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UPANISHADS MAJEURES
Mundaka Upanishad Upanishad des "Crânes rasés"
Notes préliminaires : MUNDA — ou MUNDAKA — signifie « crâne rasé, tête chauve », et dérive de mund, raser la tête. Se dit aussi d'un arbre élagué, ou d'un crâne de squelette. MUNDAMALA est ainsi la guirlande de crânes qu'arbore Yama, le dieu de la Mort, ou les guirlandes de têtes coupées que portent d'autres divinités, notamment Kali la sanguinaire.
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
I-i-1: Om ! Brahma, le créateur de l'Univers et le protecteur des mondes, fut le premier d'entre les dieux à Se manifester. À Son fils aîné, Atharva, Il confia cette Connaissance de Brahman (1), qui est la base de tout le savoir.
I-i-2: La Connaissance de Brahman que Brahma confia à Atharva, celui-ci la transmit à Angir, dans les temps anciens. Angir la transmit à Satyavaha, de la lignée de Bharadvaja. Ce dernier donna à son tour à Angiras cette Connaissance, qui s'est ainsi communiquée par succession, des plus vénérables aux plus humbles. I-i-3: Shaunaka, un maître de maison d'excellente réputation, étant venu trouver Angiras, s'approcha de lui selon les formes, et lui demanda : « Ô, Seigneur bien-aimé, quelle est cette Connaissance dont l'acquisition donne la clef de tout savoir ? » I-i-4: Angiras lui répondit : « Deux sortes de connaissance doivent être acquises – la supérieure et l'inférieure; c'est – selon la Tradition - ce qu'affirment les connaisseurs éminents des Védas. I-i-5: Cette connaissance inférieure comprend le Rig Véda, le Yajur Véda, le Sama Véda, l'Atharva Véda, la science de la prononciation, etc., les codes de rituels, la grammaire, l'étymologie, la versification et l'astrologie. Puis, il y a la Connaissance supérieure, par laquelle on atteint à cet Impérissable, Brahman. I-i-6: Grâce à Elle, le sage réalise en tout lieu Cela qui ne peut être perçu ou saisi, qui n'a ni origine, ni visage, ni yeux, ni oreilles, ni mains, ni pieds; Cela qui est éternel, multiforme, omnipénétrant, d'une extrême subtilité, qui ne peut diminuer, et qui est la source de tous les existants. I-i-7: De même qu'une araignée tisse et rétracte sa toile, de même que sur la terre poussent herbes et arbres, et de même que sur un homme vivant croît le système pileux, ainsi de l'Impérissable a émergé l'Univers qui nous entoure, manifesté à travers cette création phénoménale. I-i-8: C'est par la connaissance que Brahman croît. De Cela, le non-manifesté, est née la nourriture. De la nourriture, a évolué Prana (1) en tant qu'Hiranyagarbha (2); de celui-ci, a évolué le Mental cosmique, d'où proviennent les cinq éléments; ce sont eux qui composent les mondes, en lesquels réside l'immortalité attachée à l'action dans le monde (3).
I-i-9: De Lui, ce Brahman qui est omniscient en général et tout-connaissant dans le détail, et dont l'ascèse est la Connaissance, ont dérivé les noms (attachés aux formes des existants), les couleur (dans la diversité de la manifestation) et la nourriture (qui entretient la vie).
I-ii-1: Tout cela est véridique, et tel qu'énoncé.
I-ii-2: Lorsque, le feu ayant été lancé, la flamme s'élève, on doit offrir les oblations vers cette direction à mi-chemin entre la droite et la gauche. I-ii-3: L'Agnihotra (1) détruit les sept mondes (2) pour celui qui pratique un tel sacrifice sans y adjoindre les rites de Darsa et Paurnamasa (Nouvelle Lune et Pleine Lune), sans le Chaturmasya (rite de la mousson), dépourvu d'Agrayana (oblation de prémices), non sanctifié par la présence d'invités, qui n'est pas accompli intégralement, non accompagné du rite de Vaisvadeva (consécration à l'assemblée des dieux), qui est un sacrifice de pure forme.
I-ii-4: Kali la Noire, Karali la Dévorante, Manojava Rapide-comme-la-pensée, et Sulohita la Rouge-sang, et celle qui est Sudhumravarna Couleur-de-fumée, comme aussi Sphulingini l'Étincelante, et Visvaruchi l'Éclatante de beauté – telles sont les sept langues de feu. I-ii-5: Ces oblations se fondent dans les rayons du soleil et, emportant celui qui accomplit les rites au milieu des flammes brillantes, elles le mènent – au moment opportun – là même où l'unique Seigneur des divinités exerce Sa régence. I-ii-6: « Viens, viens », disent-elles et, tout en prononçant des paroles agréables, telles « Ceci est le sentier de vertu que tu as bien mérité et qui te mènera vers le ciel », et lui faisant le don d'adoration, les oblations scintillantes transportent le sacrificateur le long des rayons du soleil. I-ii-7: Puisque ces dix-huit (1) constituants du sacrifice, sur lesquels – dit-on – repose le karma (2) méritant inférieur, sont périssables du fait de leur fragilité, en conséquence ces gens ignorants qui sont transportés de joie à l'idée que « Ceci est cause de félicité », subiront la vieillesse et la mort maintes fois encore.
I-ii-8: Maintenus dans le giron de l'ignorance par leur certitude que « Nous sommes sages et érudits », les insensés, secoués par les événements de la vie, radotent et déblatèrent, tels des aveugles menés par un aveugle. I-ii-9: Poursuivant des sentiers divers au sein de l'ignorance, ces esprits sans lumière prennent de grands airs, persuadés qu'ils ont « atteint le but ». Les hommes, occupés par leurs activités, ne comprennent pas la vérité tant qu'ils sont sous l'influence de l'attachement; en conséquence, ils sont affligés par les souffrances qui surviennent et se voient retirés du séjour céleste aussitôt que s'est épuisé le résultat de leur karma positif. I-ii-10: Ces insensés, pris dans leurs illusions, croyant que les rites inculqués par les Védas et la Smriti (1) sont le sommet de la spiritualité, ne comprennent pas l'autre voie qui mène à la libération. Et, après avoir consommé les fruits de leurs actions positives dans les demeures du plaisir aux sommets du monde céleste, ils reviennent en ce monde, voire dans un monde inférieur.
I-ii-11: Ceux qui vivent dans les forêts (1) et mendient des aumônes – à savoir les ascètes et les ermites qui accomplissent scrupuleusement les devoirs assignés à leur classe d'âge, et se consacrent à la méditation – de même que les maîtres de maison qui se sont instruits et tiennent leurs sens et leurs pensées sous contrôle – tous ceux-là, après s'être débarrassés de leurs souillures, empruntent le sentier solaire qui mène au royaume du Purusha (2), immortel et sans déclin.
I-ii-12: Un brahmane (1) ne doit opter pour la renonciation qu'après avoir examiné les avantages procurés par un karma positif, les mondes auxquels il donne accès, en s'aidant de cette maxime : « Ici-bas, il n'est rien qui ne soit le résultat de l'action karmique; alors, à quoi mène l'accomplissement de l'acte, quel qu'il soit ? » Afin de connaître la Réalité, il doit se rendre, muni d'un fagot sacrificiel, auprès d'un Maître versé en les Védas et parvenu à l'absorption en Brahman.
I-ii-13: A celui qui s'est approché de lui selon les usages, dont le cœur est calme et dont les organes extérieurs des sens sont tenus sous contrôle, cet homme illuminé doit communiquer de façon adéquate cette connaissance de Brahman, grâce à laquelle on réalise cet authentique et impérissable Purusha.
II-i-1: Tout cela est véridique, et tel qu'énoncé.
II-i-2: Le Purusha est transcendant, étant sans formes. Et puisqu'Il est coextensif à tout ce qui se déploie sur les plans intérieur et extérieur, puisqu'Il est non-né, Il n'a par conséquent pas besoin de force vitale, pas plus que de mental; Il est pur (sans mélanges) et supérieur à la Maya (1) impérissable.
II-i-3: C'est de Lui que tirent leur origine la force vitale (prana, cf. I-i-8) ainsi que le mental, tous les sens, l'espace, l'air, le feu, l'eau, et la terre qui est le support de toute chose. II-i-4: Le Soi qui réside en tous les êtres est certainement Lui, dont le ciel est la tête, dont le soleil et la lune sont les deux yeux, dont les directions sont les deux oreilles, dont les Védas révélés sont le discours, dont l'air est la force vitale, dont l'Univers dans sa totalité est le cœur, et c'est de Ses deux pieds qu'a émergé la terre. II-i-5: De Lui émerge le feu céleste, dont le combustible est le soleil. De la lune émergent les nuages, et de ceux-ci émergent les herbes et les céréales sur la terre. L'homme répand sa semence dans la femme; du Purusha, d'innombrables créatures ont tiré leur origine. II-i-6: De lui proviennent le Rig Véda, le Sama Véda et le Yajur Véda avec tous les mantras; mais aussi l'initiation, tous les sacrifices – avec ou sans émoluments pour le sacrificateur - les offrandes aux brahmanes, l'année, le sacrificateur, et les mondes où la lune sacralise tout et où le soleil illumine tout. II-i-7: Et c'est Lui qui a engendré les divinités, adéquatement réparties en divers groupes, ainsi que les Sadhyas (1), les humains, les bêtes, les oiseaux, la vie, le riz et l'orge; mais aussi l'ascèse, la foi, la confiance, la continence et le sens du devoir.
II-i-8: De Lui ont émergé les sept organes subtils (1), les sept flammes (cf. I-ii-4), les sept sortes de combustibles, les sept oblations, et ces sept mondes (2) où se meuvent ces sept organes subtils dont le siège se trouve dans la grotte du cœur, déposés là par le Créateur en groupes de sept.
II-i-9: De Lui ont émergé les océans et les montagnes. De Lui, s'écoulent les rivières aux tracés variés. Et de Lui naissent toutes les céréales, et le suc nutritif des plantes, en vertu duquel le soi intérieur peut exister dans un corps, au sein des éléments. II-i-10: Le Purusha est à Lui seul tout cela – et Il comprend encore l'action et la connaissance. Celui qui connaît ce suprême Brahman, immortel, siégeant dans le coeur, détruit le noeud de l'ignorance durant cette vie, ô bienheureux (fils du Soma) !
II-ii-1: Il est luminescent, très proche et familier car Il se meut dans la grotte du cœur, et Il est également le but majeur. A Lui se rattache tout ce qui bouge, tout ce qui respire, et tout ce qui cligne ou non. Connais cet Unique qui inclut le grossier et le subtil, se trouve au-delà du savoir ordinaire des créatures, et représente le plus désirable et le plus auguste absolu. II-ii-2: Cela (1) qui brille et qui est plus subtil que l'infiniment subtil, et Cela sur quoi sont fixés tous les mondes ainsi que leurs habitants, Cela est l'immuable Brahman; Cela est la force vitale; Cela est la parole et le mental. Cela, qui est tel que nous l'avons dit, est réel. Cela est immortel. C'est Cela qu'il te faut pénétrer, ô bienheureux (fils du Soma), alors vise-Le.
II-ii-3: Saisissant fermement l'arc, cette arme de grand prestige auprès des familiers des Upanishads, on doit y ajuster une flèche affutée par la méditation. Pinçant la corde, ô bienheureux (fils du Soma), vise au plus près cette cible qu'est l'Impérissable, avec ton esprit totatement absorbé en Lui. II-ii-4: Om est l'arc; l'âme est la flèche; et Brahman est la cible. Il ne peut être atteint que par un viseur infaillible. Pour cela, on doit devenir un avec Lui, la cible, tout en devenant la flèche. II-ii-5: Connais ce Soi unique et sans second, sur Lequel sont attachés, telles des cordes, le ciel, la terre et l'espace intermédiaire, le mental et la force vitale, accompagnés de tous les organes du corps; et abandonne tout discours qui soit une diversion. Tel est le pont menant à l'immortalité. II-ii-6: À l'intérieur de ce cœur où sont fixés les nadis (1), semblables aux rayons partant du moyeu de la roue d'un chariot, se meut ce Soi dont les manifestations sont multiformes. Médite sur ce Soi à l'aide du Om. Puisses-tu ne rencontrer aucun obstacle sur ta traversée vers l'autre rive, au-delà de l'obscurité.
II-ii-7: Ce Soi qui possède l'omniscience en général mais aussi toute la science en détail, et qui jouit d'une telle gloire en notre monde – ce Soi, qui est tel que nous l'avons dit – réside dans le vaste espace de la cité lumineuse de Brahman. Ce Soi est conditionné par le mental; Il transporte les diverses énergies vitales (pranas, cf. I-i-8) à travers le corps; Il est véhiculé par la nourriture afin de maintenir la conscience dans la grotte du cœur (1). Grâce à leur acquisition de la connaissance, ceux qui possèdent l'esprit de discrimination (entre le réel et l'irréel), réalisent ce Soi et Le voient dans Sa plénitude partout présent – ce Soi qui scintille et dont rien ne surpasse la Félicité, et qui est l'Immortalité.
II-ii-8: Quand ce Soi, qui est tout à la fois le haut et le bas (1), est réalisé, les nœuds du coeur sont déliés, tous les doutes sont éclaircis, et toutes les actions (avec leurs conséquences karmiques) se dissipent.
II-ii-9: Dans le fourreau (kosha) (1) suprême et brillant, se trouve Brahman, vierge de toute souillure, un et indivisible. Il est pur, Il est la Lumière des lumières. Tel est Celui que réalisent les connaisseurs du Soi.
II-ii-10: En Lui ne brillent ni soleil, ni lune ni étoiles: et les éclairs de l'orage ne L'atteignent pas. Alors quel est ce feu qui L'illumine ? Toute chose est illuminée en dépendance de Sa Lumière; et par Sa Lumière, tout ce qui existe prend des éclats diversifiés. II-ii-11: Tout ce qui est face à toi n'est rien que Brahman, l'immortel. Brahman est à ton arrière, et aussi sur ta droite et sur ta gauche. Il s'étend au-dessus et en dessous de toi, également. Ce monde entier n'est rien que Brahman, le suprême.
III-i-1: Deux oiseaux, compagnons inséparables et portant le même nom, sont perchés sur le même arbre. L'un d'eux mange les fruits divers aux saveurs variées, tandis que l'autre le contemple, sans manger. III-i-2: Sur le même arbre, l'âme individuelle (jiva) est agrippée, pour ainsi dire captive; et elle se lamente, accablée des soucis dus à son impuissance. Dès lors qu'elle aperçoit son compagnon, le Seigneur adorable, dans toute Sa gloire, elle est subitement libérée de toute souffrance. III-i-3: Lorsque le voyant aperçoit le Purusha – Celui qui est couleur d'or, le Créateur, le Seigneur, et la source du Soi – alors, en vertu de son illumination, il se défait du mérite comme du démérite, devient sans souillure, et atteint à la parfaite équanimité. III-i-4: Ce Soi est en vérité la Force vitale qui luit à travers tous les êtres, à des degrés divers. Le connaissant, l'homme illuminé ne rencontre plus d'occasion – dans ses communications verbales - de passer outre (1). Il s'ébat en le Soi, il prend ses délices en le Soi, et il est totalement accaparé par son ascèse. Un tel homme est le plus éminent parmi les connaisseurs de Brahman.
III-i-5: Le Soi brillant et pur, occulté à l'intérieur du corps, que voit le disciple à force d'efforts assidus et de combat de ses imperfections, peut être atteint à l'aide de la vérité, de la concentration, d'une connaissance complète et de la continence, en une pratique constante. III-i-6: La Vérité seule permet la victoire, mais non la fausseté. C'est la Vérité qui trace la voie appelée Devayana (1), par laquelle le voyant, libéré de tout désir, monte vers la demeure du trésor suprême, dont seule la Vérité libère l'accès.
III-i-7: Cela est d'une grandeur absolue, radieux de Sa propre splendeur, et Sa forme est impensable. Cela est plus subtil que l'infiniment subtil. Sa splendeur prend des éclats inépuisablement variés. Cela est bien plus lointain que l'infiniment loin, et simultanément Cela est à portée de main, dans l'intimité de ce corps. Les êtres sensibles, qui Le connaissent, Le perçoivent siégeant dans l'intimité même de leur corps, dans la grotte du cœur. III-i-8: On ne peut Le concevoir au moyen de la vue, ni des discours, ni à travers les autres sens; on ne peut L'atteindre au moyen d'austérités ou de pratiques spécifiques. Puisque le mental se purifie à la faveur de la sagesse toute-intelligente, c'est donc par la méditation que l'on peut contempler ce Soi, absolument homogène (indivisible). III-i-9: Dans la grotte du cœur, là où l'énergie vitale afflue sous ses cinq formes (1), se trouve ce Soi subtil qu'il faut réaliser au moyen de cette Sagesse toute-intelligente, qui imprègne le mental tout entier, ainsi que les organes d'action et ceux de perception (2), dont est dotée toute créature vivante. Et c'est dans le mental purifié que Se révèle distinctement ce Soi.
III-i-10: L'homme à l'esprit pur gagne ces mondes qu'appellent ses aspirations, et ces jouissances qu'il souhaite. Aussi, si l'on désire la félicité, faut-il se confier avec gratitude à un Connaisseur du Soi.
III-ii-1: Le Connaisseur du Soi connaît cette demeure suprême de Brahman, dans laquelle se trouve l'Univers en sa totalité et qui brille d'un éclat sacré. Les sages, en vérité, parvenus à l'état sans désirs, vouent un culte à cet être illuminé, et transcendent ainsi la nature humaine née de la semence. III-ii-2: Celui qui convoite des plaisirs, alors même qu'il rumine sur les vertus, renaît dans un contexte où l'entourent ces objets de son désir. Mais pour celui qui a vu ses vœux comblés en s'établissant en le Soi, tous les désirs s'évanouissent, même durant cette vie-ci. III-ii-3: Ce Soi ne s'atteint ni par l'étude, ni par l'intellect, ni par l'audition fréquente d'enseignements. Le Soi que l'aspirant recherche peut s'atteindre par la connaissance; par elle, ce Soi qui est le sien révèle Sa propre nature. III-ii-4: Ce Soi reste hors de portée de celui qui manque de force morale, qui reste dans l'illusion, qui n'associe pas son savoir à un mode de vie austère. Par contre, le Soi de ce connaisseur, qui mène son combat avec ces armes, entre dans la demeure de Brahman. III-ii-5: L'ayant atteint, les voyants demeurent satisfaits de leur connaissance, fermement établis en le Soi, libérés de tout attachement, et ils manifestent un comportement posé. Ayant réalisé l'Unique dans son omniprésence, et Le voyant tout-pénétrant en toute chose, ces sages qui discriminent le réel de l'irréel et sont en permanence en union contemplative, pénètrent dans la Totalité. III-ii-6: Ceux pour qui l'Entité dont parle le haut-savoir du Védanta (1) est devenue une réalité vérifiée, qui restent assidus dans leur pratique et dont l'esprit a été purifié par le Yoga du renoncement (2) – tous ceux-ci, au moment suprême de leur ultime départ, s'identifient à cette Immortalité qui culmine au-dessus de tous les mondes de Brahma (lokas, cf. I-ii-3), et ils sont intégralement libérés.
III-ii-7: À leurs sources s'en retournent les quinze constituants du corps (1), et à leurs divinités tutélaires respectives les génies (élémentaux) des sens. Les actions passées et l'âme sous son aspect de mental, tout se fond en le Suprême, immortel et sans déclin.
III-ii-8: De même que les rivières, descendant leur cours, ne se distinguent plus en atteignant la mer, et y perdent leur nom et leur forme, de même l'âme illuminée, libérée du nom et de la forme (1), atteint le Purusha radieux de Sa propre splendeur, surpassant les sommets de la très-haute Maya (cf. II-i-2 ).
III-ii-9: Quiconque connaît ce Brahman suprême, devient lui-même Brahman. Dans sa lignée, il ne naîtra plus de non-connaisseur de Brahman. Ayant remporté la victoire sur les souffrances, il s'élève au-dessus des égarements; libéré des nœuds du cœur, il est parvenu à l'Immortalité. III-ii-10: Cette règle a été révélée par le mantra suivant : « À ceux-là seuls il est légitime de communiquer cette connaissance de Brahman, qui se sont engagés dans une discipline sérieuse, qui sont versés en les Védas, et – cela va sans dire – à qui Brahman inspire de la dévotion, qui sacrifient en personne et avec foi au feu appelé Ekarshi (1), et qui ont dûment prononcé et accompli le vœu d'élever le feu au-dessus de leur tête (2). »
III-ii-11: Le voyant Angiras délivra cet enseignement véridique aux jours d'autrefois. Quiconque n'a pas pris les vœux, ne doit pas en prendre connaissance. Salutations à tous les Grands Rishis (1). Salutations à Eux.
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice; Ici se termine la Mundakopanishad, appartenant à l'Atharva Véda.
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