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UPANISHADS MAJEURES Isha(vasya) Upanishad
Première Upanishad du canon Muktika, appartenant au Shukla Yajur Véda et classée comme Upanishad majeure. Cette magnifique Upanishad, très brève et dense, est si connue, si souvent traduite, qu'il n'est guère besoin de la présenter. Cette prière énigmatique qui cumule les paradoxes procède autant du Karma Yoga que du Bhakti Yoga, et dans sa forme concise et poétique, elle résume l'essentiel du Védanta. Que chacun, s'il le souhaite, l'apprivoise par lui-même, et la laisse déployer ses harmoniques, en fonction de ses connaissances et de son expérience propre. Om ! Cela est plénitude; ceci est plénitude;
1. Om ! Que tout ce qui existe soit revêtu d'Isha, le Seigneur, ainsi que tout être qui se meut à la surface de la terre ! Celui qui renonce à tout jouit authentiquement de tout. Ne convoite pas les biens d'autrui. 2. Que l'homme souhaite vivre cent ans tout en poursuivant ses œuvres ! Car dans cet esprit, l'action ne lie pas son auteur. Il n'est nulle autre voie que celle-ci. 3. En vérité, démonique (Asuras) est ce monde que recouvre une obscurité aveuglante ! C'est là que vont à leur mort ceux qui ont tué* le Soi (Atman).
4. Cela* est l'Un, immobile et cependant plus rapide que la pensée. Les dieux ne peuvent l'atteindre, il court toujours loin devant. Immobile, il dépasse tous ceux qui courent. En Lui, Matarishva, le dieu du vent, mène ses œuvres.
5. Il se meut et il est immobile ! Il est lointain et il est proche ! Il est à l'intérieur de tout et il est à l'extérieur de tout ! 6. Celui qui perçoit tous les êtres en son propre Soi et son propre Soi en tous les êtres, ne peut ressentir d'inimitié pour quiconque. 7. Quand un homme a réalisé que tous les êtres sont son propre Soi, quelle illusion peut subsister, ou quelle souffrance, en lui qui perçoit l'unicité ? 8. Cela s'est répandu partout, sans corps ni articulations*, pur, lumineux, invulnérable, sans imperfections. Cela est le Voyant, le Seigneur de la pensée, transcendant et existant par soi-même (svayambhu). Cela a assigné aux existants leurs natures et leurs rôles depuis l'infinité des temps.
9. Ceux qui cultivent l'ignorance (avidya) se dirigent vers une profonde obscurité. Mais vers une obscurité encore plus intense se dirigent ceux qui se vouent à la Connaissance (Vidya). 10. Cela est différent de ce à quoi mène la Connaissance, et différent de ce à quoi mène l'ignorance ! Tel est l'enseignement qui nous a été transmis, doctrine des Voyants d'autrefois. 11. Celui qui possède à la fois la Connaissance et l'ignorance transcende la mort grâce à l'ignorance et parvient à l'immortalité grâce à la Connaissance. 12. En de profondes ténèbres entre celui qui croit que le devenir n'est rien; mais en des ténèbres encore plus épaisses entre celui qui croit que le devenir est tout. 13. Cela est autre que le devenir, et Cela est autre que le non-devenir. Tel est l'enseignement qui nous a été transmis, doctrine des Voyants d'autrefois. 14. Celui qui connaît à la fois le devenir et le non-devenir transcende la mort grâce au devenir et parvient à l'immortalité grâce au non-devenir. 15. C'est par un masque d'or pur qu'est recouverte la face de la vérité. Ô Soleil nourricier (Pushan), dévoile cette face pour moi, fais-la connaître à celui qui est fidèle à la loi de Vérité (satyadharma) ! 16. Ô Père nourricier, unique Voyant, ô Mort, ô Soleil, fils de Prajapati, rassemble les rayons que tu as projetés, puis libère ta splendeur ! Que je voie ta forme admirable ! Car lui, le Purusha* qui réside en ton orbe, je le suis aussi.
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