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Deux princes visitant un ascète - env. 1650 - Berkeley Art Museum, États-Unis
UPANISHADS GÉNÉRALES
Shuka Rahasya Upanishad
Upanishad de la Doctrine secrète de Shuka
Traduite et annotée par M. Buttex
D'après la version anglaise du Dr. A. G. Krishna Warrier
Publiée par The Theosophical Publishing House, Madras
Note préliminaire : SHUKA : « perroquet » - Shuka ou Shukadeva Goswami fut “le récitant, le narrateur” (plutôt que le perroquet) qui transmit plusieurs œuvres monumentales – en taille et en importance ! – à ses contemporains de l'Inde des temps mythiques : le Mahabharata, le Bhagavata Purana (considéré couramment comme “le cinquième Véda”) ainsi que d'autres Puranas associés au culte de Vishnu. Fils de Vyasa, le Compilateur, qui devint l'un des sept Voyants immortels après avoir rédigé la totalité des Védas, il tenait de son père l'apprentissage précoce et parfait de ces œuvres rédigées par son père. Ascète lumineux, il garda toute sa vie la jeunesse et la beauté d'un adolescent de seize ans; Brihaspati, le précepteur des dieux, fut son autre instructeur, et il recueillit une partie du Bhagavata Purana de la bouche-même du dieu Brahma.
Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux !
Puisse-t-Il nous nourrir tous deux !
Puissions-nous travailler conjointement avec une grande énergie,
Que notre étude soit vigoureuse et porte fruit;
Que nous ne nous disputions pas, et que nous ne haïssions personne.
Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !
1-19. Nous allons maintenant exposer la doctrine secrète. Les sages divins rendirent hommage à Brahma et lui demandèrent : « Ô Vénérable Seigneur, parle-nous de la doctrine secrète. » Brahma leur répondit : « Autrefois, Vyasa, le trésor de tous les Védas (1), demanda au dieu Shiva : Ô Maître de la grande Sagesse, Toi qui as fait vœu de briser les chaînes de la servitude, écoute : le temps est venu de donner l'initiation à mon fils Shuka, de l'introduire au sacrement du Véda.
1 Vyasa : « le Compilateur » - Vyasa, également nommé Véda Vasya (“le séparateur du Véda”), fut le Scribe divin qui délivra le Véda aux humains à l'orée de ce Manvantara, ainsi que les autres œuvres majeures et monumentales de l'hindouisme, tels les dix-huit Puranas majeurs, les Brahma Sutras, et le Mahabharata. C'est lui qui fut chargé, vers la fin du Dvapara Yuga (l'âge d'airain) de scinder le Véda, texte unique, en quatre Védas, afin de se mettre au niveau de compréhension et d'intégration nettement affaibli de l'humanité incarnée durant le Kali Yuga actuel (l'âge de fer). On dit qu'il devint l'un des sept Immortels, en vertu du travail immense qu'il accomplit; mais plus exactement, le Shiva Purana explique qu'il est un des avatars récurrents de Vishnu, qui revient à chaque Dvapara Yuga pour accomplir la mission de mettre l'enseignement spirituel au niveau de l'humanité qui va suivre, celle du Kali Yuga. Vingt-huit fois déjà, le dieu s'est incarné en tant que Véda Vasya.
Shiva répondit : « Quand je lui aurai conféré l'initiation du Brahman unique, ton fils s'en ira de lui-même, en possession du détachement. »
Vyasa dit encore : « Qu'il en soit ainsi ! Après la cérémonie d'Upanayana (2), lorsque la connaissance de Brahman lui aura été conférée, puisse alors mon fils parvenir rapidement à l'omniscience et obtenir les quatre types de libération (3).
2 Upanayana : « Introduction, initiation » - Cérémonie d'initiation aux études des Védas sous la direction d'un précepteur (guru), incluant l'investiture du cordon sacré (yajnopavita), qui marque l'entrée dans l'une des trois castes supérieures. L'upanayana est accordée aux jeunes garçons (et filles, jusqu'à l'époque moderne) entre 8-16 ans pour les brahmanes, 11-22 ans pour les kshatriyas, et 12-24 ans pour les vaishyas. Ce rite symbolise une seconde naissance, celle de l'entité spirituelle, et l'initié est désormais un “deux-fois né” (dvija). Dans l'hindouisme traditionnel, l'instruction védique des filles était considéré comme une indispensable préparation au mariage et à leurs responsabilités sociales.
3 Les quatre états de libération : Salokya-Adi-Chatu-Shtaya : Ce sont samipiya, la proximité de la Divinité, salyoka, la présence de la Divinité, sarupya, l'identité en la Divinité, et sayujya, l'absorption en la Divinité.
Agréant cette requête, Shiva regagna son siège divin pour donner un enseignement. Shuka le bienheureux s'approcha de lui avec vénération, reçut l'initiation du Pranava Om, puis adressa la parole à Shiva.
Shuka dit : « Ô Toi, le premier parmi les dieux, l'omniscient, sois satisfait. Le Brahman suprême, dont l'essence se trouve en la syllabe Om, m'a été révélé. Le sens occulte des maximes védiques (4), notamment le “Toi aussi, tu es Cela”, voilà ce que je souhaite entendre. »
4 MahaVakyas : les grandes maximes védiques; quatre d'entre elles contiennent l'essence de la sagesse des Védas. Ce sont : « TAT TVAM ASI » (Toi aussi, tu es Cela); « AYAM ATMA BRAHMA » (Ce Soi est Brahman); « PRAJNANAM BRAHMA » (La conscience est Brahman), et « AHAM BRAHMASMI » (Je suis Brahman).
Shiva lui répondit : « Sage requête, ô Trésor de connaissance ! Tu as demandé ce qui est digne d'être désiré, le mystère même des textes védiques, que l'on appelle la doctrine secrète, avec ses six parties, dont la connaissance assure une libération immédiate. On ne doit pas enseigner ces textes sans les six parties. Tout comme les Upanishads sont la couronne des Védas, cette Rahasya est la couronne des Upanishads. Pour le sage qui médite sur Brahman, les visites aux lieux sacrés, les rites védiques et les mantras sont devenus inutiles. On s'assure le gain de cent années de vie en méditant sur le sens des textes majeurs. Le même gain est assuré en récitant cette Upanishad une seule fois.
20. Om ! De ce mantra, Hamsa est le Rishi, la Gayatri non-manifestée est le mètre, la déité est Paramahamsa, Hamsa est la lettre-semence, le Sama Véda est le pouvoir. “Je suis Lui, So’ham” est le pivot. On l'utilise dans les contextes où l'on récite les textes majeurs pour s'assurer la grâce de l'Âme suprême, Paramahamsa.
“Vérité, Connaissance et Infinité, tel est Brahman” — Prosternation devant les pouces.
“Félicité éternelle, tel est Brahman” — Svaha (5) devant les index.
“Joie éternelle, tel est Brahman” — Vasat devant les majeurs.
“Cela qui est plénitude” — Hum devant les annulaires.
“Seigneur de plénitude” — Vasat devant les auriculaires.
“Un et non-duel, tel est Brahman” — Phat devant les paumes et les dos des mains.
“Vérité, Connaissance et Infinité, tel est Brahman” — Phat devant l'intérieur et l'extérieur des paumes.
“Vérité, Connaissance et Infinité, tel est Brahman” — Prosternation au plus profond du cœur.
“Félicité éternelle, tel est Brahman” — Svaha à la tête — Vasat à la touffe sacrificielle.
“Cela qui est plénitude” — Hum à l'amulette de protection – Vausat aux trois yeux.
“Un et non-duel, tel est Brahman” — Phat à l'arme secrète.
La terre, la région des ancêtres, les cieux, Om, tels sont les mondes.
5 Svaha : « Salut ! Hommage ! » - Exclamation consacrée lors d'une oblation au Feu sacré.
Vasat : « Que vienne ... » - Invocation sacrificielle, après la récitation d'un hymne et avant de verser l'oblation dans le feu.
21-22. Méditation : Je m'incline devant le noble Maître, qui est au-delà du devenir et des trois attributs de l'énergie universelle (Gunas), qui est Un, éternel, saint, témoin de la toute-connaissance, qui donne la félicité, qui réside au-delà du monde, semblable à l'espace, et qui est le but des enseignements majeurs.
Les quatre maximes augustes sont les suivantes :
(1) « PRAJNANAM BRAHMA » (La conscience est Brahman)
(2) « AHAM BRAHMASMI » (Je suis Brahman)
(3) « TAT TVAM ASI » (Toi aussi, tu es Cela)
(4) « AYAM ATMA BRAHMA » (Ce Soi est Brahman).
Celui qui récite cette profession d'identité se libère par identification au Brahman.
23-24. De cette grande incantation qu'est Tat, Hamsa est le Rishi, la Gayatri non-manifestée est le mètre, la déité est Paramahamsa, Hamsa est la lettre-semence, le Sama Véda est le pouvoir. “Je suis Lui, So’ham” est le pivot. Son application est la méditation en vue de la libération.
Prosternation devant les pouces, à cet aspirant. Svaha à Ishana (6), avec les index; Vasat à Aghora, avec les majeurs; Hum à Sadyojata, avec les annulairs; Vausat à Vamadeva, avec les auriculaires; Phat à cet esprit, Ishana, Aghora, etc.
Méditation : Il faut méditer sur cette lumière étincelante en tant que la connaissance et ses objets, et sur ce qui se trouve au-delà d'eux, sur Cela qui est immaculé, pleinement éveillé, libre et immortel.
6 Pancha Brahman : Cinq est le nombre sacré qui caractérise Shiva, le dieu aux cinq pouvoirs, aux cinq visages, au mantra à 5 lettres, le Namah Shivaye ou Panchakshara... Et cinq sont les mantras qui constituent le corps du dieu, correspondant aux cinq formes qu'il incarne : Ishana, Tat-Purusha, Aghora, Vamadeva et Sadyojata, lesquelles correspondent aux 5 éléments (bhuta), aux 5 organes de perception (jnanendriya), aux 5 organes d'action (karmendriya) et aux 4 parties de l'organe interne (antahkarana) + le Purusha... et bien sûr aux cinq pouvoirs ou activités cosmiques (panchakritya) du dieu aux cinq visages : à Brahma correspond Sadyojata (création), à Vishnu correspond Vamadeva (préservation), à Rudra correspond Aghora (résorption), à Maheshvara correspond Tat-Purusha (obscuration) et à Sadashiva correspond Ishana (révélation). Cf. diagramme PanchaBrahman. Cf. également Maha Nayarana Up., XVII-XXI.
25-26. De cette grande incantation qu'est Tvam, Vishnu est le voyant, la Gayatri est le mètre, l'Atman suprême est la déité, Aim est la lettre-semence, Klim est le pouvoir, Sauh est le pivot. Son application est la répétition mantrique (Japa) en vue de la libération.
Prosternation devant Vasudeva (7), avec les pouces. Svaha à Samkarshana (8), avec les index; Vasat à Pradyumna, avec les majeurs; Hum à Aniruddha, avec les annulaires; Vausat à Vasudeva, avec les auriculaires; Phat à Vasudeva, etc.
Méditation : J'adore le mot Tvam (Tu) qui dénote l'état d'âme individuelle (Jiva), qui se trouve en toutes les créatures vivantes, en tout lieu, sous une forme universelle, et qui régit le mental et le sens de l'ego (Manas et Ahamkara).
7 Vasudeva : « Celui qui demeure en toute chose » - la Divinité universelle; l’un des noms de Vishnu. Par rapport à la créature humaine (jiva), Vasudeva est non seulement “Celui qui demeure en tous”, il est aussi “Celui qui fait tous demeurer en Lui”. Également le nom du père physique de Krishna (le 8ème avatar de Vishnu), considéré comme un avatar de cet aspect de la Divinité.
8 Vasudeva, Samkarshana, Pradyumna et Aniruddha sont les quatre avatars du Purusha, l'Homme cosmique, qui se manifestèrent en tant que membres de la famille et des descendants de Krishna.
27. Pour Asi, Manas, le Mental cosmique, est le voyant, la Gayatri est le mètre, Ardhanarishvara (9) est la déité, Avyakta est la lettre-semence, Nrisimha est le pouvoir, l'Atman suprême est le pivot. Son application est la répétition mantrique (Japa) en vue de l'identification de l'âme individuelle à l'Atman.
Prosternation devant la Terre, avec les pouces. Svaha à l'Eau, avec les index; Vasat au Feu, avec les majeurs; Hum à l'Air, avec les annulaires; Vausat à l'Éther (Akasha), avec les auriculaires; Phat à la Terre, devant les paumes et les dos des mains. Également pour la consécration du cœur. Bhuh, Bhuvah, Svah, Om ! Ainsi, les directions de l'espace sont incorporées.
9 ArdhanarIshvara : « le Seigneur à moitié femme » - Shiva est la Totalité originelle, et son énergie créatrice, Shakti, est inséparable de lui. Ensemble, ils forment une unité androgyne, Ardhanarishvara.
Avyakta : « invisible, indécelable » - le non-développé; le non-manifesté, l’Indifférencié; l’état causal. Dans cet état, les trois gunas sont en équilibre parfait. Synonyme de Prakriti, la Nature primordiale dans le Samkhya, mais à l'état de virtualité germinative, et non de matérialisation accomplie.
Narasimha ou Nrisimha - (Nara = homme, simha = lion) : l’Homme-Lion, la 4ème incarnation (cf. avatar) de Vishnu est, avec Rama et Krishna, une manifestation divine complète (Purnavatara) de Vishnu, dans laquelle il extériorise la totalité de sa Personne divine. Narasimha se manifesta dans le Satya Yuga, l'Âge de Vérité ou Âge d'Or, pour détruire le démon Hiranyakashipu, dont la puissance devenait un danger pour les dieux dans l'éternel conflit Devas-Asuras, dieux et anti-dieux). Cf. Hiranyakasha.
28-29. Méditation : Il faut méditer sur Asi, qui signifie “Tu es”, en s'efforçant de fusionner l'âme individuelle en Tat, Cela (10), aussi longtemps que le mental peut maintenir sa concentration.
Tels sont les six membres de la doctrine secrète, tels qu'exposés dans les textes majeurs.
10 Tat : « Cela » – L’Absolu dont on ne peut rien dire, sinon que Lui seul est, en vérité; le principe transcendant et infini, qui est Vérité, connaissable par la seule expérience intime.
30-38. Et maintenant, en accord avec la classification des enseignements secrets, voici les versets éclairant cette doctrine.
La conscience (Prajnana) est ce qui voit, entend, sent et se rend compte de tous les objets de ce monde, agréables ou déplaisants; elle est ce qui connait. Chez le dieu aux quatre visages, Brahma, chez Indra et chez les autres divinités, chez les hommes, les chevaux, les vaches, etc, l'esprit est l'unique Brahman — donc, en moi aussi, la conscience est Brahman. L'être qui réside en ce corps est le témoin de ce qui se passe dans l'intellect, et il se nomme le Moi. L'Être de plénitude est décrit comme étant Brahman, et c'est à Lui que se réfère le sentiment d'être Je (Asmi). Donc, je suis Brahman. L'Être, l'Un sans second, qui n'avait ni nom ni forme avant la création et n'en possède pas plus maintenant, est appelé Tat, Cela. L'être nommé Tu (Tvam) est ici au-delà des sens, on doit le comprendre comme étant l'Un. Il faut faire l'expérience de cette unicité. Le soi intérieur, de l'ego au corps, est appelé Celui-ci (Ayam), car il est lumineux par soi-même, car il est la réalité intime. La nature authentique de l'univers est exprimée dans toute sa visibilité par le mot Brahman.
39. J'étais comme dans un rêve, sous l'illusion du Je et du Mien, car la vision de l'esprit me faisait défaut. Mais j'ai été éveillé lorsque le soleil de ma nature réelle s'est levé, grâce aux textes majeurs qui ont éveillé ma claire perception.
40-42. Le sens est double : l'explicite et l'implicite. Dans la maxime “Tat Tvam Asi”, le sens explicite est élémentaire, et le sens implicite est le suivant : Il (Lui) est exprimé dans Tu (Tvam); dans le mot Tat, le sens explicite est la divinité, le sens implicite est cet Être suprême qui est Existence-Conscience-Félicité absolues (Sat Chit Ananda); Asi (“Tu es”) établit leur identité fondamentale (entre Tat et Tvam). Tvam et Tat représentent l'effet et la cause, respectivement, lorsque Asi leur est adjoint; sinon, ils sont tous deux le même état homogène, Sat Chit Ananda. C'est dans un temps et un espace séparés que l'identité individuelle se fait jour, tout comme ici-bas, ce qu'exprime la pensée courante “Celui-là, c'est Devadatta (ou Pierre, Paul ou Jean)”.
L'âme individuelle (Jiva) possède comme attribut l'effet, la cause étant l'attribut d'Isha, le Seigneur; lorsque ces deux attributs sont supprimés, seule demeure la pure Connaissance (Jnana).
43-45. Il faut d'abord entendre cette doctrine de la bouche de son maître, puis y réfléchir et méditer profondément – et la connaissance plénière en résultera. Biens d'autres savoirs vont sûrement disparaître de notre esprit, mais la connaissance de Brahman mènera infailliblement à Brahman. Le maître doit instruire son disciple en lui montrant les gestes qui accompagnent cette Upanishad, pas seulement par les mots. »
46-53. Le Seigneur Shiva reprit : « Ò Shuka, ainsi instruit par moi sur la requête de ton père Vyasa, tu seras bientôt libéré de ton vivant (Jivanmukta). »
Le son qui est émis au début d'un Véda, c'est Parameshvara (11).
11 Parameshvara : « Le Seigneur suprême; l'Âme Primordiale » - La troisième des trois perfections qu'incarne Shiva : le Suprême Mahadeva, Shiva-Shakti, Père-Mère de l'univers. Incarnant cette perfection, Shiva est alors une personne divine, à la fois Père-Mère, dotée d'un corps complet, qui agit, veut, bénit, apparaît (cf. darshana), guide, crée, protège, réabsorbe en détruisant, obscurcit ou illumine... La notion d'Âme Primordiale, Paramapurusha, indique que Parameshvara est l'Âme originelle, incréée, créatrice de toutes les autres âmes. Les Écritures associent à Parameshvara bien d'autres aspects et épithètes, notamment celles dénotant les cinq actes démiurgiques : Sadashiva, le Révélateur; Maheshvara, l'Obscurcisseur; Brahma, le Créateur; Vishnu, le Protecteur; et Rudra, le Destructeur.
Après avoir reçu l'enseignement de Shiva, Shuka se fondit en l'univers; il se releva, se prosterna devant Shiva, se défit de toutes ses possessions et prit la route comme s'il nageait dans l'océan de l'esprit universel. Vyasa, voyant son fils prendre la voie du renoncement, se mit à le suivre en l'appelant, affecté par la séparation. Le monde entier lui fit écho. Entendant cet écho, Vyasa fut submergé de joie, et son fils aussi.
Quiconque est instruit de cette doctrine secrète par faveur spéciale de son maître sera purifié de tous ses actes négatifs et jouira de l'état de libération. »
Telles furent les paroles de Brahma.
Ainsi s'achève cette Upanishad.
Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux !
Puisse-t-Il nous nourrir tous deux !
Puissions-nous travailler conjointement avec une grande énergie,
Que notre étude soit vigoureuse et porte fruit;
Que nous ne nous disputions pas, et que nous ne haïssions personne.
Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !
Ici se termine la Sukarahasyopanishad, appartenant au Krishna Yajur Véda.

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