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UPANISHADS GÉNÉRALES
Atma Bodha Upanishad Upanishad de la Connaissance du Soi
Om ! Que mon discours reflète et s'accorde à mon esprit; Om ! Que la Paix soit en moi !
I-1. Brahman, au plus profond de son intimité, est A, U, M... C'est lorsqu'il réalise pleinement cela, que le yogi s'émancipe du cycle des renaissances. Om ! Je m'incline devant Narayana (1), qui possède la conque, la roue et le trône. Le disciple fervent gagnera Vaikuntha, le ciel où réside Vishnu.
I-2-4. La cité de Brahman (1) est un lotus, brillant telle une lampe, tel un éclair. Le fils de Devaki (Krishna) est un Brahmanya (un Brahmane portant 44 marques sacrées); il en est de même de Madhusudana, Pundarikaksha, et d'Achyuta, figurations de Vishnu. Narayana est l'Unique, existant dans toutes les créatures, Il est la personne causale dénuée de cause.
I-5. Il n'y a plus de souffrance pour celui qui médite sur Vishnu, le dieu sans misères ni illusions – il n'y a plus de peur; celui qui continue de voir la pluralité ici-bas, s'en va de mort en mort. I-6-8. Au centre du lotus du cœur, se tient Brahman, et son œil est celui de la Connaissance; le monde, et la connaissance dans le monde, sont établies en Brahman. L'aspirant à la sagesse, lorsqu'il quitte ce monde en possession de cette connaissance, voit tous ses désirs comblés dans les mondes célestes, et atteint à l'immortalité. Là ou la lumière suprême brille en permanence, c'est là que le disciple accède à l'immortalité. Om Namah ! Gloire et adoration à Om !
II-1-10. L'illusion de Maya (1) m'a abandonné, je suis pure vision; mon ego s'est effrité, tout comme les distinctions entre le monde, la Divinité et l'âme. Je suis le Soi intérieur, qui est sans règles, ni positives ni négatives; je suis la Félicité, en état de perpétuelle dilatation; je suis le témoin, indépendant, je me déploie dans ma propre grandeur; ne connaissant ni le vieil âge, ni le déclin, sans limites qui se font face de part et d'autre, je suis pure connaissance, je suis l'océan de la libération; je suis le subtil, sans aucun attribut.
Je suis sans les trois qualités primordiales (1), tous les mondes co-existent en mon sein; je suis conscience sans changements, immuable, au-delà de la raison comme de l'action, je suis sans parties (donc Un), non-né, pure réalité.
Je suis le savoir sans fin, le propice, l'indivisible unité, le sans-défaut, la réalité illimitée. C'est moi que les Agamas (1) cherchent à connaître, tous les mondes sont attirés vers moi. Je suis pure joie; je suis pur, seul et unique, à jamais brillant d'un éclat qui jamais n'a eu de commencement; j'ai vérifié et établi l'authenticité de la Vérité suprême.
Je sais que je suis sans second, je me suis passé au crible de la discrimination. La servitude ? La libération ? C'est le même état, selon mon expérience. J'ai rompu avec ce monde dans lequel le serpent et la corde ont le même degré de réalité; seul Brahman existe, Il est la base unique du monde; en conséquence, le monde n'a aucune existence séparée; tel le sucre imprégné du parfum de la canne à sucre, je suis imprégné de Félicité. Les trois mondes (1) en leur totalité, de Brahma le Créateur au plus insignifiant des vermisseaux, ne sont que des imaginations qui ont traversé mon esprit.
Dans l'océan, se trouvent d'innombrables éléments, de la bulle à la vague, mais l'océan n'a aucun désir d'eux – de même, je n'ai aucun désir des choses de ce monde. Je suis tel l'homme riche qui ne souhaite pas être pauvre. L'homme sensé abandonne les poisons et se nourrit d'Amrita, le nectar d'immortalité (1). Le rayon de soleil qui fait luire la jarre, n'est pas détruit en même temps que celle-ci; de même, l'esprit n'est pas détruit lorsque périt le corps.
Je ne connais ni servitude, ni libération, ni Shastras (1), ni Guru. Je suis passé au-delà de Maya, la Grande Illusionniste, et en toutes circonstances – que la vie s'en aille ou que l'esprit soit assailli d'ennemis – je ne ressens aucune misère et reste empli de joie, car je me connais dans ma nature authentique; l'Ignorance a fui quelque part – je ne suis plus l'auteur d'aucune action, je n'ai plus de devoir à accomplir, plus de famille ni de lignée. C'est au corps physique qu'appartiennent ces notions, mais plus à moi qui diffère tout à fait de lui. Faim, soif, aveuglement, etc. caractérisent uniquement le corps subtil (ou corps astral, Linga sharira). Manque de vivacité, désirs, etc., caractérisent uniquement le corps causal (Karana sharira).
Tout comme, pour une chouette, le soleil est un disque sombre, de même pour l'ignorant, Brahman est pure obscurité. Lorsque la vision est bloquée par des nuages, l'ignorant pense qu'il n'y a pas de soleil. De même que le nectar d'immortalité, l'Amrita, n'est affecté en rien par aucun poison que ce soit, je ne suis plus affecté en rien par les défauts liés à l'inertie, Tamas (cf. Gunas, shloka II-1-10). Une source lumineuse, même une petite lampe, peut faire reculer une vaste obscurité; de même, un peu de connaissance détruit un grand pan d'ignorance. De même qu'il n'y a jamais eu, à aucun moment, de serpent à l'intérieur de la corde, de même il n'y a jamais eu le moindre monde à l'intérieur de mon esprit. Cet enseignement, si on le pratique ne serait-ce qu'un court moment, le temps d'un muhurta (1), on ne reviendra plus jamais en ce monde.
Om ! Que mon discours reflète et s'accorde à mon esprit; Om ! Que la Paix soit en moi !
Ici se termine l'Atmabodhopanishad, appartenant au Rig Véda.
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