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Rama, porté par Hanuman, affronte Ravana - Illustration du Ramayana
UPANISHADS DE VISHNU
Rama Tapaniya Upanishad
Upanishad de l'ascèse dévotionnelle à Rama
Traduite et annotée par M. Buttex
D'après la version anglaise de Paul Deussen,
reprise par les Prof. V.M. Bedekar et G.B. Palsule
Note préliminaire : RAMA ou RAMACHANDRA : Roi légendaire d'Ayodha, homme fidèle à son devoir (dharma), juste et intègre, préférant l'exil au déshonneur pour son père, ainsi apparaît Vishnu dans sa 7ème incarnation (avatar). Époux de la sage Sita, manifestation de Lakshmi, qui lui fut enlevée par Ravana, roi démon de Lanka. La vie de Rama est narrée dans le Ramayana de Valmiki, l'une des épopées les plus populaires de l'Inde, avec le Mahabharata.
TAPANA : 1) qui dégage de la chaleur, brillant, brûlant; « le Brûlant », épithète de Surya, le Soleil; 2) même sens que Tapas, notamment consécration ardente à une divinité. TAPANIYA : qui concerne l'ascèse consacrée à tel ou tel dieu.
Cette Upanishad se divise en deux parties, PURVA et UTTARA, l'une élémentaire et exotérique, se référant au culte extérieur, notamment à la construction du yantra de Rama, l'autre plus avancée et ésotérique, se référant à l'engagement ultime dans le contexte d'une ascèse dévotionnelle, bhakti sadhana. C'est dans cette seconde partie que nous retrouvons le cadre métaphysique familier à la plupart des Upanishads, tandis que la première partie, complexe et se déplaçant sur un terrain purement magique, peut sembler laborieuse pour un occidental.
Il semble que cette Upanishad ait été composée sur le modèle de la Nrisimha Tapaniya Upanishad, également divisée en Purva (initiale, traditionnelle) et Uttara (ultime, métaphysique). Après une première partie qui illustre dans le détail le culte traditionnel de Rama, dont notamment la construction d'un yantra (que le fidèle porte probablement en amulette), une seconde partie, Uttara, a été rajoutée, qui fait essentiellement appel à des emprunts d'autres Upanishads, notamment la Jabala, l'Advaya Taraka, la Mandukya et l'Atharvashiras. Elle constitue néanmoins un enseignement homogène et sans lacunes, suffisamment approfondi et dense, et des sous-chapitres s'avèrent utiles pour en saisir la structure.
I. Rama Purva Tapaniya Upanishad
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
Puissions-nous voir de nos propres yeux ce qui est propice,
Ô Vous, dignes de vénération !
Puissions-nous jouir de notre vie jusqu'au terme alloué par les Dieux,
leur adressant des louanges, avec notre corps bien ferme sur ses membres !
Qu'Indra le glorieux nous bénisse !
Que Surya (le Soleil) omniscient nous bénisse !
Que Garuda, le tonnerre qui foudroie le mal, nous bénisse !
Que Brihaspati nous octroie le bien-être !
Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !
Shlokas 1 à 6 : Étymologies du nom de Rama
1. Le grand dieu Vishnu, qui est pure conscience spirituelle, s'incarna et grandit dans le foyer du roi Dasharatha, dans la lignée de Raghu, le Bienveillant (Ra-ti) qui règne sur le royaume terrestre (Ma-hi).
2. C'est pourquoi Il fut nommé Ra-ma par tous les grands Sages de ce monde. Ou c'est en raison de la profusion de Ses pouvoirs, grâce auxquels Il s'attaqua aux démons (Ra-kshasas) et les mit à mort (ma-ranam).
3. Ou aussi du fait qu'Il était gracieux (abhi-rama) de caractère et d'apparence, au point que le nom de Rama acquit une renommée universelle; ou encore parce que, semblable au nœud lunaire nord (Ra-hu), et quoique Lui-même mortel, Il priva les démons (Ra-kshasas) de leur étincelle de vie.
4. Ou aussi parce que, par l'exemple de Sa personne, Il montra aux rois (ma) qui étaient dignes de gouverner (ra) le chemin du devoir et de la sagesse, et le montre encore à qui prononce Son nom (Ra-ma).
5. Il montre le chemin du renoncement à qui médite sur Lui, et celui de la sainteté à qui Le vénère de tout son être. Pour ces raisons également, Celui qui fit un séjour sur notre Terre fut justement nommé Rama.
6. Et parce que les yogis trouvent leurs délices (ra-mante) en Lui, qui est félicité éternelle et pure spiritualité, on peut en conclure que par le nom de Rama, c'est Brahman lui-même qui est désigné.
Shlokas 7 à 10 : Rama, incarnation de Brahman
7. Brahman, qui est pure conscience spirituelle (Chinmaya), sans second, sans parties, sans corps, est néanmoins considéré comme multiforme, afin de servir au mieux les besoins des fidèles dans leur pratique religieuse.
8. Aux divinités qui sont ainsi dotées d'une forme apparente, sont dévolus un sexe, des membres et des armes (ou attributs), mais aussi deux, quatre, six, huit, dix, douze, seize, dix-huit, et même un millier de bras.
9. Ces bras brandissent une grande variété d'insignes, conques, etc. On attribue également à ces formes divines des couleurs caractéristiques, des armes, des pouvoirs et des forces militaires.
10. C'est ainsi qu'à la forme de Rama, considérée comme Brahman en personne, on
attribue une armée, ainsi que les quatre autres attributs de la souveraineté (1).
1 Les cinq attributs de la souveraineté sont : des ministres, un territoire, une ville fortifiée, un trésor d'état et une armée.
Shlokas 11 à 13 : Annonce du roi des Mantras
11. Tout-inclusif, incorporant Brahman et la totalité, et nommé d'après Rama, ce mantra doit être psalmodié si l'on désire se rendre la divinité propice.
12. Ce mantra soutient tous les buts pour lesquels des sacrifices sont faits et des actes rituels prescrits; et puisqu'il donne le salut (tra) à celui qui médite (man) sur lui, on l'appelle donc man-tra, la formule sacrée.
13. Le diagramme (Yantra) qui va suivre est l'incarnation des deux divinités, Brahman et Rama. Ne pratiquez pas votre culte sans recourir au diagramme, si vous désirez vous rendre la divinité propice.
Shlokas 13 à 23 : Le Mantra “Ram Ramaya Namah”
14-15. Existant par soi-même, brillant de Sa propre lumière (1), empruntant d'innombrables formes, Il est pure luminosité, Il est l'Âme suprême de cet univers dont Il est tout à la fois le Créateur, le Protecteur et le Destructeur. De Lui proviennent cette force spirituelle et les trois qualités de la matière : dynamisme, luminosité et obscurité (2).
1 Svayambhu : « Auto-engendré, qui existe par soi-même » - C'est l'épithète de Brahman, en tant que Prajapati, le Créateur, qui affirme sa distinction fondamentale : le Non-créé qui engendre tout le créé. C'est aussi l'épithète associé à toutes les divinités principales sous leur forme transcendante, ainsi ParaShiva, ParaBrahma, ParaShakti, etc., mettant en exergue leur nature absolue et suprême.
Svayamjyotish « qui brille par sa propre lumière » : auto-lumineux, qui s'illumine par soi-même; épithète de Brahman.
2 Gunas : Qualités, attributs ou caractéristiques de l’énergie universelle, au nombre de 3, dont la combinaison crée les divers éléments d’où procède la nature multiforme. Ces 3 qualités ou modes d'être sont inhérents à l'univers phénoménal, et déterminent les caractéristiques propres à chaque créature (animée ou inanimée) : Sattva, ou la qualité du bien, de lumière, pureté et calme; Rajas, ou la qualité d'activité, convoitise, passion et agitation; Tamas, ou la qualité de ténèbres, inertie, illusion et ignorance.
15-16. De même que la graine de figue contient déjà le figuier pleinement développé, de même le germe du nom Rama contient la totalité du monde animé. À partir de la lettre R sont projetées les trois formes divines (Brahma, Vishnu et Shiva), ainsi que les trois forces (création, protection et dissolution).
17. Il faut vénérer Sita (1) et Rama en les voyant comme se manifestant depuis cette semence; c'est d'eux que procèdent la création, le maintien puis la destruction des deux septénaires de mondes (2), et dans ces mondes Rama se laissa donner l'apparence d'un être humain par la magie de Maya (3).
1 Sita : « le sillon (de la charrue), la Fidèle » - compagne de Rama, l'un des avatars de Vishnu, Sita est donc l'une des manifestations de Lakshmi, déesse de la prospérité, épouse de Vishnu. Elle était à l'origine une déesse védique de la fertilité. L'épopée du Ramayana de Valmiki relate les aventures tragiques du couple divin, Sita représentant l'archétype de l'épouse soumise à son destin (enlèvement, guerres et injustices, exil, pauvreté). Née d'un sillon de la Terre, elle meurt de même, en retournant sereinement au sein de la Terre-mère.
2 Voir le diagramme « Les 14 Lokas ou plans cosmologiques »
3 Maya : Le pouvoir de l'Illusion cosmique. La Puissance (shakti) de Brahman se manifestant en tant qu’univers phénoménal; la manifestation sous son aspect grossier, subtil et causal. Maya est synonyme d’ignorance (avidya), les illusions découlant de la confusion entre l'existence relative et la réalité; car elle est la grande Enchanteresse qui possède 2 pouvoirs : avriti ou avarana shakti ( pouvoir d’obnubilation) et vikshepa shakti ( pouvoir de projection).
18. Salutations à Lui, à l'Âme suprême (Atman), souffle du monde ! Louons-Le comme ne faisant qu'un avec les trois qualités primordiales de la matière (Gunas) !
19. [Dans le mantra “Ram Ramaya Namah”], le mot Namah signifie le Jiva, l'âme incarnée, le mot Rama signifie l'Atman, l'Âme suprême; mais le suffixe -aya (dans Ramaya) vise à la consubstantialité des deux.
20. Le mantra est la puissance qui glorifie, et Rama est la divinité qui est glorifiée; les deux ainsi mis en union engendrent des bénéfices qui récompensent ceux qui, en pratiquant le mantra, procèdent à leur union.
21. De même qu'une personne, dotée d'un nom, se tourne vers celui qui l'appelle par ce nom, de même la formule sacrée (Mantra), bourgeonnant à partir de son germe, se tourne vers celui qui la prononce.
22. Le germe (Bija) et la force (Shakti), il faut les porter sur soi, respectivement sur le sein droit et le sein gauche; inséparable d'eux, la racine se tient entre eux, qui comble tous les désirs.*
* Le germe (bija) du mantra est Ram, la racine (kila) est Ramaya Na, et la force (shakti) est mah.
23(a). Ici, il en est comme de tous les mantras, et la procédure est la même.
Shlokas 23(b) à 29 : Portrait de Rama, assis entre Sita et Lakshmana
23(b). Étant éternel en son essence, sur cette Terre aussi Rama apparaît tel le feu dans tout son éclat.
24. Tempérant cependant l'ardeur de ses rayons, tel Vishva (1) dans le monde d'Agni (le Feu), Il rayonne en compagnie de Sita, qui est semblable à la lune dans sa plénitude lumineuse.
1 Vishva : « tout, la totalité, l'univers » - 1) l'Esprit de l'univers manifesté, la Totalité universelle; 2) le maître de la conscience, correspondant à l'état de veille (jagrat), également appelé Vaishvanara. Cf. Les quatre dimensions de la conscience.
25. Modéré par le pouvoir de Sita en tant que Prakriti (1), Il porte ses cheveux au naturel, emmêlés, et un vêtement jaune, possède deux bras, se pare de pendants d'oreilles et de colliers de perles. Il se tient là, brandissant un arc.
1 Prakriti : La Matière. Le pouvoir fondamental (shakti) de la Divinité, dont le cosmos est l'expression créatrice. C'est donc : 1) la base-racine de tous les éléments; 2) la matière indifférenciée; 3) la Nature, source primordiale du monde manifesté, constituée des 3 gunas (sattva, rajas et tamas). Équivalent de Maya, d’Avyakta ou de Pradhana.
26. Agrémentée des huit audaces, avec un sourire avenant, confiante de sa victoire, la divine Prakriti, mère des mondes, se tient assise sur la cuisse de Rama.
27. Le fils de la reine Kaushalya, Rama, trouve son bonheur en Sita qui l'enlace de ses deux bras, Sita avec son teint doré, ses ornements, toute prévenante, ornée d'une guirlande de lotus.
28. À sa gauche se tient Lakshmana, son jeune frère au teint doré, qui brandit un arc, et les trois forment un triangle.
29. C'est aussi le cas du mantra : la fin, le nom et le datif* lui donnent une forme triangulaire.
* le suffixe -aya (dans Ramaya), vu au shloka 19.
Shlokas 30 à 34 : Portrait de Rama honoré par les dieux
30. Les dieux s'approchèrent de lui tandis qu'il était assis sous l'arbre qui exauce les souhaits, afin de l'honorer en tant que Seigneur du monde : « Salutations à Rama, qui prend à volonté toute forme ! À lui qui est doté des pouvoirs magiques !
31. Salutations à lui qui est le Pranava Om et qui a la forme des Védas ! À lui qui revêt toute la beauté et la grâce, qui est l'incarnation de l'Âme suprême !
32. Salutations à lui qui est encore embelli par la beauté de Sita, lui le tueur de démons Rakshasas, lui aux membres puissants, le héros gracieux de la lignée des Raghus, qui tua le démon aux dix têtes.*
* Ravana, roi de Lanka, démon Rakshasa à dix têtes, qui enleva Sita dont il s'était épris, et qui fut décapité par Rama à l'issue de combats aux multiples péripéties. L'épopée du Ramayana narre tous ces incidents.
33. Ô héros des Raghus, qui ramenas paix et prospérité, armé d'un arc puissant, ô prince valeureux ! Toi qui détruisis intégralement le démon aux dix têtes, accorde-nous à la fois ta protection et la prospérité !
34. Accorde-nous la souveraineté divine et détruis tous nos ennemis, y compris Khara !* » Ayant achevé leur supplication, les dieux demeurèrent auprès de lui, pleins d'une attente joyeuse.
* À Janasthana, lors d'un combat mémorable, Rama tua d'un seul geste une horde de quatorze mille démons, menés par le redoutable Khara, cousin du roi Ravana.
Shlokas 35 à 47 : Portrait de Rama honoré par les Sages
35. À leur tour, les Sages louèrent Rama par ces paroles : « Le démoniaque Ravana, en enlevant l'épouse de Ra-ma qui résidait dans la forêt (-vana), courut ainsi à sa perte.
36. C'est de là que lui vient le nom de Ra-vana. Ou bien, c'est de la puissance de son rugissement, -vana. Et c'est en raison de cet enlèvement que Rama partit à la recherche de Sita, accompagné de Lakshmana.
37. Ils parcoururent toute la terre, cherchant partout la reine Sita. Ils affrontèrent le démon Kabandha puis, sur le conseil de celui-ci, allèrent trouver la reine Shabari.
38. Ils furent reçus avec honneur par celle-ci et par Hanuman, le fils du Vent (Vayu), puis ils eurent un entretien avec le roi des Singes, Sugriva, au cours duquel ils lui racontèrent toute leur histoire, du début à la fin.
39. Sugriva, doutant de la force de Rama, le mit face à Dundhubi, d'une taille énorme, afin de tester sa valeur; Rama le souleva et le lança si violemment qu'il lui fit déraciner sept arbres Sala sur sa lancée.
40. Le rejeton de Raghu, Rama, était aux anges ! Alors le prince des singes, Sugriva, tout réjoui, se dirigea vers la cité de Vali* en compagnie de Rama.
* Vali, ou Balin, est le frère aîné de Sugriva, roi en son propre royaume, dont l'ambition agressive menaçait le roi Sugriva.
41. Le plus jeune frère héla si fortement son aîné Vali, que celui-ci bondit précipitamment hors de sa demeure; un combat s'ensuivit.
42. Le rejeton de Raghu décapita prestement Vali et installa Sugriva sur son trône. Celui-ci fit rassembler tous ses sujets singes et leur donna la mission suivante :
43. « Vous qui connaissez bien les régions du monde, partez ce jour même à la recherche de la princesse de Mithila (Sita), et ramenez-la vite ! Au travail ! » À ces mots, le singe Hanuman fit un immense bond par-dessus l'océan et atterrit devant la ville de Lanka.
44. Là il vit Sita. Il se mit alors à décimer les démons et mit le feu à leur cité. Puis il s'en revint et narra tous ces événements à Rama, exactement comme ils s'étaient déroulés.
45. Rama, bouillonnant de fureur, rassembla alors la horde des singes, leur demanda de prendre leurs armes et marcha à leur tête vers la cité de Lanka.
46. Lorsque Lanka se déploya à sa vue, Rama engagea la guerre avec le roi de la cité. Dans un combat mémorable, il tua le roi Ravana, ainsi que son frère Kumbhakarna, mais aussi le vainqueur d'Indra (?).
47. Puis il installa Vibhishana sur le trône de Lanka. Il prit la fille de Janaka (Sita) et, la portant à califourchon sur le haut de sa cuisse, s'en revint à la tête de son armée, vers son pays natal.
Shlokas 48 à 57 : Portrait de Rama établi sur son trône après ses exploits héroïques
48. Assis sur le trône aux lions, voici le rejeton de Raghu, doté de deux bras, tenant un arc, le cœur en paix, paré de tous les ornements.
49. Sa main droite fait le geste de l'enseignement, sa main gauche celui qui annonce le pouvoir, il prend plaisir à dispenser la Connaissance; il est la Divinité suprême, intégralement spirituelle.
50. À sa droite et à sa gauche, il a Shatrughna et Bharata*, et le dévoué Hanuman face à lui; ces trois forment un triangle autour de lui.
* Deux des trois frères de Rama, le troisième étant Lakshmana.
51. Près de Bharata, se tient Sugriva, et Vibhishana près de Shatrughna; un chasse-mouches et un parasol dans ses mains, Lakshmana se tient derrière le groupe.
52. Il forme un autre triangle avec les porteurs de feuilles de palme, Sugriva et Vibhishana; tous ensemble, ils forment un hexagone :
53. en premier lieu, Rama avec ses longs membres; en second lieu, Vasudeva et d'autres personnages forment un autre groupe au sud-ouest;
54. en troisième lieu, le fils de Vayu, Hanuman, et Sugriva, Bharata, Vibhishana, Lakshmana, Angada, Arimardana et Jambavan forment un troisième groupe autour de lui;
55. en quatrième lieu, Dhrishti, Jayantaka, Vijaya, Surashtra, Akopa, Rastravardhana, Dharmapala et Sumantra forment un quatrième groupe autour de lui;
56. un cinquième groupe est formé d'Indra, Agni, Dharma, Rakshasa, Varuna, Vayu, Chandra, Shiva, Brahma, Ananta, les dix dieux qui ajoutent à sa riche valeur.
57. Dans le pourtour, les armes des dieux lui font une parure, et Nila et ses gens, ainsi que les Sages tels que Vamadeva et Vasistha, sont tous assis autour de tous ces groupes qui l'entourent.
Shlokas 58 à 74 : Construction du Yantra de Rama : éléments de la figure géométrique
58. Cela devrait suffire, comme instructions préliminaires.
Maintenant, venons-en à la construction du diagramme : Dessine deux triangles imbriqués à l'intérieur d'un hexagone, et au centre inscris deux fois Om.
59. Entre les deux, inscris la syllabe-semence Ram, inscris dessous à l'accusatif ce que tu désires; celui qui désire doit être mentionné au-dessus, au génitif.
60. Sur les côtés de la syllabe-semence Rama, inscris deux fois le mot “Donne !”, et entoure le tout de deux Om, que tu chanteras d'un cœur pur et l'esprit apaisé.
61. Dans les six angles, inscris la longue syllabe-semence du mantra, que tu porteras à ton cœur, à ta tête, à ta touffe de cheveux, à ton armure, à tes yeux et à tes armes.* Inscris Rama et Maya sur les côtés des triangles, et Ananga (l'Incorporel) sur leur sommet.
* Il s'agit donc d'intérioriser l'image de Rama, et de fusionner avec elle.
62. Inscris le mot “krodha” (colère) entre les sommets et, des deux côtés, inscris soigneusement le “son” (Om ?). Dessine trois cercles de huit pétales, qui forment une fleur de lotus.
63. Inscris les voyelles sur les étamines, et les huit consonnes sur les pétales; inscris-y également les syllabes de la formule-guirlande (cf. 74-80, plus bas), qui ont le numéro six parmi les vagues (1).
1 Les six vagues de l'existence ou les six infirmités : faim, soif, souffrance, illusion, vieillesse, mort.
64. Puis inscris seulement les cinq syllabes finales [de la formule-guirlande qui en posssède 47]. Dessine encore un lotus à huit pétales avec les huit syllabes du Narayana mantra, puis le Rama mantra sur les étamines.
65. Une fleur de lotus à douze pétales circonscrit finalement tout ceci, sur laquelle tu inscriras le mantra à douze syllabes “Om Namo Bhagavate Vasudevaya”.
66. Trace un cercle en haut des filaments et inscris-y les lettres de A à Ksha. Puis dessine un lotus à seize pétales, sur les filaments duquel tu inscriras le mot “craintif”.
67. Sur les pétales, inscris le mantra à douze syllabes, avec Hum, Phat et Namas. Entre les syllabes, écris les mantras du fils de Vayu (Hanuman) et des autres.
68. Hrim, Shrim, Vrim, Lrim, Srim et Jrim : écris exactement ces syllabes-semences; et autour, dessine une grande roue à trente-deux rayons, en faisant résonner le point [de nasalisation du Om (1)].
1 Anushvara : 1) dans l'alphabet devanagari et en phonétique, c'est le point sous certaines consonnes, représentant une nasalisation bourdonnante de la voyelle précédant cette lettre (r, sd, n, m avec un bindu en-dessous); 2) par extension, et peut-être erronément, on utilise parfois ce terme pour désigner, dans la représentation graphique du OM, le croissant (ardha-matra) surmonté d'un point (bindu).
69. Inscris soigneusement sur ses ailes (?) les lettres du roi des mantras (“Ram Ramaya Namah”, cf. 13 à 23). C'est là que tu méditeras sur les huit Vasus (1) et les onze Rudras (2).
1 Vasus ou Ashta Vasus : les 8 sphères d'existence : 1) la Terre, Prithivi, où réside 2) le Feu, Agni, principe de la nutrition; 3) l'Espace, Antariksha, où réside 4) le Vent, Vayu, principe de la Vie; 5) le Ciel, Dyaus, où réside 6) le Soleil, Surya, principe de la Conscience; 7) les Constellations, Nakshatra, où réside 8) la Lune, Soma, principe d'immortalité.
2 Rudras : les 11 Rudras sont un groupe de 5 abstractions (Ananda, la Félicité; Vijnana, la Connaissance; Manas, la Pensée; Prana, le souffle de vie; Vak, la Parole), des 5 aspects de Shiva (Ishana, le Gouverneur; Tat-Purusha, l'Âme suprême; Aghora, le le Non-terrifiant; Vamadeva, l'Adorable; Saydojata, le Procréateur rapide ou Né rapidement), et de l'Atman, le Soi.
Pour certains, les Rudras sont les Maruts, dieux des vents violents qui sèment la destruction. Il n'y a en fait guère d'unanimité sur les Rudras !
70. Médite également sur les douze Adityas (1) et Dhatri (2); aussi sur l'exclamation Vasat (3). Autour de tout ceci, trace un carré à trois lignes, entouré d'éclairs et de tridents.
1 Adityas : les 12 Principes Souverains majeurs des mondes humain et divin, fils d'Aditi, l'Étendue primordiale, et du Sage Kashyapa (Vision). Ce sont Mitra, « l'Amitié », Aryaman, « l'Honneur », Bhaga, « le Partage », Varuna, « la Loi divine », Daksha, « l'Art rituel », Amsha, « la Part des dieux, la Chance », Tvashtri, « le Façonneur, l'Industrie », Pushan, « le Nourricier, le Progrès », Vivasvat, « la Loi des ancêtres », Savitri, « le Vivifiant », Shakra, « le Puissant »,Vishnu, « l'Immanent, la Loi cosmique ». Cf. Glossaire pour plus ample information.
2 Dhatri : une divinité solaire mineure, fils d'Aditi, donc un Aditya. On l'invoque dans les sacrifices pour assurer la santé et la tranquillité du foyer.
3 Vasat : « Que vienne ... » - Invocation sacrificielle, après la récitation d'un hymne et avant de verser l'oblation dans le feu.
71. Munis-le de portes, orne-le des images du zodiaque et de serpents. Ainsi tu auras achevé le cercle magique.
72. Au-dessus de ses pôles et dans l'espace intermédiaire, inscris les deux mantras de Nrisimha et de Varaha (deux avatars de Vishnu). Par mantra de Nrisimha (l'Homme-Lion), on entend la syllabe-semence Kshraum, avec anushvara (cf. 68), résonance et puissance.
73. C'est ce mantra, connu sous le nom de Nrisimha, qui est utilisé pour annihiler les influences astrales. La syllabe-semence du mantra de Sukara, avec H, U, anushvara et résonance, est la lettre Hum.
Shlokas 74 à 81 : Le Malamantra, ou formule-guirlande de Rama, construite avec un alphabet mystique
74. Voici maintenant l'enseignement de la formule-guirlande de Rama.* Taro (Om) et Natih (namo) Nidrayah (bha-) Smritir (-ga) et Medas (-va), Kamika (-t),
* Les lettres mises entre parenthèses à la suite des noms mystiques qui vont être donnés ci-après, forment ensemble les 47 syllabes du Malamantra : “Om ! Namo Baghavate Raghunandayana, Rakshoghnavishadaya, Madhura-Prasanna-Vadanaya, Amitatejase, Valaya, Ramaya, Vishnave Namah ! Om !”
75. accolés à Rudra (-e), Vahnir (Ra-), Medha (-gh), orné d'Amara (-u), Dirgha (-na) avec Krura (-m), Hladini (-da). Puis vient Dirgha (-n) avec Manada (-a),
76. Kshudha (-ya), Krodhini (ra-), Amogha (-ksh), plus loin Vishvam (-o) suivi de Medha (-gh), puis les deux combinés, Dirgha (-na), Jvalini (v-) avec Sukshuma (-i), Mrityurupini (-sa),
77. puis Hladini (-d) avec Pratishtha (-a), Tvaj (-ya), Kshvelah (ma), Priti (-dh), Amara (-u), Jyotish (-ra), Tikshna (-p), puis Agni (-ra), Sveta (-sa) avec anushvara (-m),
78. puis le cinquième de Kamika (-na), puis Lantah (-va), puis Tantanta (-da), Dhanta (-n), Ananta (-a), et puis Vayu (-y), Dirgha (-a), Visha (-m) avec Sukshuma (-i);
79. Kamika (-ta), Kamika (-t), Rudra (-e); puis suivent Sthira (-ja), Sa (-s), E (-e), Tapini (va-), Bhur (-l), puis encore Dirgha (-a), Anilo (-ya), Nalo (r-), Nanta (-a),
80. puis Kala (-m) avec Narayana (-a), Prana (-ya), Ambhah (v-), puis Vidya (-i), Pita (-s) avec Rati (-na) et Lanta (-v), puis Yoni (-e), et à la fin Natih (Namah).
81(a). Tout ceci consiste en qualités primordiales de la matière (Gunas, cf. 14-15) et se termine par elles, et c'est là le mantra à quarante-sept syllabes.
Shlokas 81(b) à 84 : Glorification du Yantra
81(b)-82. Dans l'ordre décrit ci-dessus, inscris [ces 47 syllabes du mantra], pour en couronner Rama, dans ce diagramme tout-inclusif qu'ont glorifié les Sages d'autrefois (Rishis) et qui procure au fidèle la libération, fortifie sa santé et prolonge sa vie,
83. accorde des fils à celui qui était sans enfants; en un seul mot, par ce rite le devoir religieux (Dharma), ainsi que les trois autres buts de la vie (1) sont intégralement accomplis en un seul instant.
1 Purushartha : 1) opération de la pensée vers le Suprême; 2) les 4 buts de la vie humaine, à savoir: - dharma : devoir, droiture, vertu et religion, se résumant en la voie qui sera propice à l'évolution spirituelle maximale dans cette incarnation; - artha : l'acquisition de biens matériels; - kama : les plaisirs des sens; - moksha : la libération, ce dernier but étant considéré comme le plus noble, mais impliquant l'accomplissement préalable de dharma; 3) également synonyme de moksha, la libération, celle-ci étant le «but de la créature ».
84. Ainsi qu'une énigme voilant un sens très profond est difficile à percer même pour un dieu, le diagramme que nous venons de décrire ne doit pas être communiqué à un homme ordinaire !
Shlokas 85 à 91 : Exhortation à la dévotion envers Rama
85. Quel que soit en toi la proportion respective de chaque Guna, purifie les portes (1) et procède au rite de dévotion. Dans la posture du lotus ou tout autre posture, l'esprit serein, vénère ainsi qu'il le faut le siège du trône (2), en parcourant le dessous, le dessus, les côtés et la fleur de lotus centrale.
1 Ici il est difficile de décider s'il s'agit des 4 portes de la triple enceinte carrée du yantra (cf. shloka 71), ou des 9 portes du jiva : les 2 yeux, les 2 oreilles, les 2 narines, la bouche, le méat urinaire, l'anus. Mais on peut cumuler les deux significations...
2 Là aussi, on peut évoquer la partie centrale du yantra, où trône Rama, tout aussi bien que les 5 chakras principaux, à commencer par celui du cœur, l'anahata.
86. Fais l'offrande de ta vénération au Maître trônant sur un siège de perles, installé sur un tapis moelleux et doux; médite sur le siège qui soutient la Shakti (1), avec la tortue, le serpent, et la fleur de lotus de la terre.
1 Shakti : « puissance, pouvoir, énergie » - 1) Énergie créatrice représentant le pouvoir d'action de la conscience; 2) l’aspect féminin du Principe Cosmique, symbolisant sa puissance exécutive; 3) la Mère divine, considérée comme la force efficiente du Divin, déifiée comme l’épouse de Shiva. Cf. avriti ou avarana shakti et vikshepa shakti.
Ici, c'est de Kundalini Shakti qu'il s'agit, l’énergie cosmique divine, résidant en chaque jiva, sous la forme d’un serpent enroulé sur lui-même, à la base de la colonne vertébrale dans le muladhara chakra. Les 3 attributs qui suivent sont bien ceux de Kundalini.
87. Vénère Vighna (Qui renverse tous les obstacles), Durga (l'Invincible, la Grande Déesse), Kshetrapala (le Gardien du champ) et Vani, tout en chantant leur syllabe-semence, puis prosterne-toi devant le trône de Dharma (cf. 83) au sud-est (1), etc., et devant leurs opposés aux pôles (ou directions primaires).
1 Au sud-est, au sud-ouest, au nord-ouest et au nord-est, il convient de vénérer Dharma (Religion), Jnana (Connaissance), Vairagya (Détachement absolu) et Aishvarya (Souveraineté divine), puis aux pôles est, sud, ouest et nord, leurs opposés, à savoir Adharma (l'irréligion), Ajnana (l'ignorance), Avairagya (l'amour du désir), et Anaishvarya (l'assujettissement).
88. Au milieu du siège, visualise le Soleil, la Lune et le Feu, disposés l'un sur l'autre, et vénère-les au moyen du AUM; visualise également Rajas, Sattva et Tamas (les 3 Gunas) comme trois cercles à la suite l'un de l'autre, et vénère-les au moyen des syllabes-semences.
89. Dans les directions primaires et secondaires, vénère l'Atman (l'Âme), Antaratman (le Soi intérieur) et Paramatman (l'Âme suprême); dans la direction intérieure, vénère Jnanatman (l'Âme de pure Connaissance), et sur les côtés vénère Maya (l'Illusion cosmique), Vidya (le Savoir), Kala (le Temps) et ParaTattva (l'Esprit universel).
90. Dans l'unité immaculée et dans l'autre puissance [laquelle ?], invoque et vénère Rama, le Dieu suprême; adore-Le en tous Ses membres, en toutes Ses formes, et à travers la troupe dirigée par Hanuman, à travers la troupe dirigée par Dhrishti, à travers les gardiens du monde et leurs armes.
91. Adore-Le à travers les voyants de la suite de Vasistha, à travers les troupes de Nila. Avec tes offrandes de pâte de santal, convaincs Rama qu'Il est le premier en ton cœur; adule-Le par les meilleures et les plus diverses des offrandes, et régale-Le du doux murmure des mantras chantés selon les règles.
Shlokas 92 à 94 : Promesses à ceux qui vénèrent Rama de façon appropriée
92. Ainsi je rends gloire à Rama, qui est le soutien du monde, qui brandit la massue, le lotus, la conque et le disque, qui est Existence-Conscience-Félicité absolues (1), qui est victorieux de la vie dans le monde. Celui qui médite ainsi sur Lui parvient à la libération.
1 Sat Chit Ananda : « Existence-Conscience-Félicité absolues », la triple caractéristique de la Réalité absolue, Brahman; terme traduisant la nature du Nirguna Brahman (le Brahman sans attribut), adopté par la Shruti et considéré comme concept essentiel et ultime par la philosophie de l'Advaita Védanta... et, comme il apparaît ici-même, par la voie de la Bhakti tout aussi bien !
93. L'Omniprésent apparut en tant que fils de Raghu, et disparut autrefois avec sa conque, son disque, sa massue, son lotus, son identité de Rama, ses frères et sa suite, et sa ville-royaume, laquelle contenait en ces temps-là la totalité du monde.
94. Celui qui Le vénère de tout son cœur a la joie de voir tous ses désirs comblés et, à Sa suite, s'élève vers le séjour suprême. Celui qui récite, avec allégresse et piété, ce chant sacré, est purifié sur-le-champ et atteint à la libération.
Oui, celui qui le récite est purifié sur-le-champ et atteint à la libération.
II. Rama Uttara Tapaniya Upanishad
Om ! Que mon discours reflète et s'accorde à mon esprit;
Que mon esprit reflète mon discours.
Ô l'Unique, irradiant Ta propre splendeur, révèle-Toi à moi.
Que tous deux, discours et esprit, vous me transmettiez le Véda.
Que tout ce que j'ai entendu ne quitte jamais mon esprit.
Je réunirai et comblerai la différence entre le jour
Et la nuit, grâce à cette étude.
Je prononcerai ce qui est verbalement véridique;
Je prononcerai ce qui est mentalement véridique.
Puisse ce Brahman me protéger;
Puisse-t-Il protéger celui qui parle et enseigne, puisse-t-Il me protéger;
Puisse-t-Il protéger celui qui parle – Puisse-t-Il protéger celui qui parle.
Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !
I : Mourir à Avimukta, y recevoir le Mantra de la traversée (cf. Jabala Up.)
1. Brihaspati, le précepteur des dieux, demanda au sage Yajnavalkya : « Révèle-moi celui des sites sacrés (1) qui s'approche le plus du Kurukshetra (2), où les dieux accomplissent leur sacrifices à leurs semblables, et qui est le siège sur lequel Brahman réside en tout être vivant. » Yajnavalkya répondit : « En vérité, Avimukta (3) est le véritable Kurukshetra, le lieu où les dieux accomplissent des sacrifices, le siège sur lequel Brahman réside en tout être vivant.
Aussi, où qu'il aille, l'ascète Parivrajaka (4) doit se dire : Ici, en vérité, est l'authentique Kurukshetra, le lieu où les dieux accomplissent leurs sacrifices à leurs semblables et le siège sur lequel Brahman réside en tout être vivant. Car c'est ici que, lorsque les souffles vitaux quittent le mourant, Rudra (5) lui confie le mantra de la Traversée (Taraka Brahman mantra), en vertu duquel il acquiert l'immortalité et trouve sa délivrance dans la béatitude ultime. Aussi doit-on séjourner impérativement à Avimukta, et même ne jamais déserter ce lieu. » Brihaspati approuva la déclaration de Yajnavalkya : « Il en est bien ainsi, Yajnavalkya, c'est bel et bien la vérité, ô toi que nous révérons ! Oui, il en est bien ainsi ! »
1 Tirtha : site sacré, lieu de pèlerinage.
2 Kurukshetra : Nom d’une grande plaine près de Delhi où se déroula la bataille entre les Kauravas et les Pandavas, relatée dans le Mahabharata. Considérée depuis lors comme un lieu sacré, on l'appelle aussi le dharmakshetra, « le champ du dharma » et lieu de sacrifice (le dharma n'est-il pas un sacrifice ? C'est bien ce qu'enseigne Krishna à Arjuna, dans la fameuse Bhagavad Gita). L'esprit humain est comparé à ce champ de bataille où s’affrontent les pouvoirs du mal et du bien, l’intérêt personnel et le devoir.
3 Avimukta : « non libéré, non désentravé » , mais aussi « qui n'est jamais abandonné » . C'est le deuxième sens qui prédomine largement chez les commentateurs hindous contemporains, appuyé sur la longue tradition : Avimukta est un quartier parmi les ghats sacrés de Bénarès, la ville de Shiva, il commence à Kedar Ghat et se termine à Trilochana Ghat, et c'est le plus sacré de tous les tirthas de l'Inde ! Aussi le dieu ne l'abandonnera-t-il jamais, pas même durant un pralaya, dit-on ! Par extension, Avimukta désigne également l'aspect rédempteur de Shiva.
Attention ! Tout au long de cette Upanishad, les deux sens d'Avimukta fusionnent, et il faut de plus y ajouter une troisième donnée, l'espace inter-sourcilier correspondant au troisième œil.
4 Parivrajaka : moine errant, ou ascète itinérant, qui a renoncé même à se tenir près des lieux sacrés et s'engage dans une pérégrination perpétuelle. Cf. sannyasin.
5 Rudra : « le Rouge brillant, le Pleureur », de “-rud”: pleurer - Shiva sous son aspect destructeur, « Maître des puissances terrifiantes », lorsqu'il dissout les mondes au moment d'un pralaya, utilisant pour ce faire la force cosmique de réabsorption. Il est aussi, sous cet aspect, « le Seigneur des larmes », car ses manifestations épouvantent les humains, que ce soient des catastrophes naturelles, des maladies et épidémies, ou des deuils.
II : Om est le Taraka au sein du Rama Mantra
Un jour, le Sage Bharadvaja demanda au sage Yajnavalkya : « Quel est le mantra qui sauve, Taraka (1), et d'où provient son pouvoir salvateur ? »
1 Tara : « qui fait traverser » - 1) passeur; sauveur; 2) traversée; 3) bateau. N.P.C avec TARA : « l'Étoile », l'un des aspects de la Déesse, épouse de Brihaspati ou mère de Gautama le Bouddha.
Taraka Mantra : « Mantra de la traversée », du passage de la vie à la mort. Ce mantra est réservé à ceux qui meurent à Bénarès, la ville sainte du dieu Shiva, et c'est le dieu lui-même qui vient le communiquer à l'oreille du mourant, lui assurant ainsi immortalité et libération instantanée dans la félicité éternelle.
Yajnavalkya répondit : « Le mantra qui sauve est suivi par l'anushvara (sur le m) (cf. 68), le dirgha (prononciation longue sur le a) suivant l'anala (r), puis de nouveau le dirgha (sur le ra), suivis de Maya Namah, Chandraya Namah et Bhadraya Namah, qui – tous ensemble – forment le mantra de Rama : “Ram Ramaya Namas, Chandraya Namo, Bhadraya Namah” (Salutations à Ram Rama, le lunaire, le gracieux !)
La syllabe Om doit être vénérée comme représentant le son de Brahman, que l'on appelle aussi Sat Chit Ananda, Existence-Conscience-Félicité absolues.
La lettre A est son premier composant, U le second, M le troisième, la demi-mesure (ardha-matra) le quatrième, le point supérieur (bindu) le cinquième, et la réverbération sonore (nada) le sixième. Parce qu'il fait traverser*, le Om est donc appelé le Sauveur, et c'est lui qu'il faut considérer comme le Brahman qui donne le salut, le Brahman qu'il faut vénérer. Souviens-toi bien de ceci ! Parce qu'il libère de futurs cycles conception-naissance-vieillissement-mort dans la roue des naissances et des morts (Samsara) et de la grande peur (1), il est donc appelé le mantra qui sauve.
*non seulement le passage de la vie à la mort, mais aussi – durant la vie dans le corps – le voile des illusions tissé par Maya, l'attachement aux biens et plaisirs de ce monde, l'assujettissement karmique.
1 La quintuple peur : peur de rester à l'intérieur de l'utérus maternel, peur au moment de la naissance, peur de la maladie, peur de la vieillesse, peur de la mort.
Le brahmane (l'étudiant de Brahman) qui médite en permanence sur ce mantra salvateur est libéré de toute souillure, il est sauvé de la mort, du brahmanicide, de l'avortement, du meurtre d'un héros, du Samsara, il est sauvé de tout karma négatif. Il parvient à Avimukta, il devient un grand être et entre dans l'immortalité.
III : Élucidation du Om en rapport à l'avatarat de Rama et à Brahman
Émergeant de la lettre A,
Lakshmana est tel le Vishva (1).
Émergeant de la lettre U,
Shatrughna est tel le Taijasa (1).
Émergeant de la lettre M,
Bharata est tel le Prajna (1).
À la demi-mesure (ardha-matra), correspond Rama,
Incarnation de la félicité de Brahman.
Se blottissant étroitement contre Rama,
Agissant comme la dispensatrice de félicité sur le monde,
Créant, préservant puis dissolvant tous les êtres,
C'est Elle qu'il faut connaître :
Cette suprême Sita,
C'est Elle que l'on nomme Mula-Prakriti (2);
Et parce qu'Elle est le Pranava Om,
Les connaisseurs de Brahman l'appellent Prakriti.
1 Vishva : « tout, la totalité, l'univers » - 1) l'Esprit de l'univers manifesté, la Totalité universelle; 2) le maître de la conscience, correspondant à l'état de veille (jagrat), également appelé Vaishvanara.
Taijasa : « le Lumineux, l'Igné » - le Soi qui est le support du corps subtil manifesté dans l'état de rêve, svapna, ou la conscience subtile du jiva lorsqu'il rêve.
Prajna : 1) jugement et intelligence; 2) la sagesse, en tant qu'intelligence tout-inclusive; par extension, le Soi (Atman) tel qu'expérimenté dans le sommeil profond (sushupti); cf. Les quatre dimensions de la conscience; 3) la maîtrise de la Sagesse et de la Connaissance.
Ici donc, les quatre frères représentent les quatre dimensions de la conscience, Rama étant donc SarvaSakshi, le témoin de la Totalité. Cf. Glossaire pour plus ample information, entrée les Quatre dimensions de la conscience.
2 MulaPrakriti : la Nature primordiale, cause originelle de la Manifestation concrétisée du Plan du Mental cosmique. Cf. Avyakta, Pradhana.
Om ! Cette syllabe sacrée est l'univers dans sa totalité. En voici donc l'élucidation : passé, présent et futur, tout cela est la syllabe Om. De plus, tout ce qui se trouve au-delà des trois temps, cela encore est la syllabe Om. Tout cela en vérité est Brahman, mais Brahman est l'Atman, et cet Atman est quadruple.
L'Esprit de la Totalité universelle, Vaishvanara (ou Vishva) est présent dans l'état de veille, il perçoit le monde extérieur, il possède sept membres et dix-neuf bouches (1), il jouit du plan grossier [matériel et psychique], et il constitue le premier des quatre aspects.
1 Les 7 membres sont les 7 chakras principaux, ou centres d'énergie psychique, qui pourvoient à l'énergie nécessaire au développement et au fonctionnement des corps physique et psychique, ainsi qu'à leur expérimentation du monde environnant.
Les 19 ouvertures sont : — les 5 organes des sens (jnanendriyas) : les oreilles, la peau, les yeux, la langue et le nez;
— les 5 organes d'action (karmendriyas) : la voix ou organe de la parole, les mains, les pieds, l'anus et le sexe;
— les 5 souffles vitaux (pranas) : - prana : l’appropriation, l'ascension (inspiration); - apana : l’expulsion, la descente (expiration); - vyana : la distribution et la circulation (rétention du souffle); - udana : l’émission de sons; l'assimilation des énergies matérielles en énergies subtiles; le processus de désintégration à la mort physique; - samana : l’assimilation des énergies subtiles transformées par udana (digestion et métabolisme de la nourriture);
— les 4 constituants de l'organe interne ou antahkarana : buddhi, l'intellect; ahamkara, l'ego; manas, le mental instinctif, qui sont la triple expression de chitta, la conscience.
La lumière d'or, Taijasa, est présente dans l'état de rêve, elle perçoit le plan intérieur, elle possède aussi sept membres et dix-neuf bouches, elle jouit de perceptions sélectives, et elle constitue le second des quatre aspects.
L'état dans lequel l'être endormi ne fait plus l'expérience d'aucun désir et n'a plus aucune vision, est le sommeil profond. La conscience toute-connaissante, Prajna, est présente dans l'état de sommeil profond, elle fait retour à l'unité fondamentale, elle consiste uniquement en connaissance intégrale et félicité, elle jouit de la pure félicité, elle possède une unique bouche : la conscience, et elle constitue le troisième des quatre aspects.
Cette conscience de Prajna est la conscience-maîtresse, elle est omnisciente, elle est le guide intérieur, elle est le berceau de l'univers. Oui, elle est en vérité la création et la disparition de toutes les créatures.
Ce qui n'est ni la perception du plan intérieur ni celle du monde extérieur, ni une perception cumulée de ces deux plans, ce qui ne consiste pas en une connaissance intégrale, ce qui n'est ni conscience ni inconscience, ce qui est invisible, que l'on ne peut manier à sa guise, que l'on ne peut saisir, que l'on ne peut caractériser, que l'on ne peut nommer, mais qui établit l'être dans la certitude de son propre Soi, ce qui anéantit l'expansion de l'univers, ce qui est paisible, propice, sans second – cela est le dernier des quatre aspects. Cela est l'Atman qu'il faut réaliser.
Éternellement lumineux, libre de l'ignorance et de ses conséquences, étranger à toute dualité, ayant la forme de la félicité, base de la totalité, pure existence, éliminant nescience, obscurité et illusion – tel est l'Atman qui affranchit de toute entrave. « Je suis Lui », voilà la pensée qu'il faut entretenir; le mot “Je” signifie Om, Tat (Cela), Sat (l'Être absolu), l'essence de ParamBrahman (le Brahman suprême), l'essence de Ramachandra. Je suis Cela qui constitue l'Intelligence absolue, Je suis Om, Tat, Sat, Rama le Bienheureux (Ramabhadra), la Lumière suprême.
Il faut saisir l'Atman dans le mot “Je” et l'unir en esprit à Brahman.
Celui qui, en permanence et avec sincérité,
Perçoit cette vérité : “Je suis Rama”,
N'appartient désormais plus à la ronde des incarnations (Samsara),
Il est devenu Rama en personne.
Tel est l'enseignement secret; quiconque le connaît atteint à la libération. » Ainsi parla Yajnavalkya.
IV : Élucidation de l'Avimukta en tant qu'Ajna chakra (cf. Jabala Up.)
Par la suite, le sage Atri, fils de Brahma le Créateur, demanda à Yajnavalkya : — Cet Atman qui est infini et non-manifesté, comment puis-je le connaître ?
Yajnavalkya répondit :
— C'est dans l'Avimukta qu'il faut le vénérer ! Cet Atman qui est infini et non-manifesté, c'est dans dans l'Avimukta qu'on peut le trouver. »
— Mais où faut-il chercher cet Avimukta ?
— C'est entre Varana et Nasi (1) qu'il faut le chercher.
— Mais que sont exactement Varana et Nasi ?
— La Varana est ainsi nommée car elle fait écran (varayati) aux erreurs commises par les organes du corps [les 5 organes de perception et les 5 organes d'action correspondants – cf. jnanendriyas et karmendriyas]. La Nasi est ainsi nommée car elle détruit la totalité des actes négatifs commis par ces mêmes organes.
— Mais à quel endroit se trouve cet Avimukta ?
— Ici-même, à la jonction du nez et des sourcils. C'est aussi là que se fait la jonction entre le monde céleste et le monde suprême de Brahman. Aussi les connaisseurs du Brahman vénèrent-ils ce point de jonction à l'égal des points de jonction du jour, Sandhya (2). Car, ainsi qu'ils le savent, c'est en l'Avimukta qu'il faut vénérer l'Atman ! Celui qui connaît ainsi la nature véridique d'Avimukta, proclame sa connaissance comme étant elle aussi avimuktam, jamais oubliée, jamais abandonnée. »
1 Varana et Asi sont deux rivières qui encadrent Bénarès (Varana-asi) de part et d'autre, et en un certain point le Gange et le Varana mêlent leurs eaux. Mais ici, pour permettre le jeu de mots qui va suivre, entre varayati (fait écran) et nasayati (détruit), le nom Asi est falsifié en Nasi.
2 Sandhya : 1) heure crépusculaire; 2) rite des 2 crépuscules (aube et fin de jour), pratiqué comme jonction entre jour et nuit, où la récitation du Gayatri Mantra est requise. La jonction de midi, entre le matin et l'après-midi est souvent considérée comme un “crépuscule”. Plus couramment, sandhya désigne la prière du matin.
Et Yajnavalkya ajouta, sans en avoir été prié par Brihaspati :
« À Kashi (Varanasi), le mantra de Rama
Fut psalmodié par le dieu au taureau, Shiva,
Durant des milliers et des milliers d'ères de Manu,
Avec offrandes, prières et haute vénération.
Alors, charmé par ce culte, Rama, le Dieu saint,
S'adressa à Shiva-Shankara (« Dispensateur de la Félicité ») :
— Tu peux faire un vœu, n'importe lequel,
Je te l'accorderai, ô Dieu suprême !
Alors le dieu Shiva demanda à Rama, qui était Existence-Conscience-Félicité absolues (cf. I-92) :
— Quiconque meurt au bord du lac Manikarni,
Ou dans un de mes temples, ou sur les rives du Gange,
Accorde-lui la libération !
Il ne me reste plus rien à souhaiter.
Alors le Très-Haut Rama répondit :
— Ô Chef des dieux, quiconque meurt
En un lieu placé sous tes auspices,
Même s'il s'agit d'un vermisseau ou d'un hanneton,
Cet être-là jouira d'une libération instantanée.
Dans les idoles de pierre,
Je résiderai moi-même à jamais,
Afin d'apporter la libération à tous ceux qui se trouvent
À Avimukta, sur ton domaine.
Tout fidèle qui prononcera ce mantra
Et me vénèrera en cet endroit, Je le déclarerai
Vierge de tout acte négatif, ne te fais aucun souci,
Et cela, même si c'est un brahmanicide.
Que ce soit de toi ou de Brahma,
Quiconque recevra mon mantra à six syllabes,
Sera libéré de son vivant,
Et – une fois libéré – il ne fera plus qu'un avec moi.
Si tu murmures mon mantra
À l'oreille d'un homme, même au moment de sa mort,
Qui que puisse être cet homme,
Il sera instantanément libéré, ô Shiva !
Et celui qui, au surplus, voit de ses yeux cet Avimukta dont a parlé le Seigneur Ramachandra, détruit de ce simple fait les actes négatifs qui sont associés à son karma hérité de naissances antérieures. »
V : Glorification de Rama par Brahma
Alors Bharadvaja demanda à Yajnavalkya : « Quelles sont les formules sacrées de glorification de l'illustre Rama qui lui plaisent à ce point qu'Il se manifeste à son fidèle ? Je te prie de me le dire, ô vénérable Maître ! »
Yajnavalkya lui répondit : « Le dieu Brahma, qui reçut l'enseignement de l'illustre Rama, le glorifie en retour au moyen de l'hymne sacré qui suit.
Le grand Vishnu (1), Protecteur universel,
Seigneur du Non-Manifesté (2), libre de toute souffrance,
Qui ne connaît qu'une intégrale félicité,
Qui a pour essence la Lumière suprême,
Fut glorifié par le fidèle Brahma comme étant la Divinité suprême.
1 MahaVishnu : « Le grand Vishnu » est le Dieu suprême du Maha Tattva, l'Univers matériel, dont il est l'artisan créateur, le maître et le possesseur. C'est lui qui fournit l'énergie nécessaire à la création universelle, et c'est de lui qu'émanent les divers avatars. MahaVishnu est l'un des trois aspects majeurs de Vishnu, avec Garbhodakasayi Vishnu, qui est omnipénétrant et crée la diversité des formes et des mondes, et Kshirodakasayi Vishnu, qui est l'Âme suprême universelle, le Paramatman, présent jusque dans le moindre des atomes. « Seule la connaissance des 3 aspects de Vishnu permet la libération définitive des rêts de la matière », dit le Satvata Tantra.
2 Narayana : « Reposant sur les eaux », est l'aspect de Vishnu endormi, lors d'une résorption de l'univers (pralaya) en son état informel, l'Océan causal. Les restes de la manifestation se sont coagulés pour former le serpent Shesa, qui sert de couche au dieu, devenu « le Seigneur du Non-manifesté ». Dans d'autres contextes, en tant que nom de Brahma, Narayana signifie « Demeure du Savoir ».
Om ! L'illustre Ramachandra est le Dieu Très-Haut. ** Il est l'Atman non-duel, consistant en cette pure félicité du Brahman suprême**. Bhur Bhuvah Svah (1)! Salutations à Lui, salutations ! || 1||
** Cette formule va être répétée 47 fois, et la partie entre double astérisque est la variable. Seule cette partie variable est fournie ci-dessous. La version sanskrite est donnée ci-après.
1 Vyahriti : « énonciation, proclamation » - Paroles prononcées rituellement; proclamation du nom des 7 mondes (lokas), ou du mantra “Om Bhur Bhuvah Svah”, représentant respectivement la Terre, l'Atmosphère (ou monde intermédiaire) et les Cieux.
Il est l'Âme suprême (Atman), plénitude indivise. || 2||
Il est le Nectar de félicité (Amrita) du bienheureux Brahma. || 3||
Il est le Brahman salvateur. || 4||
Il est Brahma, Vishnu, Ishvara, le Seigneur suprême, l'âme des Védas . || 5||
Il est l'ensemble de tous les Védas, avec toutes ses parties, ses branches et les Puranas || 6||
II est l’Âme suprême inhérente, qui réside à l’intérieur de l'homme. || 7||
Il est l’Âme suprême inhérente, qui réside à l’intérieur des êtres vivants. || 8||
Il est tous les êtres supérieurs : dieux, Asuras et humains. || 9||
Il est l'avatar de Matsya, le Poisson, et de Kurma, la Tortue || 10||
Il est l'organe interne (Antakharana), et ses quatre constituants || 11||
Il est le Prana, l'énergie vitale. || 12||
Il est Yama, le dieu de la Mort. || 13||
Il est le Destructeur. || 14||
Il est Mrityu, la mort. || 15||
Il est l'Immortalité (Amrita). || 16||
Il est les cinq grands principes élémentaires (Maha Bhutas). || 17||
Il est l’Âme des êtres mobiles et immobiles. || 18||
Il est les cinq feux. || 19||
Il est les sept Vyahritis (proclamation des 7 mondes). || 20||
Il est la Connaissance (Vidya). || 21||
Il est Sarasvati, déesse de la Parole. || 22||
Il est Lakshmi, déesse de la Fortune. || 23||
Il est Gauri, la déesse dorée .|| 24||
Il est Janaki, la fille de Janaka (Sita). || 25||
Il est les trois mondes, Triloka. || 26||
Il est Surya, le Soleil. || 27||
Il est Soma, la Lune. || 28||
Il est le firmament étoilé. || 29||
Il est les neufs planètes. || 30||
Il est les huit Gardiens de l'espace. || 31||
Il est les huit Vasus, les sphères d'existence. || 32||
Il est les onze Rudras. || 33||
Il est les douze Adityas, les Principes souverains. || 34||
Il est les trois temps, passé, présent et futur. || 35||
Il est Celui qui emplit de part en part l'Œuf de Brahma (l'univers). || 36||
Il est l'Embryon d'or, Hiranyagarbha. || 37||
Il est la Matière universelle, Prakriti. || 38||
Il est la syllabe Om. || 39||
Il est les trois pieds et demi du Om. || 40||
Il est l'Être suprême, Parama Purusha. || 41||
Il est le Seigneur suprême, Maheshvara. || 42||
Il est le Grand Dieu, Mahadeva. || 43||
Il est le grand mantra Om Namo Bhagavate Vasudevaya. || 44||
Il est le Très-Haut Vishnu, MahaVishnu. || 45||
Il est l'Âme universelle, Paramatman. || 46||
Il est l'Âme de la Connaissance, Vijnanatman. || 47||
Om ! L'illustre Ramachandra est le Dieu Très-Haut. Il est l'Atman non-duel, consistant en cette pure félicité du Brahman suprême. Bhur Bhuvah Svah ! Salutations à Lui, salutations !
Om yo ha vai shriramacandrah sa bhagavanadvaitaparamananda
atma yatparam brahma bhurbhuvah suvastasmai vai namo namah || 1||
yatha prathamamantroktavadyantau tatha sarvamantresu jnatavyau ||
yascakhandaikarasatma || 2|| yacca brahmanandamrtam || 3||
yattarakam brahma || 4|| yo brahma visnurmahesvaro yah sarvadevatma || 5||
ye sarve vedah sangah sasakhah setihasapuranah || 6||
yo jivantaratma || 7|| yah sarvabhutantaratma || 8||
ye devasuramanusyadibhavah || 9|| ye matsyakurmadyavatarah || 10||
yo'ntahkaranacatustayatma || 11|| yasca pranah || 12||
yasca yamah || 13|| yascantakah || 14|| yasca mrtyuh || 15||
yaccamrtam || 16|| yani ca pancamahabhutani || 17||
yah sthavarajangamatma || 18|| ye pancagnayah || 19||
yah sapta mahavyahrtayah || 20|| ya vidya || 21||
ya sarasvati || 22|| ya laksmih || 23|| ya gauri || 24||
ya janaki || 25|| yacca trailokyam || 26|| yah suryah || 27||
yah somah || 28|| yani ca naksatrani || 29|| ye ca nava grahah || 30||
ye castau lokapalah || 31|| ye castau vasavah || 32||
ye caikadasa rudrah || 33|| ye ca dvadisadityah || 34||
yacca bhutam bhavyam bhavisyat || 35||
yadbrahmandasya bahirvyaptam || 36|| yo hiranyagarbhah || 37||
ya prakrtih || 38|| yasconkarah || 39||
yascatasro'rdhamatrah || 40|| yah paramapurusah || 41||
yasca mahesvarah || 42|| yasca mahadevah || 43||
ya om namo bhagavate vasudevaya || 44|| yo mahavisnuh || 45||
yah paramatma || 46|| yo vijnanatma || 47||
Om yo ha vai shriramacandrah sa bhagavanadvaitaparamananda atma |
Le divin Rama prend plaisir à entendre le connaisseur de Brahman glorifier à tout moment la Divinité suprême au moyen de cet hymne aux quarante-sept noms. Par conséquent, quiconque glorifie à tout moment la Divinité suprême au moyen de cet hymne, obtient la vision du divin Rama et parvient à l'immortalité. Oui, il parvient à l'immortalité !
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
Puissions-nous voir de nos propres yeux ce qui est propice,
Ô Vous, dignes de vénération !
Puissions-nous jouir de notre vie jusqu'au terme alloué par les Dieux,
leur adressant des louanges, avec notre corps bien ferme sur ses membres !
Qu'Indra le glorieux nous bénisse !
Que Surya (le Soleil) omniscient nous bénisse !
Que Garuda, le tonnerre qui foudroie le mal, nous bénisse !
Que Brihaspati nous octroie le bien-être !
Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !
Ici se termine la Rama-Tapaniyopanishad, appartenant à l'Atharva Véda.

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