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UPANISHADS DE SHIVA
Bhasma Jabala Upanishad Upanishad de Jabala sur les cendres sacrées
Note préliminaire : JABALA : Nom d'un sage très réputé, à qui est attribué plusieurs Upanishads. On ne sait rien à son sujet, sinon qu'il a classé la valeur des instructeurs en fonction de leur localisation, et donc de la richesse sémantique du dialecte concerné. Ce "témoignage de Jabala" figure dans le Tantrasara, recueil abrégé en langue bengali, et met en évidence trois catégories... mais ne tient pas compte du fait que les chercheurs en spiritualité se déplaçaient fréquemment, donnant des enseignements, et en prenant eux-mêmes de-ci de-là, au gré des rencontres.
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice; Om ! Que la Paix soit en moi !
Je suis ce Brahman absolu, le seul qui – s'il est compris dans son aspect véridique, comme ne faisant qu'un avec l'Atman – consume en cendres l'ignorance due à la Grande Illusionniste, Maya, ignorance qui consiste à considérer cet univers comme réel et séparé de son propre Soi. C'est au moyen de la Connaissance suprême qu'opère ce feu destructeur. Un jour, Bhusunda, de la lignée de Jabali, fit l'ascension du mont Kailasha pour se prosterner aux pieds du Seigneur Shiva Mahadeva (1), qui est l'incarnation de l'Omkara (2), et se trouve par-delà la trinité des dieux Brahma, Vishnu et Rudra.
Bhusunda rendit grâce à Shiva avec grande dévotion, à plusieurs reprises, lui offrant des fruits, des fleurs et des feuilles. Puis il interrogea le dieu : « Seigneur ! Aie la bonté de me conférer la science essentielle de tous les Védas, qui inclut l'art des cendres sacrées (Bhasma). Enseigne-moi ce procédé, car c'est le seul moyen d'atteindre à la libération. De quoi sont faites ces cendres ? Où faut-il les appliquer ? Quels sont les mantras à réciter ? Qui sont les personnes aptes à les porter ? Quelles sont les règles qui les régissent ? Aie la bonté de m'enseigner tout ceci, à moi qui suis né d'une basse caste. » Parameshvara (1), le Seigneur plein de compassion, répondit : « Le fidèle doit tout d'abord, au moment prescrit en fonction des influence célestes et aux premières lueurs du jour, se procurer de la bouse de vache sacrée, la mettre dans une feuille de Palasha (le flamboyant, Butea Frondosa) puis la faire sécher au soleil, en récitant le mantra commençant par “Tryambakam”.
Puis il doit brûler cette bouse desséchée, en un lieu convenable, avec tout feu qui soit disponible, selon les règles précisées dans les Grihya Sutras (1) de sa caste; il doit verser des offrandes faites de grains de sésame et de riz mélangés à du beurre clarifié (ghee), en les accompagnant du mantra “Somaya Svaha”. Le nombre d'offrandes devrait atteindre 1008, ou même une fois et demi ce nombre, si possible. L'instrument utilisé pour verser le ghee devrait être en feuilles, auquel cas l'offrande sera irréprochable [le fidèle ne commet aucun péché, textuellement - NdT].
Finalement, le fidèle doit faire l'oblation de Sveshtakruta (?) une fois que sont achevées les offrandes, en prononçant le mantra “Tryambakam...”. Répétant ce mantra, il doit jeter les offrandes dans le feu, vers les huit directions. Puis il doit asperger les cendres sacrées en récitant le Gayatri Mantra (1). Il doit ensuite les déposer dans un récipient en or, argent, cuivre ou terre, les asperger de nouveau en récitant les Rudra mantras (2). Ce récipient devra être conservé dans un endroit décent et pur.
Ensuite, le fidèle doit offrir un banquet en l'honneur des brahmanes. Alors seulement sa purification sera totale. Puis il doit prendre les cendres dans leur récipient, en récitant les mantras du PanchaBrahman (1), qui commencent par “Ishana...”, “Sadyojatam....”, etc., et se concentrer sur la pensée suivante : « Le Feu est Bhasma (les cendres sacrées), l'Air est Bhasma, l'Eau est Bhasma, la Terre est Bhasma, l'Éther est Bhasma, les dieux sont Bhasma, les Rishis sont Bhasma, cet univers tout entier et toute existence sont Bhasma ! Je me prosterne devant ces cendres sacrées et purificatrices, qui suppriment toutes mes impuretés ! »
Le fidèle doit déposer une petite quantité de cendres dans la paume de sa main gauche, après l'avoir lavée, en prononçant “Vamadevaya (Ceci est pour Vamadeva)”, les asperger d'eau avec le mantra “Tryambakam, etc.”, et les nettoyer avec le mantra “Suddham suddhena, etc.”. Puis il doit filtrer les cendres soigneusement. C'est alors qu'il pourra les appliquer sur lui, de la tête aux pieds, avec les cinq mantras du PanchaBrahman. Avec le pouce, le majeur et l'annulaire, il doit les appliquer sur la partie médiane de sa tête, en prononçant “sur la tête” et “Ô Bhasma, cendres sacrées, vous provenez d'Agni !” Le fidèle doit appliquer les cendres sacrées successivement : Le fidèle doit ensuite se prosterner aux pieds de Shiva avec le mantra “Somaya...”. Puis il doit laver ses mains et boire cette eau de cendres avec le mantra “Apa Punantu...”. Par aucune cause que ce soit, cette eau ne peut être répandue. Ainsi donc, cette pratique de concentration sur les cendres sacrées (Bhasma dharana) doit être accomplie aux trois jonctions du jour (Sandhya) : aube, midi et crépuscule. S'il y manque, le fidèle déchoira. Car c'est l'exacte pratique qui a été prescrite dans le code de conduite (Dharma) valable pour tous les brahmanes. Avant d'avoir pratiqué le Bhasma dharana selon cette coutume, le fidèle ne doit prendre ni nourriture, ni boisson, ni quoi que ce soit d'autre. Au cas où, par accident, cette pratique aurait été omise, ce jour-là il ne devra pas psalmodier la Gayatri. Aucun rite (Yajna) ne sera pratiqué ce jour-là, ni aucune libation d'eau offerte aux divinités, aux Rishis ou aux ancêtres (Pitris). Tel est l'éternel Dharma qui détruit toutes les impuretés et procure l'état ultime qu'est la Libération (Moksha). Tel est le rite quotidien des brahmanes, des étudiants (Brahmacharins), des maîtres de famille (Grihasthas), des ermites des forêts (Vanaprasthas) et des ascètes (Sannyasins). Si le fidèle l'omet ne serait-ce qu'une fois, il devra rester dans l'eau, jusqu'au cou, à répéter 108 fois la Gayatri, et jeûner toute la journée. Quant à l'ascète, s'il ne revêt pas les cendres sacrées ne serait-ce qu'un seul jour, il devra jeûner toute la journée et faire une litanie (Japa) de 1000 Pranavas Om, afin de retrouver sa pureté. Sinon, le Seigneur jettera ces ascètes en pâture aux chiens et aux chacals. Au cas où ce type de cendres sacrées ne serait pas disponible, tout autre type qui soit à portée de main devra être utilisé, avec les mantras prescrits. Cette pratique détruira tout acte négatif qui puisse être commis par l'être humain. » Bhusunda questionna de nouveau le dieu Shiva : « Quels sont les rites qu'un brahmane doit accomplir quotidiennement, et dont la négligence serait une faute ? Sur qui faut-il méditer ? De qui doit-on se souvenir ? Et comment méditer ? Où pratiquer ? Je t'en prie, explique-moi tout ceci en détail. » En réponse, le Seigneur lui donna cet enseignement concis : « Tout d'abord, le fidèle doit se lever le matin avant le lever du soleil, et après avoir accompli les actes de purification, il doit se baigner. Il doit nettoyer son corps au moyen des incantations de Rudra (Rudra Suktas). Puis il revêtira un vêtement propre. Après cela, il lui faudra méditer sur le dieu solaire et appliquer les cendres sacrées sur toutes les parties du corps qui sont prescrites. Puis il doit revêtir, comme prescrit, les graines Rudraksha blanches. Certains préconisent la façon suivante : sur la tête, 40 Rudrakshas; sur la poitrine, 1 ou 3; sur chaque oreille, 12; autour du cou, 32; autour de chaque bras, 16; autour de chaque poignet, 12; autour de chaque pouce, 6 Rudrakshas. Puis le fidèle doit observer le rite des trois jonctions (Sandhya) avec l'herbe sacrée Kusha en main. Il doit faire sa litanie (Japa), soit du mantra à six syllabes de Shiva, “Om Namah Shivaya”, soit du mantra à huit syllabes, “Om Namo Mahadevaya”. Cela est la plus haute vérité ainsi que la plus importante des consignes. Je suis en personne l'auguste Seigneur Shiva, le Dieu de tous les dieux, le Gouverneur suprême de tout les univers. Je suis ce Brahman impersonnel, Je suis l'Omkara, Je suis le Créateur, le Protecteur et le Destructeur de la totalité. Par la terreur que J'inspire, toutes les créatures accomplissent leurs tâches. Je suis ce monde, ainsi que les cinq éléments. Je suis la Vérité la plus haute qui existe, Je suis le Brahman des Upanishads. Telle est la Connaissance (Vidya) supérieure. Moi seul prodigue le don de Moksha, la Libération. Aussi tous les êtres viennent-ils vers Moi pour recevoir l'aide ultime. C'est pourquoi j'absorbe en Mon Être ces créatures qui ont abandonné leur souffle de vie (Prana) à Bénarès, lieu sacré qui se tient à la pointe de Mon trident (Trishula). En conséquence, tout le monde devrait faire ses pénitences uniquement à Bénarès. Ce lieu sacré ne devra jamais être négligé, en aucune circonstance. Tout le monde devrait essayer, dans la mesure du possible, de faire un séjour à Bénarès. Aucun lieu n'est plus propice que Bénarès. Le lieu le plus célèbre à Bénarès est le temple de Shiva. Là, à l'est se trouve l'autel de l'Abondance, au sud l'autel de Vichara (introspection), à l'ouest l'autel de Vairagya (détachement) et au nord l'autel de Jnana (Sagesse). Là, au centre, Moi, l'Esprit éternel, Je M'offre à l'adoration de Mes fidèles. Ce Linga (1) de Bénarès ne reçoit la lumière ni du Soleil, ni de la Lune, ni des astres. Ce Linga est luminescent [il diffuse sa propre lumière – NdT], il est appelé le Seigneur universel (Vishveshvara), et ses racines vont jusqu'aux enfers (Patala). Ce Linga est Moi-même. Je ne puis être vénéré que par celui qui porte les cendres sacrées et les Rudrakshas à la manière prescrite. Celui-là, Je le délivre de tous ses actes négatifs et de toutes ses souffrances.
Celui qui se consacre (1) à Moi parvient à l'union par absorption (2) en Moi. Rien n'existe en dehors de Moi. À tous, je donne l'initiation du mantra de la Traversée (3). Ceux qui recherchent la Libération doivent quitter la vie à Bénarès. Je prendrai soin d'eux. Je suis le Seigneur de Brahma, Vishnu et Rudra. Le plus corrompu des hommes ou des femmes atteindra à la Libération, si il ou elle meurt à Bénarès. Les autres, non libérés de leurs impuretés, seront grillés sur des bûchers funéraires après leur mort, tels des charbons vivants. Aussi tout être doit-il essayer de quitter la vie à Bénarès, qui est Mon PranaLinga (4) en personne.
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice; Om ! Que la Paix soit en moi ! Ici se termine la 'Bhasma-Jabalopanishad, appartenant à l'Atharva Véda.
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