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(Brno University of Technology), Martin Dietzel, Peter Aniol, Vojtech Rušin

UPANISHADS GÉNÉRALES

 

Katha Rudra Upanishad

Upanishad-conte de Rudra


Traduite et annotée par M. Buttex
D'après la version anglaise du Prof. A. A. Ramanathan
Publiée par The Theosophical Publishing House, Madras

 

Notes préliminaires : RUDRA : « le Rouge brillant, le Pleureur », de “-rud”: pleurer - Shiva sous son aspect destructeur, « Maître des puissances terrifiantes », lorsqu'il dissout les mondes au moment d'un pralaya, utilisant pour ce faire la force cosmique de réabsorption. Il est aussi, sous cet aspect, « le Seigneur des larmes », car ses manifestations épouvantent les humains, que ce soient des catastrophes naturelles, des maladies et épidémies, ou des deuils.
           Dans le Rig Véda, Rudra est aussi Agni, dieu du Feu; au pl., les 11 Rudras sont les principes de vie, de nature ignée, qui gèrent les activités de destruction en vue de rénovation, dont le maître est Shiva. Rudra, en tant que Maître de la Connaissance, est aussi Shiva sous son aspect de Maître de la colère et de la peur, mais aussi de Yogi impeccable et redoutable, maître des pouvoirs secrets (siddhis), également de nature ignée.

           Dans cette Upanishad, c'est Brahma en personne qui donne un enseignement à l'assemblée des dieux. Si elle est à rattacher aux Upanishads du Renoncement, elle figure néanmoins dans les Upanishads générales car – après une présentation détaillée de la procédure de renoncement et des injonctions subséquentes, elle adopte un point de vue essentiellement philosophique pour se consacrer longuement à la question essentielle : comment réaliser Brahman ? Et que signifie “avoir réalisé Brahman” ? Il est à noter que le concept de libération n'y apparaît qu'une fois (shloka 11), la motivation essentielle de cette approche étant la connaissance de Brahman, la connaissance en Brahman. Elle a, en son temps, suscité une école philosophique minoritaire, nommée KathaRudra.

 

Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux !
Puisse-t-Il nous nourrir tous deux !
Puissions-nous travailler conjointement avec une grande énergie,
Que notre étude soit vigoureuse et porte fruit;
Que nous ne nous disputions pas, et que nous ne haïssions personne.

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

 

           1. Les dieux, dit-on, demandèrent un jour au vénérable Brahma : « Ô Vénérable, enseigne-nous la connaissance sacrée de Brahman (Brahmavidya). » Prajapati, le Créateur, leur donna l'enseignement qui suit :

           2. « Après s'être fait couper les cheveux, y compris la touffe sacrificielle, qu'on sacrifiera, ainsi que le cordon sacré, on doit avoir une entrevue avec son fils et lui dire les paroles suivantes : “Tu es toi-même les Écritures, tu es le sacrifice, tu es l'invocation sacrificielle, tu es la syllabe sacrée Om, tu es la formule d'hommage (Svaha), tu es la libation, tu es l'acteur et tu es aussi le créateur.” Le fils doit le confirmer : “Je suis moi-même les Écritures, je suis le sacrifice, je suis l'invocation sacrificielle, je suis la syllabe sacrée Om, je suis la formule d'hommage, je suis la libation, je suis l'acteur et je suis aussi le créateur, je suis le divin architecte (Tvastir), je suis le fondement.” Telles sont les paroles qui doivent être prononcées. Au moment de dire adieu à son fils, il ne faut pas verser de larmes. Si cela devait arriver, la lignée de descendants s'interromprait. Après avoir fait le tour du village dans le sens des aiguilles d'une montre, sans que son regard ne s'attarde sur quoi que ce soit, on prendra le départ. Tel est l'homme qui est prêt pour le monde de Brahman.

           3. C'est après avoir étudié les Védas en tant qu'étudiant célibataire et accompli les devoirs prescrits par les Écritures, après s'être marié, après avoir engendré des fils et leur avoir donné des moyens de subsistance convenables, après avoir fait procéder à des sacrifices solennels à la mesure de ses moyens, et après avoir demandé le consentement de ses aînés et de sa famille, que l'on pourra adopter la vie du renonçant. Après avoir atteint une forêt, on accomplira le sacrifice de l'Agnihotra (1) durant douze nuits, en versant des oblations de lait dans le feu; et pendant ces douze nuits, on ne se nourrira que de lait. Ces douze nuits accomplies, on devra offrir au feu les bols en bois*, qui ne seront plus d'aucun usage, avec le mantra suivant : “Voici le riz cuit en offrande au feu destructeur (2), à Prajapati, le Créateur; voici l'offrande convenue, déposée en trois bols, à Vishnu et Agni.” Si les pots sont d'argile, on les jettera au fil de l'eau, s'ils sont de métal, ils seront remis au maître, avec le mantra suivant : “Ne me renie pas, maintenant que nous nous séparons ! Que je ne te renie pas, maintenant que je te quitte !” On se prosternera devant les trois feux – le feu domestique, le feu du sud [ou des ancêtres] et le feu sacrificiel. Certains disent qu'on doit alors avaler une poignée de cendres prises là où se trouvent les baguettes qui ont servi à allumer le feu. Après s'être rasé la tête, incluant la touffe sacrificielle, et jeté les cheveux, on devra abandonner le cordon sacré au fil de l'eau, avec le mantra suivant : “Hommage à la terre ! Bhuh Svaha !” Après cela, on choisira la mort soit par inanition, soit par noyade, soit par le feu, ou on s'engagera sur un champ de bataille; ou encore, on marchera jusqu'à tomber raide mort, ou bien on rejoindra un ermitage d'ascètes vénérables. En ce cas, on consommera uniquement du lait pour son repas du soir, et cela tiendra lieu d'offrande du soir. Le lait qu'on prendra le matin tiendra lieu d'offrande matinale; celui que l'on prendra à la nouvelle lune tiendra lieu de sacrifice de la nouvelle lune; celui de la pleine lune tiendra lieu de sacrifice de la pleine lune. Quant à la taille des cheveux, de la barbe, des ongles, etc., qui se fait au printemps, elle constituera le sacrifice Agnishtoma**.

1 Agnihotra : « Sacrifice du Feu » - Rite domestique, pratiqué quotidiennement, devant l'autel du foyer, au cours duquel une oblation de lait est répandue sur le feu. Cf. Agnihotra mantras.
* qui ont vraisemblablement servi pour l'Agnihotra.
2 Vaishvanara : « qui appartient à tous les hommes » - 1) L'Être universel; le Soi à l'état de veille (jagrat), qui est le support de l'état de veille ou conscience du corps physique (sthula sharira); la conscience du monde extérieur; 2) épithète d'Agni, en tant que « Celui-qui-pénètre-tout », en rapportant la science qui explique tout l'occulte. Il est alors le Dieu de la Science, la puissance d'Illumination, intérieure comme extérieure; 3) Vaishvanara-Agni est à comprendre comme l'étincelle qui allume le bûcher de la destruction cosmique.
** l'un des grands sacrifices solennels de Soma. Cf. Glossaire, Soma Yajna.

           4. Après son renoncement, on ne reprendra pas l'entretien des feux rituels. On récitera le mantra suivant : “Je suis devenu la Mort (Mrityu) et je dois pénétrer au sein de ce qui vient à l'existence (c-à-d. la connaissance sacrée de Brahman), etc.” Puis on devra déclarer “Je souhaite le bien de tous les êtres”, tout en méditant sur l'Atman et sur rien d'autre, et en tenant ses bras dressés. On sera devenu un de ceux qui ont choisi d'abandonner le sentier habituel. Se déplaçant de-ci de-là, sans domicile fixe, on survivra par la mendicité, sans rien donner en retour. On ne portera aucun vêtement, pas même rudimentaire, sauf à la saison des pluies, où on pourra protéger ce corps animal. À ce propos, on trouve les versets suivants :

           5-6. Le pot à eau, la louche, l'écharpe-sac, le bâton, les sandales, la couverture, le pagne, le manteau, l'anneau d'herbe Kusha*, la serviette de bain, l'étole, le cordon sacré, et même les Écritures : à tout cela l'ascète devra renoncer.

* pour filtrer l'eau.

           7. C'est de l'eau purifiée qu'il utilisera pour son bain, ses ablutions et sa boisson. Il pourra dormir sur la berge sablonneuse d'une rivière ou dans un temple.

           8. Il n'infligera à son corps aucune condition extrême, ni dans le confort ni dans la rudesse. Il n'exultera pas si on le loue, et ne maudira pas ceux qui l'insultent.

           9-11. Celui qui porte un bâton sera fidèle à son vœu de célibat, sans aucune défaillance. Regarder [les femmes], les toucher, plaisanter avec elles, en parler, débuter une relation secrète avec l'une d'elles, l'imaginer, y penser, ou en jouir physiquement – voilà ce que les connaisseurs appellent l'octuple cohabitation. La véritable continence (Brahmacharya) est tout le contraire. Ceux qui sont en quête de la libération doivent la rechercher.

           11-12. La Lumière, radieuse de sa propre splendeur, qui illumine l'univers, est toujours présente. Elle est en vérité le Témoin de l'univers, l'Atman de tous les êtres, la pureté absolue, le fondement de toutes les créatures, et sa nature est pure conscience.

           13. Ce n'est pas par l'action, ni en engendrant des enfants, ni par tout autre chose, mais uniquement par la connaissance de Brahman, que l'homme peut parvenir à Brahman.

           14-15. Ce Brahman, qui est sans second, qui est Existence-Conscience-Félicité absolues (3), est l'unique objet de la connaissance réelle. Le meilleur des deux-fois né (4), qui sait que Brahman réside dans la cavité du cœur – qui est aussi appelée le séjour céleste suprême – durant cette vie dans le flot de la transmigration, qui est réputée n'être qu'illusion (Maya) et ignorance (Ajnana), voit tous ses désirs instantanément comblés.

3 Sat Chit Ananda : « Existence-Conscience-Félicité absolues », la triple caractéristique de la Réalité absolue, Brahman; terme traduisant la nature du Nirguna Brahman, (le Brahman sans attribut), adopté par la Shruti et considéré comme concept essentiel et ultime par la philosophie de l'Advaita Védanta.
4 Upanayana : « Introduction, initiation » - Cérémonie d'initiation aux études des Védas sous la direction d'un précepteur (guru), incluant l'investiture du cordon sacré (yajnopavita), qui marque l'entrée dans l'une des trois castes supérieures. L'upanayana est accordée aux jeunes garçons (et filles, jusqu'à l'époque moderne) entre 8-16 ans pour les brahmanes, 11-22 ans pour les kshatriyas, et 12-24 ans pour les vaishyas. Ce rite symbolise une seconde naissance, celle de l'entité spirituelle, et l'initié est désormais un “deux-fois né” (dvija). Dans l'hindouisme traditionnel, l'instruction védique des filles était considéré comme une indispensable préparation au mariage et à leurs responsabilités sociales.

           16. Celui qui réalise son propre Atman, lequel est le Témoin de ce pouvoir que l'on nomme illusion et ignorance, ayant enfin la conviction “Je suis Brahman, et uniquement Lui (Brahman aham asmiti)”, devient lui-même Brahman.

           17. De cet Atman qui ne fait qu'un avec Brahman et qui est en possession du pouvoir de la Maya, s'est élevé l'éther immatériel (Akasha), tel un serpent de corde (5).

* Le serpent surimposé à la corde : 1 Parabole célèbre de l'illusion typique de Maya : sur le chemin, une corde au loin semble au premier abord un serpent et effraie. S'en approchant, on découvre, soulagé, qu'il ne s'agit que d'une simple corde inanimée. L'expérience illusoire du serpent dans la corde n'est pas intrinsèque à la corde en elle-même. Cf. Atman Up., II-26-27(a).

           18. Puis de cet éther, s'est élevé ce souffle immatériel que l'on nomme l'air (Vayu). Puis de cet air, s'est élevé le feu; du feu, l'eau; et de l'eau, la terre.

           19. Puis le Seigneur bienveillant divisa ces éléments subtils en cinq, et les composant de façon variée, il créa l'Œuf cosmique, uniquement à partir d'eux.

           20. Enveloppés au sein de l'Œuf cosmique, se trouvaient les dieux, les anti-dieux (Asuras), les génies de la terre (Yakshas), les musiciens célestes à tête de cheval (Kinnaras), les êtres humains, les animaux, les oiseaux, etc., en accord à leurs karmas respectifs*.

* hérité des périodes cosmiques précédentes.

           21. Le corps des créatures qui ont une forme élaborée, comportant une charpente d'os, de tendons, etc., est le soi reflété de l'Atman omnipénétrant et possède la nature de la nourriture.

           22. Plus profondément au sein de ce corps, se trouve le soi du souffle de vie (5), qui s'est séparé en cinq. Encore plus profondément, se trouve le soi dont la nature est mentale, laquelle est bien différente des autres.

5 Prana : 1) souffle, respiration, vent; 2) principe de vie, vitalité, énergie, force. L’énergie vitale sous-jacente à toute la manifestation cosmique, individuelle et collective; cette énergie remplit 5 fonctions : - prana : l’appropriation, l'ascension (inspiration); - apana : l’expulsion, la descente (expiration); - vyana : la distribution et la circulation (rétention du souffle); - udana : l’émission de sons; l'énergie cohésive, assurant la cohésion des énergies matérielles et subtiles dans tout le corps; le processus de désintégration à la mort physique; - samana : l’assimilation des énergies subtiles transformées par udana (digestion et métabolisme de la nourriture).

           23. Encore plus profondément, mais de nature toute différente, se trouve le soi dont la nature est connaissance (Vijnana). Puis, tout au cœur, de nature tout à fait autre, est le soi dont la nature est félicité (Ananda).

           24. Donc le soi dont la nature est nourriture est imprégné par le soi dont la nature est énergie vitale, de même que ce dernier est imprégné par le soi dont la nature est mentale.

           25. À son tour, le soi dont la nature est mentale est imprégné par le soi dont la nature est connaissance. Quant à ce dernier, il est toujours bienheureux car il est en permanence imprégné de félicité.

           26. De la même façon, le soi dont la nature est félicité est imprégné par Brahman, le Témoin, l'essence intime de la totalité. Brahman, lui, n'est imprégné par rien d'autre [que lui-même].

           27-28. Par la réalisation directe de ce Brahman, qui est appelé le fondement, qui est de la nature de la vérité, de la connaissance et de la non-dualité, qui est l'essence de la félicité et de l'éternité, le résident du corps s'installe dans le bonheur, où qu'il se trouve.

           28-29. Si cette félicité suprême, qui est l'Atman intime de tous les êtres, n'existait pas, quel être humain pourrait vivre et demeurer toujours actif ?

           29-30. C'est donc cet Être de félicité, resplendissant pleinement dans la conscience, qui procure sans cesse du bonheur au soi individuel (Jiva), lequel serait autrement accablé par la souffrance.

           30-32. C'est seulement lorsque l'ascète accompli réalise sa totale identité, sans la moindre différence, avec cet Être – quand bien même celui-ci est réputé invisible, inconcevable, etc. – qu'il parvient à une totale absence de peur. Car c'est alors le Bien ultime, l'immortalité suprême, l'existence absolue, le Brahman transcendant, au-delà des trois divisions temporelles.

           32-33. Lorsqu'un individu fait l'expérience d'une différenciation, ne serait-ce que légère, dans cette identité fondamentale, il est alors saisi par la peur. Il n'y a aucun doute à ce propos.

           33-34. C'est à cause de cette gaine de félicité (6) que tous – depuis Vishnu jusqu'au pilier du temple – ressentent toujours du bonheur, quoique à des degrés variables.

6 Kosha : « gaine, enveloppe, fourreau » - L’individualité humaine, le jiva, est composé de 5 koshas (pancha koshas), fourreaux ou gaines constituant les enveloppes superposées dont est fait le corps, tant physique que subtil. L'âme incarnée (jiva) fonctionne simultanément dans les divers plans ou niveaux d'existence par l'intermédiaire de ces koshas. Par ordre de subtilité croissante :
1) annamaya kosha, ou gaine anatomique de la nourriture; forme le sthula sharira, le corps physique.
2) pranayama kosha, gaine physiologique comprenant l’appareil respiratoire et les systèmes du corps; le corps éthérique.
3) manomaya kosha, gaine psychologique concernant la conscience, les sentiments et les motivations qui ne proviennent pas d’expériences subjectives; le corps kama-manasique ou corps astral et mental inférieur.
4) vijnamaya kosha, ou gaine intellectuelle concernant les processus de raisonnement et de jugement qui proviennent d’expériences subjectives; le corps mental supérieur.
2), 3) et 4) forment le sukshuma sharira, le corps subtil;
5) anandamaya kosha, ou gaine spirituelle de la joie; forme le karana sharira, le corps causal.
Cf. Glossaire, kosha, pour plus de détails.

           34-35. Pour celui qui est versé dans les Écritures, qui s'est détaché de tout et ressent un profond contentement, la félicité se met à rayonner spontanément, car elle est sa nature authentique.

           35-36. Il est bien connu que les mots ne fonctionnent qu'en relation à une base (telle la naissance, les substances, les actes, les caractéristiques). Parce qu'une telle base en est absente, les mots reculent à l'approche de Brahman. Car comment pourraient-ils fonctionner, ces mots, en regard de la félicité absolue, qui ne repose sur aucune base ?

           37-38. Cet esprit subtil, qui considère toute chose comme objet de réflexion, se détourne de Cela, Tat, devant lequel se rétractent les sens également, ainsi que les organes d'action. Ils sont incapables d'atteindre le Suprême.

           38-39. Dès lors que l'on réalise que ce Brahman, qui est félicité, sans second, dénué du moindre attribut, consiste en l'union de la vérité et de la conscience, et qu'il est notre propre Atman, on ne craint plus rien.

           39-40. Celui qui parvient à cette connaissance grâce à l'enseignement de son maître, et qui développe la maîtrise de soi, n'est plus jamais affecté par les conséquences de ses actes, positifs ou négatifs.

           40-41. Le monde entier, qui apparaissait auparavant comme tout à la fois le tourmenteur et l'affligé, est maintenant reconnu dans tout son éclat comme étant notre propre Atman, grâce à cette connaissance née des enseignements du Védanta.

           41-42. La pureté absolue, la Divinité, le soi individuel, le connaisseur, les voies de la connaissance, l'objet de la connaissance et la connaissance qui en résulte – c'est uniquement pour des raisons pratiques que cette septuple distinction prévaut toujours.

           43-44. La conscience, lorsqu'elle est dépouillée des conséquences de la grande Illusion (Maya), est qualifiée de pure [dans le sens d'absolu – NdT]. Lorsqu'elle est reliée à la nescience cosmique (Ajnata), c'est alors la Divinité. Lorsqu'elle est sous l'influence de la nescience individuelle (Avidya), c'est alors l'âme incarnée (Jiva). Lorsqu'elle est reliée à l'organe interne (7), c'est alors le connaisseur. Lorsqu'elle est envisagée en fonction des modifications de l'organe interne (8), on la considère alors comme les voies de la connaissance.

7 Antahkarana : « Anta = point ultime, limite finale - karana = organe des sens, instrument ou moyen d’action » - L'organe interne, doué de sens et de conscience, qui constitue l'ego individuel et possède 4 fonctions différentes, répondant chacune à un des termes suivants : buddhi, l'intellect; ahamkara, l'ego; manas, le mental instinctif, qui sont la triple expression de chitta, la conscience. Il est quintuple quand on lui adjoint chaitanya, la conscience supérieure.
8 Vritti : 1) la vague; 2) la modification mentale, l’idéation; impulsion ou vague agitant le contenu mental (chitta); 3) façon d’agir, comportement, manière d’être; état mental.

           45-46. La Conscience (9) qui reste inconnaissable est désignée comme objet; et la conscience qui est perceptible est désignée comme résultat. L'homme sensé doit méditer sur son propre Atman comme étant dénué de la moindre différenciation.

9 Chaitanya: 1) Esprit, Conscience; 2) Conscience supérieures pleinement éveillée, Esprit suprême. Ce terme est le plus fréquemment associé à un type de conscience, ainsi sakshi chaitanya, la conscience du Témoin; bhakti chaitanya, la conscience de Dévotion suprême; Shivachaitanya, la Conscience divine, etc.

           46. En vérité, quiconque possède cette connaissance devient lui-même Brahman.

           47. Et maintenant, je vous donne la quintessence ultime de tous les enseignements du Védanta : Que l'on meure à soi-même, ou que l'on devienne son vrai Soi, il n'y a toujours eu que le Soi. »

           Ici s'achève l'Upanishad.

 

Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux !
Puisse-t-Il nous nourrir tous deux !
Puissions-nous travailler conjointement avec une grande énergie,
Que notre étude soit vigoureuse et porte fruit;
Que nous ne nous disputions pas, et que nous ne haïssions personne.

Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

Ici se termine la Katharudropanishad, appartenant au Krishna Yajur Véda.

 

 

                                                                                                                                                                                                
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