon refuge”) est bien plus efficace que la plupart des autres mantras, qui mènent non sans difficulté à de simples gains éphémères et produisent à terme des souffrances dans la roue des naissances et des morts futures (samsara), en conséquence de la grande avidité des humains pour les fruits transitoires. Ce mantra cumule les fruits de tous les autres mantras, sans du tout être entaché d'avidité ni d'aucun autre défaut. Il y a également le mantra de huit syllabes, qui est réputé pour ses sept variantes : c'est Om ajouté tour à tour à chacune des syllabes du mantra à sept syllabes. 39. Autres mantras avec plus de syllabes : Le mantra de huit syllabes se chante sur sept variantes : Om est ajouté au début et à la fin du mantra de sept syllabes. 40. Mantra de neuf syllabes : Ce mantra est chanté comme le mantra de six syllabes, en l'offrant à Sita au début et à l'épouse de Janaki à la fin. 41-42. Mantra de dix syllabes : Ce mantra procure tous les fruits désirables que l'on a souhaités. Le grand Vasishtha en est le Rishi, le mètre en est Virat, la divinité en est Rama tenant la main de Sita; la lettre-semence de Visarga en est la Shakti. 43. Pour les gestes rituels (Anganyasa) accompagnant les souhaits, on offre mentalement ce mantra de dix syllabes en touchant la tête, le front, l'espace entre les sourcils, le palais, les oreilles, le cœur, le nombril, les cuisses, les genoux et les pieds. 44-47. Invocation: Je pense à Rama, Ce mantra doit être récité cent mille fois avec une dévotion exclusive. 48. Il faut visualiser la forme de Rama tenant l'arc et la flèche, avec Sita à l'intérieur. Brahma est le Rishi de ce mantra de dix syllabes, le mètre est Virat. 49. La divinité est Rama, celui qui pourfend les démons. Le reste du culte est similaire à celui qui précède. Il faut garder à l'esprit Rama tenant l'arc et la flèche dans ses mains. 50. Mantra de onze syllabes : Ce mantra se construit avec la sextuple addition d'Om-Maya-Rama-Kama-Vac-Sva- Bija-s, et on récite ce mantra à l'intention de Rudra. 51. Le reste du culte est similaire à celui du mantra de six syllabes, en ce qui concerne les gestes rituels et l'invocation, selon l'opinion des Sages. De ce mantra de onze syllabes, Shri Rama est le Rishi. 52. Le mètre est Jagati et Shri Rama la divinité; le Pranava est, dit-on, la lettre-semence, Kliim est Shakti, et Hrim est le pivot (kilaka). 53. On récite le mantra avec les gestes rituels, le reste étant accompli comme précédemment. On y adjoint également Om, Kiim et Bharatagraja. 54. Mantra de douze syllabes : Ce mantra s'achève par Rama, Kliim et Svaha. Om Hrridbhagavate Ramachandrabhadraya. 55. Il en va comme précédemment pour le Rishi et l'invocation; Jagati est le mètre, et le mantra s'accompagne des gestes rituels. 56. Récitant à la suite les noms Shri Rama et Jayarama, le sage prononce deux fois “Jaya Jaya”, qui est Rama, celui qui répand la joie dans l'esprit. 57. Mantra de treize syllabes : Il s'obtient en ajoutant Om au précédent. Ce mantra possède le même Rishi et les mêmes adjonctions que le précédent, et il est celui qui accomplit tous les souhaits. On répète la phrase deux fois avec les gestes rituels et l'invocation du précédent. 58. Mantra de quatorze syllabes : Après avoir chanté le mantra de douze syllabes, on ajoute le nom Rama. 59. Mantra de quinze syllabes : C'est là l'arbre-à-souhaits (kalpa-bhuruhah) de quinze syllabes. On ajoute Namah à Sitapataye Ramaya hana hana. 60. Mantra de seize syllabes : Ce mantra s'achève avec Kavacha et Astra. Agastya en est le Rishi, Brihati le mètre, et Rama la divinité. 61. Ram est la lettre-semence, Astra est la Shakti, et Hum le pivot (kilaka). Les mantras de dix à quinze syllabes sont offerts en séquence, accompagnés des gestes rituels. 62. Mantra de dix-sept syllabes : On ajoute Om au précédent. Toute de suite après, on y ajoute Om Namo Bhagavata Ram. 63. Mantra de dix-huit syllabes : L'ajout du Purushaya à la fin du précédent donne ce mantra, qui possède Vishvamitra pour Rishi, Gayatri pour mètre et Rama pour divinité. 64. Mantra de dix-neuf syllabes : Avec la lettre-semence de Kama, le mantra précédent fait dix-neuf syllabes. À la fin, on récite Om Namo Bhagavata Ramaya. 65. Mantra de vingt syllabes : Après la récitation de tous les mantras, on demande que tout nous soit propice. Lorsqu'on y ajoute Svaha, on compose le mantra de vingt syllabes. 66. Om Namo Bhagavata Ramaya doit alors être récité. Puis Svaha, pour une protection contre les dangers. 67. Mantra de vingt-et-une syllabes : Ce mantra accomplit tous les souhaits. On lui ajoute Om Rama Svabijaa Dasharathaya. 68. Mantra de vingt-deux syllabes : On chante d'abord l'hymne Sita Vallabhaya (le bien-aimé de Sita). Puis ce mantra. 69. Mantra de vingt-trois syllabes : On chante Om Namo Bhagavate Viraramaya. Puis on murmure doucement Hana Hana Svaha. 70. Ce mantra a le pouvoir de tuer tous les ennemis. Vishvamitra en est le Rishi et Gayatri le mètre. 71-72. La divinité en est Vira Rama, les lettres-semences et les autres adjonctions sont comme précédemment. Le sage, après avoir accompli les gestes rituels du mantra-racine (mula-mantra), médite en silence sur Rama, qui a posé la flèche sur son arc pour affronter le démon Ravana, tenant la foudre de l'autre main et monté sur son chariot. 73. On récite Om Namo Bhagavate Shri Ramaya et, après avoir prononcé Om, le brahmane doit ajouter les mots “Mam Taraya” (protège-moi). 74. Mantra de vingt-quatre syllabes : Il s'obtient en ajoutant Om au précédent. Les lettres-semences et les autres adjonctions sont comme précédemment. 75. On dit ensuite Kliim, Om, Namah et Bhagavate Ramachandraya, puis on ajoute le mot “tout”. 76. Mantra de vingt-cinq syllabes : Janavashyakaraya (le conquérant des peuples), Svaha et Kiim doivent être récités mentalement. Ce mantra doit inclure Sarvavashyakara (le conquérant de la Totalité). 77. Mantras de vingt-six et vingt-sept syllabes : En ajoutant Om au début du précédent, on obtient le mantra de vingt-six syllabes. En ajoutant Om à la fin, on obtient celui de vingt-sept syllabes. 78. Om Namo Bhagavate Rakshoghnavishadaya (Obéissance à Bhagavan, le pourfendeur de démons), et Sarvavighat Nivaraya (Celui qui protège de tout obstacle), sont à répéter deux fois. 79. Mantras de vingt-huit et vingt-neuf syllabes : En ajoutant Svaha à la fin du roi des mantras, on obtient celui de vingt-huit syllabes. En ajoutant encore Om, on obtient les vingt-neuf syllabes. 80. Mantras de trente et trente-et-une syllabes : En le faisant débuter par Sva-bija, on obtient le mantra de trente syllabes. En ajoutant Om à la fin, on obtient les trente-et-une syllabes. 81. Ô Ramabhadra, le grand archer ! Ô Raghuvira, le meilleur des rois, et le pourfendeur de Ravana ! Accorde-moi la richesse ! 82. Le Rishi en est Rama, le mètre Anushtubh, Ram la lettre-semence, Yam la Shakti; on les récite à l'intention de sa divinité d'élection (1).
83. Les gestes rituels accompagnant ce mantra sont faits sur le cœur, la tête, sur la touffe sacrificielle avec le mantra de cinq syllabes, suivies des trois syllabes de Kavacha. 84. Puis sur les yeux avec le mantra de cinq syllabes, celui que l'on nomme Astra (mantra-projectile). On visualise Rama tenant l'arc et la flèche, bleu de peau, en compagnie de Sugriva et Vibhishana. 85. On le visualise après qu'il ait tué le démon Ravana, venant assurer la protection des trois mondes; méditant en son cœur sur Rama, on chante le mantra mentalement un million de fois. 86-87. Puis on prononce la Gayatri de Rama donnée par “Dashrathaya vidmahe”, suivie de “Sita-Vallabhaya dhimahi, tanno Ramah prachodayat” (Puissons-nous connaître le fils de Dasharatha ! Nous méditons sur le bien-aimé de Sita. Puisse Rama illuminer notre intellect !) 88. Pour obtenir le pouvoir d'enchantement sur la terre et atteindre l'expertise en amour, il faut ajouter “Madana” (le dieu Kama, “ivre de passion”) au Shri Rama, ainsi que la lettre-semence de Maya. 89. Avec les mantras de douze, quinze et seize syllabes, il faut accomplir des gestes rituels (Anganyasa). 90. Pour ces mantras, tandis qu'on chante les lettres-semence et qu'on médite, la même séquence que pour le mantra de six syllabes doit être adoptée. Om Namo Bhagavate Raghunandanaya. 91. De façon similaire, tout de suite après on récite “Rakshoghnavishad” (le pourfendeur de démons), “Madhura” (le doux), “Prasannavadanam” (d'expression paisible), “Amita-tejaseo” (à celui qui brille d'un éclat incommensurable). 92. Tout de suite après, il faut promettre obéissance (Namah) à Balarama et Vishnu, et réciter mentalement les quarante-sept syllabes. 93. Le Rishi est Brahma, le mètre est l'anushtubh, et la divinité est Raghava. Sept fois dix-sept syllabes, avec six Rudras et six gestes rituels, sont à réciter. 94. Tandis qu'on médite sur le mantra de dix syllabes, on doit le chanter cent mille fois. Il commence par “Shriyam Sita”, suivi du mantra de six syllabes et se termine par “Svaha”. 95. Le Rishi de ce mantra est Janaka, le mètre en est la Gayatri, la divinité est Sita Bhagavati, Shrim la lettre-semence, et Namah la Shakti. 96. Sita est le pivot (kilaka), et on pratique la méthode assignée (viniyoga) pour la divinité d'élection (Ishta). Accompagnés d'une récitation avec des accents allongés, on fait les gestes rituels sur six parties du corps. 97. Il faut méditer sur Rama au centre du yantra (1), le visualisant avec un corps resplendissant à l'égal de l'or, tenant un lotus, et le considérer comme l'ultime refuge.
98-99. Quant au mantra de Lakshmana, il faut prononcer le son Lam tout en s'inclinant devant Lakshmana. Pour ce mantra, Agastya est le Rishi, le mètre est Gayatri, la divinité est Lakshmana, Lam est la lettre-semence et Namah est la Shakti; les quatre buts de la vie (cf. shloka 16, chap.II) sont les méthodes assignées. 100. Une sonorité finale prolongée avec Ram comme lettre-semence accompagne les gestes rituels sur les six parties du corps. Simultanément, on visualise Rama, avec deux bras, un corps d'une teinte dorée, d'une beauté comparable au lotus. 101. Pour le mantra de Bharata, on le visualise tenant l'arc et la flèche, entièrement voué à Rama le Suprême, et on émet le son Bha tout en s'inclinant devant Bharata. 102. Agastya est le Rishi, le reste est comme précédemment, mais s'appliquant à Bharata à la peau bleue, à l'esprit paisible, et servant Rama de tout son cœur. 103. Pour le mantra de Shatrughna, on récite “Je vénère le courageux fils de Kaikeyi, tenant l'arc et la flèche”; on prononce la lettre-semence Sham, en terminant par “Shatrughnaya Namah”, le Rishi et les autres adjonctions sont comme précédemment et la méthode assignée pour la maîtrise des ennemis. 104. Possédant deux bras, ayant l'éclat de l'or, consacré au service de Rama, c'est le fils de Sumitra que je vénère, lui qui mit à mort Lavanasura. 105. Le mantra d'Hanuman, “Hrum Hanumate”, est le roi des mantras, dont Ramachandra est le Rishi, et les autres adjonctions comme précédemment. 106. Il faut méditer sur celui qui possède deux bras, brillant à l'égal de l'or, entièrement voué au service de Rama, portant une ceinture de roseaux, et dévoué serviteur de Rama. Ici s'achève le second chapitre de la Rama-Rahasya Upanishad.
Adhyaya III - Chapitre III Ce chapitre décrit le rite du Yantra, figure mystique servant de support à la cérémonie. Si le yantra est décrit – pour une fois – de façon très détaillée, étape par étape, néanmoins beaucoup d'éléments demeurent incompréhensibles. Il m'est impossible de les éclaircir – NdT. Sanaka et les autres ascètes demandèrent à Hanuman : « Ô puissant fils d'Anjana! Décris-nous le diagramme mystique (yantra) qui convient pour la pratique rituelle des mantras que tu nous as enseignés. » Hanuman répondit : « Pour commencer, le yantra doit être hexagonal et au centre comporter la lettre-semence de Rama, Ram, accompagnée de Shrim. Ensuite, on dispose trois cercles de huit feuilles. Sur celles-ci, des guirlandes de syllabes sont inscrites, disposées en huit groupes de mantras de six syllabes. Puis le lotus à douze pétales. Ensuite, le lotus de trente-deux pétales.
Ensuite, les trois lignes dessinant le Bhupura (2).
Ce yantra universel comble tous les souhaits et accorde la libération.
Voici maintenant la description de l'autel pour les mantras qui commencent par dix syllabes et se terminent par trente-deux syllabes. Puis la première ronde. Adhara-Shakti, la puissance-racine, est l'assise du culte de Vishnu. Ici s'achève le troisième chapitre de la Rama-Rahasya Upanishad.
Adhyaya IV - Chapitre IV Sanaka et les autres ascètes demandèrent à Hanuman : « Décris-nous le rituel de récitation des mantras de Rama ». 1. Il dois se laver trois fois par jour. 2. Il doit ne prendre que de la nourriture pure (sattvique), tels le lait, les racines, les fruits ou le gâteau de riz fait pour l'offrande aux dieux (naivedya). 3. Il doit suivre les étapes de vie prescrites (Brahmachari, Grihastha, Vanaprastha ou Sannyasa) et en accomplir les actes requis. 4. Il doit abandonner les six émotions négatives (1).
5. Il doit observer les règles de pureté et pratiquer le détachement dans ses paroles. 6. Il doit aussi agir sans passion, et montrer du respect à toutes les femmes. 7. Il doit observer la continence (Brahmacharya) et dormir à même le sol. 8. Il ne doit entretenir aucun désir. 9. Il doit avoir de la dévotion à l'égard de son instructeur. 10. Il doit scrupuleusement observer les ablutions, rendre un culte, pratiquer la récitation [de mantras ou de paroles rituelles], la méditation et faire des oblations par le feu. 11. Il doit méditer sur Rama avec la concentration la plus intense possible, selon la méthode enseignée par son instructeur. 12. Il doit invoquer le Soleil, la Lune, le Guru, la lumière de la lampe, la vache sacrée, le brahmane, etc. 13. L'ascète qui pratique cette récitation (Japa) doit s'asseoir sur une peau de tigre et adopter les postures prescrites, comme l'asana du Swastika, en séries alternantes. 14. Il doit se placer près de plantes comme le basilic (Tulasi) ou sous des arbres comme le cognassier (Bilwa), etc., pleinement développés. 15. Il doit compter ses récitations au moyen d'un rosaire dont les perles seront de bois de basilic ou de Rudrakshas (1).
16. Le comptage doit être fait mentalement à l'aide des graines, et atteindre le chiffre de cent mille devant l'autel (le yantra) de MahaVishnu (1).
17. Des libations doivent être offertes à la fin d'un compte total. Au bout de dix comptes totaux, faire des offrandes de gâteau de riz, verser dessus du beurre clarifié (ghee) fait à partir de lait de vache, et manger ce qui reste à la fin des dix offrantes qui vont suivre. 18. Après cela, tandis que l'on chante les mantras, offrir des fleurs en chantant le mantra-racine (1).
L'ascète qui pratique ce japa parvient à la libération de son vivant (Jivanmukta) et les pouvoirs occultes (Siddhis) le suivent comme une jeune épousée à la suite de son époux. Ce mantra de Rama est certes un moyen de libération, mais si vous vous souvenez de moi (Hanuman), qui suis le serviteur de Rama, cela vous assurera du succès dans toutes les affaires de ce monde, également. Pour celui qui se souvient à jamais de Rama avec une totale dévotion, Le voyant comme l'ultime refuge de la conscience, je suis doté du pouvoir de combler tous les vœux qu'il fera. Vis-à-vis de ce devoir de combler tous les souhaits des fidèles de Rama, je suis toujours entièrement vigilant, moi qui suis expert dans l'accomplissement et l'obéissance aux ordres du Seigneur Rama. Ici s'achève le quatrième chapitre de la Rama-Rahasya Upanishad.
Adhyaya V - Chapitre V Sanaka et les autres ascètes demandèrent à Hanuman : « Explique-nous la signification du mantra de Shri Rama ». La véritable signification du roi des mantras de Rama, comme du mantra de huit syllabes de Narayana et de celui de cinq syllabes de Shiva, est donnée comme suit : Là où le yogi se délecte à chanter le mantra de deux syllabes, “Rama”, où la syllabe Ra- représente le feu dont brûle l'illumination, Sa nature d'Existence-Conscience-Félicité absolues (1) est considérée comme la signification suprême, la consonne symbolisant l'immuable Brahman, et la voyelle l'énergie créatrice de la manifestation.
Sache que les consonnes jointes aux voyelles sont utilisées dans la respiration; le son “r”, qui est de la nature de la lumière, est par conséquent utilisé dans l'action. Le son “ma” est connu comme l'illusion (Maya) qui indique la prospérité; étant en soi la lettre-semence (bijakshara), il est donc également l'équivalent de Brahman Lui-même. Avec le point (bindu) qui surmonte le croissant (anushvara) au-dessus du Om, l'Homme cosmique (Purusha) revêt la forme de Shiva unissant le Soleil et la Lune, avec la flamme en tant que crête, et le son en tant que Prakriti (1).
L'union accomplie de Purusha et de Prakriti est considérée comme Brahman; le point, le son et la lettre-semence intérieure sont considérés comme le Feu et les diverses demeures lunaires. Le Feu et Om, de par leur nature essentielle, résident dans les lettres-semence de Rama, tout comme l'arbre pleinement épanoui dans le monde physique est contenu dans sa graine. De façon similaire, dans les lettres-semence de Rama, est contenu ce monde entier de créatures mobiles et immobiles. Le nom de Rama est donc considéré comme la semence recélant ces deux significations. Lorsqu'il est libéré de la semence de Maya, Kiim, l'Esprit suprême existe seul, dit-on. Voilà ce qui accorde aux aspirants la libération, aussi le son “ma” est-il considéré comme le libérateur. Lorsqu'il est sans forme, le “ma” de Rama est celui qui accorde la félicité et la libération. La première lettre “ra” représente le terme “Tat”, Cela (1), et le “ma” représente le terme “tvam” (Toi).
Le sage qui connaît la Vérité déclare que la confluence de ces deux termes a pour résultat la signification du mot “asi” (tu es), le mot Namah ayant le sens de “tvam” (Toi) et le nom Rama le sens de “Tat”. Lorsqu'on utilise le nom Rama au datif (Ramaya), le sens du mot “asi” (tu es) est indiqué dans le mantra. De ce fait, la phrase “Tat Tvam asi” (Toi aussi, tu es Cela) est implicitement présente, qui accorde la libération par l'union. En conséquence, ce mantra (Ram Ramaya Namah) qui procure la félicité et la libération surpasse encore cette dernière phrase. Tous les êtres humains incarnés sont qualifiés pour pratiquer ce mantra. Pour ceux qui aspirent à la libération, pour ceux qui ont éradiqué leurs passions, comme pour les maîtres de maison, pour toutes les étapes de la vie (ashramas) mais tout particulièrement pour les ascètes, une constante méditation du Om est l'injonction capitale; ainsi, le connaisseur du sens plénier du mantra de Rama deviendra, sans aucun doute, libéré de son vivant. Celui qui étudie cette Upanishad est sanctifié par le feu, purifié par l'air, libéré du péché de consommation de substances enivrantes, ou du vol d'or ou du meurtre d'un brahmane. Celui qui récite de façon répétée le mantra de Rama parvient à l'union en Ramachandra Lui-même. En conséquence, celui qui répète cet hymne sacré, “Ramo'hamasmiti tattvatah” (Je suis Rama en Son essence), ne se trouvera plus jamais dans le besoin durant cette vie et, sans aucun doute, devient Rama Lui-même. » Telle est la Vérité. Telle est l'Upanishad.
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice; Om ! Que la Paix soit en moi ! Ici se termine la Rama-Rahasyopanishad, appartenant à l'Atharva Véda.
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