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UPANISHADS GÉNÉRALES
Atman Upanishad Upanishad de l'Âme suprême
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
I-1. Enseignement d'Angiras (1):
I-2. Il y a les constituants du corps humain, dont la peau (derme et épiderme), la chair, la chevelure, le pouce et les autres doigts, la colonne vertébrale, les ongles, les chevilles, l'estomac, le nombril, le pénis, les hanches, les cuisses, les joues, les oreilles, les sourcils, le front, les mains, les flancs, la tête et les yeux – tous assujettis à la naissance et à la mort; aussi constituent-ils le soi. I-3. On trouve ensuite le Soi intérieur, constitué d'éléments physiques (terre, eau, feu, air, éther) et d'éléments subtils (tattvas) (1), dont le désir, l'aversion, le plaisir, la peine, le désir, l'illusion, le doute, etc., ainsi que la mémoire, les intonations vocales hautes et celles sans accent, les voyelles brèves, longues et prolongées, celui qui entend, qui sent les odeurs, les goûts, celui qui mène le corps, acteur et soi-conscient face aux activités telles que tituber, crier, jouir, danser, chanter, jouer d'un instrument musical... Il est l'esprit – qui a déjà longuement vécu – et qui distingue entre le Nyaya, le Mimamsa (2) et les traités de législation, comme entre les objets spécifiques de l'ouïe, de l'odorat et du toucher. C'est le Soi intérieur.
I-4. Vient ensuite le Soi suprême, l'Impérissable, sur lequel il faut méditer en respectant les étapes du Yoga : contrôle du souffle, retrait des organes des sens, fixation du mental, contemplation et concentration. Ceux qui méditent sur le Soi doivent raisonner par inférences, en Le comparant à la graine de l'arbre banyan, ou à la graine de millet, ou encore à la centième partie du diamètre d'un cheveu. C'est ainsi qu'on Le conquiert, mais on ne Le connaît pas (Il demeure inconnaissable). Il est non-né, il ne meurt pas, ne sèche pas, ne se mouille pas, ne brûle pas, ne tremble pas, ne se sépare pas, ne sue pas. Il est au-delà des gunas (1), Il est spectateur, Il est pur, sans parties, seul, subtil, sans possessions, sans défauts, immuable, dénué de sons, sans toucher, sans goût, inodore, Il est indubitable, Il ne saisit rien, et Il est omniprésent. Il est impensable, Il est invisible. Il purifie l'impur et sanctifie le non-consacré. Il n'agit pas. Il n'est pas assujetti à l'existence empirique dans la matière.
II-1. Ce Soi que l'on nomme l'Atman est pur, un et non-duel, Il a la forme du Brahman. Seul Brahman déploie Sa luminosité. II-2. A cet instant même où le monde manifeste les couples d'opposés distincts, tels qu'affirmation et négation, etc., seul Brahman déploie Sa luminosité. II-3. Sous les distinctions telles que maître et disciples, aussi bien, c'est Brahman seul qui Se manifeste. Du point de vue de la vérité stricte, seul existe le pur Brahman. II-4. Ni la connaissance ni l'ignorance, ni le monde ni rien d'autre n'existent réellement. L'assise de la vie empirique dans la matière, c'est l'apparence illusoire du monde en tant que réel. II-5(a). Ce qui met fin à la vie empirique dans la matière, c'est la certitude de son irréalité. II-5(b)-6. Quelle discipline est nécessaire afin de savoir que « ceci est un pot », si ce n'est les moyens adéquats à une connaissance valide ? Une fois celle-ci acquise, la connaissance de l'objet s'impose. Le Soi – toujours présent – se révèle dans son son éclat dès lors que les moyens adéquats à Sa connaissance sont réunis. II-7. Cela ne requiert ni un lieu précis, ni un moment précis, ni une pureté précise. Par contre, la connaissance « Je suis Devadatta » (1) ne dépend de rien d'autre que de ces trois conditions (2).
II-8. De façon similaire, la connaissance « Je suis Brahman » que possède le Connaisseur de Brahman, est indépendante de toutes conditions. Tout comme le soleil illumine le monde, toute chose est illuminée par la splendeur de la Connaissance de Brahman. II-9-10(a). Que peut illuminer le non-Soi, inexistant et illusoire ? Cela qui confère toute leur portée aux Védas, aux Shastras (1), aux Puranas (2) et à tous les autres êtres – le Connaisseur de Cela, qu'illuminera-t-il ?
II-10(b)-11. L'enfant ignore la faim et la douleur physique, et il joue avec les objets. De la même façon, l'heureux Connaisseur de Brahman trouve ses délices en lui-même, mais sans le sens du « mien » ni du « Je ». C'est ainsi que le sage, silencieux, alerte et solitaire, qui est l'incarnation du non-désir, traite les objets désirables. II-12. Existant en tant que Soi impersonnel, il est toujours satisfait de demeurer en ce Soi. Dénué de toutes possessions, il est toujours réjoui; bien que sans compagnons, il se sent puissant. II-13. Se nourrissant à peine, il est toujours satisfait; sans égal, il regarde en spectateur ses semblables; bien que prenant le fruit (1), il n'en ressent rien
II-14-17. Vivant dans un corps, il est néanmoins désincarné; bien que déterminé (1), il est néanmoins omniprésent; et jamais ce Connaisseur de Brahman, désincarné et immortel, n'est affecté par le plaisant ni le désagréable, pas plus que par le bien ni le mal. Du fait que le soleil semble enveloppé par Rahu, l'obscurité, alors qu'en réalité il est au-delà de l'obscurité, les hommes qui sont dans l'illusion et ignorent la réalité, le disent enveloppé, happé par l'obscurité. De façon similaire, les gens illusionnés considèrent les meilleurs des Connaisseurs de Brahman comme incarnés, puisqu'ils voient leur corps. Car le corps de celui qui a atteint la libération, reste, telle la mue encore attachée au serpent.
II-18. Légèment déplacé deci-delà par le souffle vital, ce corps est porté par le Connaisseur de Brahman, tel un morceau de bois flottant au fil du courant. II-19-20. Par décret du destin, le corps naît dans les contextes propices (aux futures expériences) au moment opportun. Au contraire, celui qui a coupé le fil des migrations, à la fois empli de connaissance et inconnaissable, et qui se tient là (en son corps) en qualité de Soi pur et sans qualifications – celui-là est lui-même Shiva manifesté. Il est le plus accompli des Connaisseurs de Brahman. En toutes circonstances, le Connaisseur prééminent de Brahman est à jamais libre, il a accompli son but. II-21. Toute adjonction (à sa nature originelle) ayant été détruite, en tant que Brahman, il est assimilable au Brahman non-duel, tel un homme qui, à l'aide des accessoires appropriés, est un acteur et, dépouillé d'eux, retrouve son apparence naturelle. II-22(a). De la même façon, le plus éminent des Connaisseurs de Brahman est en permanence Brahman uniquement, et personne d'autre. II-22(b)-23. Tout comme l'espace enclos dans une jarre redevient l'espace sans limites quand celle-ci se brise, ainsi, quand les savoirs particuliers se dissolvent, le Connaisseur de Brahman ne devient rien d'autre que Brahman, tel le lait déversé dans le lait, l'huile dans l'huile, et l'eau dans l'eau – qui restent lait, huile et eau. II-24(a). Combinés, les deux deviennent un; ainsi, le Connaisseur de l'Atman fusionne en l'Atman. II-24(b). Donc, la libération désincarnée (1) est le statut de l'Être dans Son infinité.
II-25. Ayant conquis le statut de Brahman, le Yogi ne renaîtra plus jamais, car ses corps, nés de l'ignorance, ont été consumés par la connaissance vivante de l'Être suprême, en tant que Soi. II-26-27(a). Puisque ce Yogi est devenu Brahman, comme Celui-ci pourrait-Il renaître ? La servitude et la libération, mises en scène par Maya (1), ne sont pas réelles en soi quand elles sont mises en relation au Soi, de même que l'apparition et la disparition du serpent ne sont pas en relation à la corde inanimée (2).
II-27(b). Servitude et libération peuvent être décrites comme à la fois réelles et irréelles, et comme conséquences de la nescience (l'ignorance en tant que produite par l'occultation de la Réalité). II-28-29. Le Brahman ne souffre aucune occultation, quelle qu'elle soit. Il est à découvert, il n'existe rien d'autre que Lui qui puisse Le recouvrir. Les idées « c'est » et « ce n'est pas », au regard de la Vérité, sont de simples concepts intellectuels. En vérité, servitude et libération sont des apparences créées par Maya et n'appartiennent pas au Soi. II-30. Dans la Vérité suprême, tout comme dans le cosmos, une et indivisible, inactive, paisible, sans défaut, sans tache et non-duelle, par où se glisseraient des constructions mentales ? II-31. Ni suppression ni production, ni enchaînement ni efforts de libération, ni aspirants à l'émancipation ni émancipés – voilà la Vérité métaphysique.
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
Ici se termine l'Atmopanishad, appartenant à l'Atharva-Veda.
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