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UPANISHADS DE VISHNU Tripadvibhuti MahaNarayana Upanishad Upanishad de la Manifestation divine en trois pas
Notes préliminaires : NARAYANA : « Reposant sur les eaux », est l'aspect de Vishnu endormi, lors d'une résorption de l'univers (pralaya) en son état informel, l'Océan causal. Les restes de la manifestation se sont coagulés pour former le serpent Shesa, qui sert de couche au dieu, devenu « le Seigneur du Non-manifesté ». Dans d'autres contextes, en tant que nom de Brahma, Narayana signifie « Demeure du Savoir ». En quatre citations extraites d'Upanishads provenant de chacun des quatre Védas (sans toutefois donner la source précise), cette Upanishad tente une synthèse de tout l'enseignement sur la nature essentielle de l'Être suprême, Narayana (aspect cosmique de Vishnu). Expose la vertu du Pranava Om à résoudre l'écart entre le Seigneur et les créatures, ainsi que le Narayana mantra. Il y a une certaine confusion à propos de cette Upanishad, qui apparaît également sous le titre de Shri Narayana Upanishad, et qui se présente sous deux versions totalement différentes. Je préfère suivre la version couramment utilisée par les fidèles de Vishnu et de Krishna, sans adopter toutefois tous leurs commentaires.
Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux; Puisse-t-Il nous nourrir tous deux; Om ! Que la Paix soit en moi ! Om ! Shanti ! Shanti ! Shanti ! Je vais maintenant vous révéler les principes qui soutiennent la philosophie de Narayana, le Seigneur qui accomplit la manifestation divine en trois pas (ou qui imprègne la totalité universelle en trois expansions successives). Si on la comprend et la saisit pleinement, cette philosophie peut abattre et déraciner toutes les formes de l'illusion matérialiste, qui entourent tous les êtres vivant dans la matière. “Om ! L'Être suprême, le Purusha (1), connu comme Narayana, désira créer des êtres vivants. Et, mue par ce désir, la force de vie qui circule en tant que souffle vital et que l'on nomme Prana, émana de l'Être suprême; le mental (Manas), ainsi que l'ensemble des organes de perception sensorielle et d'action, vinrent à l'existence. Simultanément, les éléments furent créés : le ciel, l'air, la lumière, l'eau et la terre, qui soutient toutes les créatures. De Narayana, naquit Brahma, le dieu créateur de tous les êtres, ainsi que Rudra, le Seigneur de la destruction, et Indra, le dieu qui régit toutes les divinités. De Lui, naquit Prajapati (2), le progéniteur et le gouverneur des êtres humains; mais aussi les douze Adityas, les onze Rudras et les huit Vasus (3). Et c'est aussi de Narayana que les Védas vinrent à l'existence. Ainsi donc, toutes les forces proviennent de Narayana et, ultimement, retournent à Lui et se fondent en Lui.” – C'est ce que révèle l'une des Upanishads du Rig Véda.
“Narayana est à jamais présent, Il est éternel. Il est omnipotent et omniprésent. Brahma, Shiva, Indra : tous ces dieux sont les formes diversement manifestées de Narayana Lui-même. Il est en vérité toutes les formes du temps, de l'espace et des directions. Toutes les directions spatiales, le haut, le bas, les côtés, l'intérieur et l'extérieur, ne sont que des matérialisations de Son ombre. Tout ce qui vit, a vécu et vivra, est Narayana Lui-même. L'Être suprême et unique, vierge de toute impureté; les mots ne sauraient Le décrire, Il est l'essence de la pureté au sein de tout ce qui est pur, et c'est Narayana. Il n'existe rien au-dessus de Lui, ni aucun autre pouvoir que le Sien. Celui qui comprend cela s'identifie intimement à Narayana Lui-même. Oui, il se fond en Narayana Lui-même.” – C'est ce qu'affirme l'une des Upanishads du Yajur Véda. “Il faut d'abord prononcer la syllabe Om, puis les mots “Namah” et “Narayanaya”. Ces mots sont d'une, deux et cinq syllabes respectivement; la phrase entière fait donc huit syllabes, et on l'a nommée “ashta-aksharam”, le mantra de huit syllabes. Quiconque chante ce mantra de huit syllabes de Narayana, atteint à un âge avancé sans déshonneur ni notoriété; il est béni des dons de souveraineté, richesse, bétail, serviteurs, puis il parvient à la libération finale (moksha). Oui, il parvient à la libération finale.” – C'est ce que déclare l'une des Upanishads du Sama Véda. “Cet Être suprême tout de félicité, ce Brahman qui réside au plan intérieur, a la forme du Pranava Om (1). Ce Pranava est constitué des lettres-semence A, U et M, cette dernière se réverbérant en multiples vibrations. Bienheureux, celui qui psalmodie et chante la syllabe Om, car il se libère de toutes les attaches et entraves du monde de la matière. Celui qui chante le mantra “Om Namo Narayanaya” parvient finalement au ciel de Vaikuntha (2), le royaume du Seigneur Narayana. Le ciel de Vaikuntha ne peut être trouvé nulle part ailleurs que dans un cœur pur et bienheureux, empli de connaissance spirituelle. De ce lieu, jaillit une source de lumière, aussi éblouissante qu'un éclair. Ce rayon lumineux recèle les formes variées que prend Narayana – que l'on appelle par des épithètes telles que le fils de Devaki, Celui qui est plus doux que le miel, Celui qui a pris la forme de Brahma, Celui dont les yeux sont semblables au lotus, Vishnu, le Sauveur de tous les êtres. Il réside à l'intérieur de tous les êtres, et régit toutes leurs activités. Il est la forme de l'immatérielle syllabe Om, Il est l'Être suprême.” – C'est ce qu'enseigne l'une des Upanishads de l'Atharva Véda.
Quiconque chante ce mantra tous les matins, détruit tous les actes négatifs qu'il a pu commettre durant la nuit. Quiconque le chante tous les soirs, détruit tous les actes négatifs qu'il a pu commettre durant la journée. Quiconque le chante au milieu du jour, en regardant le Soleil, détruit les cinq péchés majeurs et mineurs (1), décrits par les Écritures comme étant les pires actes négatifs. Il en retire autant de bénéfice que s'il avait chanté tous les Védas. Finalement, il parvient à l'Être suprême, Narayana, et se fond en Lui. Oui, il ne fait plus qu'un avec l'Être suprême, Narayana.
Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux; Puisse-t-Il nous nourrir tous deux; Om ! Que la Paix soit en moi ! Om ! Shanti ! Shanti ! Shanti !
Ici se termine la Tripadvibhuti-Mahanarayanopanishad, appartenant au Krishna Yajur Véda.
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