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UPANISHADS DE SHIVA
Kaivalya Upanishad Upanishad de l'Indépendance absolue
Remarque préliminaire : Kaivalya : 1) état transcendant d'indépendance absolue; isolement, non-conditionnement, par détachement ou exclusion du non-Réel par l’âme; 2) délivrance, libération, union avec l’Être absolu (Brahman) que réalise le pur jnanin; béatitude suprême.
Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux; Puisse-t-Il nous nourrir tous deux;
1. Ashvalayana alla trouver le Seigneur Paramesthi (Brahma) (1) et lui demanda : « Seigneur, enseigne-moi la Connaissance de Brahman, le Très-haut, que cultivent toujours les êtres bons, qui est occultée, et par laquelle un homme sage met instantanément en fuite les actes négatifs et atteint au Purusha (2), le plus élevé de tous les êtres. »
3. Il se trouve plus haut que les cieux, siégeant dans la caverne (Buddhi) (1) qui brille, et seuls ceux qui se maîtrisent parfaitement peuvent L'atteindre – les maître de soi, les purs d'esprit, qui ont fermement établi la nature de la Réalité grâce au savoir du Védanta (2) cumulé à la renonciation du Sannyasin (3). Entrant dans la sphère de Brahma à l'époque de la dissolution cosmique, ils acquièrent même la libération de ce qui semble une suprême immortalité pour l'univers manifesté.
4-5. En un lieu retiré, assis dans une posture aisée à tenir longtemps, en état de pureté, maintenant bien érigés le cou, la tête et le tronc, il faut vivre (désormais) dans le dernier des stades de la vie brahmanique. Ayant contrôlé tous ses sens, on salue son propre Maître avec révérence, et l'on médite sur le lotus dans le cœur (Brahman), sans souillures, pur, clair et serein. 6. On médite sur Brahman, qui est impensable, non-manifesté bien qu'infini dans ses formes, qui est le bon, le pacifique, l'Immortel, l'origine des mondes, sans commencement ni milieu ni fin, l'unique et le seul, l'omniprésent, la Conscience et la Félicité, le sans-forme et le merveilleux. 7. Méditant sur le Seigneur le plus élevé de tous, Shiva, l'époux de Uma (1), puissant, aux trois yeux (2), au cou bleu, serein, l'ascète parvient à Lui; Il est la source de tout, le témoin de tout et Il se trouve au-delà de l'obscure ignorance (avidya).
8. Il est Brahma, Il est Shiva, Il est Indra, Il est l'Immuable, le Suprême, l'Auto-luminescent. Lui seul est Vishnu, Il est Prana (1), Il est le Temps et le Feu, Il est la Lune.
9. Lui seul est tout ce qui fut et tout ce qui sera, Il est l'Éternel; Le connaissant, on transcende la mort; il n'existe aucune autre voie vers la libération. 10. Lorsque l'on voit l'Atman dans tous les êtres, et tous les êtres dans l'Atman, on atteint au suprême Brahman – on ne L'atteint par aucun autre moyen. 11. Utilisant l'Atman comme l'arani (1) inférieur et le Om comme l'arani supérieur, par la friction répétée de la connaissance, l'homme sage consume tous ses liens.
12. Vivant dans son soi qui est pris aux filets d'illusions de Maya (1), c'est lui, le jiva (2) qui s'identifie à son corps physique et accomplit les actes les plus divers. Dans l'état de veille, c'est lui, le jiva, qui trouve satisfaction dans les objets de jouissance les plus variés, tels que femmes, nourritures, boissons, etc.
13. Dans l'état de rêve, le jiva ressent plaisir et peine dans une sphère d'existence créée par sa propre Maya, son ignorance. Dans l'état de sommeil profond, quand toute chose est dissoute et n'existe plus qu'à l'état causal, le pouvoir de tamas (1), la non-manifestation par inertie, s'empare du jiva et il n'existe plus que sous sa forme de félicité.
14. De nouveau, en conséquences de ses imprégnations mentales (1), ce même jiva retourne à l'état de rêve, puis à l'état de veille. Le jiva s'ébat dans les trois cités (2) – mais c'est de Lui qu'a jailli toute leur diversité. Il est, Lui, le substrat, la félicité, la Conscience indivisible, en laquelle ces trois cités se dissolvent.
15. De Lui, jaillissent Prana (l'énergie vitale), le mental, tous les organes, le ciel, l'air, le feu, l'eau, et la terre, laquelle est le support de tout ceci. 16. Cela (1) qui est le Suprême Brahman, l'Âme universelle, la base incommensurable de l'univers, Cela qui est plus subtil que toute subtilité, et éternel – Cela est toi-même, et tu es Cela (2).
17. « Cela qui manifeste les phénomènes, tels les trois états de conscience – Cela je le suis, je suis ce Brahman » – dès lors qu'on réalise cette vérité, on est libéré de toute entrave. 18. « Ce qui constitue l'objet de jouissance, le jouisseur et la jouissance, dans les trois cités – Je suis différent de tout cela. Je suis le Témoin, la pure Conscience, l'éternel Bien. 19. En Moi, et en Moi seul, toute chose prend naissance, en Moi toute chose repose, et en Moi toute chose est dissoute. Je suis ce Brahman, l'Un sans second. 20. Je suis plus infime que l'infiniment petit, de même Je suis le plus grand, incomparablement; Je suis l'Univers dans toute sa diversité; Je suis l'Ancien des Jours, le Purusha (1) et le Régent universel; Je suis la Lumière radieuse, je suis le Bien absolu.
21. Bien que sans bras ni jambes, Je détiens un pouvoir d'une ampleur impensable; Je vois sans le secours des yeux, J'entends sans le secours des oreilles. Je suis omniscient, et Je diffère de tout le manifesté. Nul ne peut Me connaître. Je suis l'Intelligence éternelle. 22. C'est Moi seul l'objet de l'enseignement des Védas, c'est Moi qui ai révélé le Védanta et les Upanishads, et Je reste l'absolu Connaisseur des Védas. Pour Moi, il n'est ni mérite ni démérite, aucune destruction ne peut M'atteindre, Je n'ai pas eu de naissance, Je ne possède pas d'identité propre associée à un corps possédant des organes. 23-24. Pour Moi, il n'existe ni terre, ni eau, ni feu, ni air, ni éther. » Si l'on réalise de cette façon le Paratman (1), qui siège dans la cavité du cœur, qui est indivisible et sans second, qui est le Témoin de tout, au-delà de l'existence comme de la non-existence – on atteint au pur Paratman Lui-même.
25. Celui qui étudie le Shatarudriya (1), est purifié comme s'il avait été consumé par les Feux : il est purifié du péché de boisson, du péché d'homicide sur un Brahmane, et de tout acte pernicieux commis sciemment ou par mégarde. En vertu de cette purification, il trouve dorénavant son refuge en Shiva, le Seigneur suprême. Celui qui appartient au quatrième et plus haut ordre de la vie brahmanique (2), devrait répéter ce mantra en permanence ou tout au moins une fois par jour.
26. Ainsi l'on atteint à la Connaissance qui détruit les réincarnations répétées au sein de l'océan du Samsara (1). En conséquence de cette Connaissance, on atteint au fruit du Kaivalya (2) ou libération. Oui, en vérité, on atteint à la libération.
Om ! Puisse-t-Il nous protéger tous deux; Puisse-t-Il nous nourrir tous deux; Ici se termine la Kaivalyopanishad, appartenant au Krishna-Yajur Véda.
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