Accueil
Plan du site
Introduction
Présentation
Notions fondamentales
Glossaire
Bibliographie

Diagrammes et Upanishads en PDF

 
 

Rechercher dans le site
avec Google

UPANISHADS MAJEURES
Aitareya
Brihadaranyaka
Chandogya

Isha

Katha
Kena
Mandukya et Karikas de
Gaudapada
Mundaka
Prashna
Taittiriya
 
UPANISHADS GÉNÉRALES
Adhyatma

Akshamalika

Akshi
Atman
Atma Bodha
Ekakshara
Garbha
Katha Rudra
Kaushitaki
Maha
Maitrayani
Mantrika
Mudgala
Muktika
Niralamba
Paingala
Pancha Brahma
Pranagnihotra
Sariraka
Sarva Sara
Savitri
Skanda
Subala
Shuka Rahasya
Surya
Svetasvatara
Vajra Suchika
 
UPANISHADS
DE SHIVA
Atharvashikha
Atharvashiras
Bhasma Jabala
Brihad Jabala
Dakshinamurti
Ganapati
Jabali
Kaivalya
Kalagni Rudra
Pashupata Brahmana
Rudra Hridaya
Rudraksha Jabala
Sarabha
 
UPANISHADS
DE SHAKTI
Annapurna
Bahvricha
Bhavana
Devi
Sarasvati Rahasya
Saubaghya Lakshmi
Sita
Tripura
Tripura Tapini
 

La Grande Déesse, autres œuvres...

 
UPANISHADS
DE VISHNU
Avyakta
Dattatreya
Garuda
Gopala Tapaniya
Hayagriva
Kali Santarana
Krishna
Maha Narayana
Nrisimha Tapaniya
Rama Rahasya
Rama Tapaniya
Tara Sara
Tripadvibhuti
Vasudeva
 
UPANISHADS DU
RENONCEMENT
Aruni
Avadhuta
Bhikshuka
Brahman
Jabala
Kundika
Maitreya
Narada Parivrajaka
Nirvana
ParaBrahman
Paramahamsa
Paramahamsa Parivrajaka
Sannyasa
Satyayaniya
Turiyatita Avadhuta
Yajnavalkya
 
UPANISHADS
DU YOGA
Advaya Taraka
Amrita Bindu
Amrita Nada
Brahma Vidya
Dhyana Bindu
Hamsa
Jabala Darshana
Kshurika
Maha Vakya
Mandala Brahmana
Nada Bindu
Sandilya
Tejo Bindu
Trishikhi Brahmana
Varaha
Yoga Chudamani
Yoga Kundalini
Yoga Shikha
Yoga Tattva
 
D'AUTRES UPANISHADS
En marge des 108...
 
Arseya
Ashrama
Baskala
Chagaleya
Kaula
Pinda
Pranava
Purusha Suktam
Shaunaka
Shiva Samkalpa
Shri Chaitanya
Tattva
 
 
Vers d'autres sites...
 
© M.Buttex – 2007-2010

 

 

 

 

Swami Sivananda (1887-1963) et quatre disciples, à Rhishikesh.

UPANISHADS MAJEURES

 

Prashna Upanishad

Upanishad du questionnement


Traduite et annotée par M. Buttex
D'après la version anglaise du Swami Gambhirananda
Publiée par Advaita Ashram, Calcutta

 

Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
Puissions-nous voir de nos propres yeux ce qui est propice,
Ô Vous, dignes de vénération !
Puissions-nous jouir de notre vie jusqu'au terme alloué par les Dieux,
leur adressant des louanges, avec notre corps bien ferme sur ses membres !
Qu'Indra le glorieux nous bénisse !
Que Surya (le Soleil) omniscient nous bénisse !
Que Garuda, le tonnerre qui foudroie le mal, nous bénisse !
Que Brihaspati nous octroie le bien-être !


Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

 

I-1: Sukesa, fils de Bharadvaja; Satyakama, fils de Sibi; le petit-fils de Surya, né dans la famille des Garga; Kausalya, fils d'Asvala; un rejeton de la lignée de Bhrigu, né à Vidarbha; ils étaient tous dévoués à Brahman, tous ils s'étaient engagés dans la voie vers la réalisation de Brahman, et fermement résolus dans leur quête du suprême Brahman, ils se munirent un jour de fagots de bois et approchèrent le vénérable Pippalada, avec la pensée confiante “Ce sage-ci va certainement tout nous dire à propos de Brahman.”

I-2: Le voyant (1) leur déclara : « Vivez ici encore une année de façon convenable, en contrôlant vos sens (2), en pratiquant l'abstinence (3) et en développant votre foi (4). Vous pourrez ensuite me questionner à votre guise. Dans la mesure de mon savoir, j'éclaircirai tous vos questionnements.

1 Rishi : Sages de l’ancien temps, à qui a été révélée la Shruti. Au nombre de 7, ils sont considérés comme les fondateurs de l’ordre social et de la religion. Ce sont les sages Vaikhanasa, Vishvamitra, Vasistha, Angiras, Atharvan, Atri et Atharvangiras.
2 Pratyahara : maîtrise des tendances à l’extériorisation du mental; retrait de l’esprit et son émancipation de la domination des sens et des objets des sens; c’est le 5ème membre du Raja Yoga. Cf. Ashtamga.
3 Brahmacharya : 1) chasteté absolue, en pensée, en paroles et en actions; 2) maîtrise parfaite des sens; 3) 1ère partie de la vie d’un hindou: célibat, étude spirituelle et auto-discipline.
4 Shraddha : Foi sans faille en les Écritures (Shastras), en son Guru, en les anciens, et dévotion à leurs prescriptions morales qui ont pour but de nous mener à l'Atman, et à la libération. Seul celui qui possède pleinement la vertu de Shraddha parviendra à réaliser Jnana, la connaissance intime de la Réalité spirituelle, mais il doit ne jamais douter de la valeur de l'enseignement.

I-3: Après ce délai, Kabandhi, descendant de Katya, alla trouver le rishi Pippalada et lui posa cette question : « Vénérable maître, à quelle origine attribuer la naissance de toutes ces créatures ? »

I-4: Le sage lui répondit : « Le Seigneur des créatures (1) eut le désir d'une progéniture. Il passa en revue les annales des ères védiques passées. Il médita sur cette somme de savoir, puis Il créa un couple – nourriture et Prana (2) – avec l'idée suivante : « Ces deux vont engendrer des créatures d'innombrables sortes, à mon intention. »

1 Prajapati : « le Seigneur des créatures, le Progéniteur » - épithète divine, notamment de Brahma, le Créateur, mais aussi de Shiva. Au pl., les prajapatyah sont les progéniteurs des créatures, au temps des origines.
2 Prana : L’énergie vitale sous-jacente à toute la manifestation cosmique, individuelle et collective; cette énergie remplit 5 fonctions : - prana : l’appropriation, l'ascension (inspiration); - apana : l’expulsion, la descente (expiration); - vyana : la distribution et la circulation (rétention du souffle); - udana : l’émission de sons; l'assimilation des énergies matérielles en énergies subtiles; le processus de désintégration à la mort physique; - samana : l’assimilation des énergies subtiles transformées par udana (digestion et métabolisme de la nourriture).

I-5: Le Soleil est Prana, en vérité; et la Lune est nourriture, en vérité. Quoi que ce soit qui puisse être, grossier * ou subtil, est uniquement nourriture. Le grossier – pour le distinguer du subtil – est en vérité la nourriture du subtil.

* Grossier : Attention : prendre ce terme – très fréquent en physiologie occulte – dans son sens premier : épais, non dégrossi, brut, matériel, et non dans le sens moral dérivé qui est devenu courant ! Je préfère l'utiliser, plutôt que de contourner l'ambiguïté en le remplaçant systématiquement par les termes “physique” ou “matériel” qui prêtent à erreur : les plans subtils et causal ont aussi leurs contreparties au plan physique, et notre plan le plus subtil n'est que le plan physique des réalités supérieures, d'une subtilité qui dépasse notre entendement.

I-6: Examinons maintenant le fait que le soleil, lorsqu'il se lève, pénètre dans l'horizon oriental; en conséquence, il absorbe dans ses rayons toutes les créatures peuplant l'orient. De même, il pénètre successivement dans l'horizon méridional, puis occidental, puis septentrional, il atteint le nadir puis le zénith, dépassant les points intermédiaires du zodiaque, et ce faisant, il illumine tous les horizons; en conséquence, il absorbe dans ses rayons la totalité des créatures vivantes.

I-7: C'est bien lui qui se lève, qui est Prana et Feu, qui est identique en toutes les créatures, et qui a pris toutes les formes du vivant. C'est bien de lui que parle ce verset du Véda :

I-8: « Ceux qui ont réalisé Brahman connaissent Celui qui a pris toutes les formes du vivant, dont les rayons ardents engendrent l'illumination, qui est refuge et unique lumière pour tous, feu à la source de toute chaleur. C'est Lui, le Soleil qui se lève, le Soleil qui possède des rais par milliers, qui s'épand sous des centaines de formes et donne substance vitale à toutes les créatures. »

I-9: L'année est en vérité Prajapati, le Seigneur des créatures. Vers Lui, il est deux voies : celle du sud et celle du nord. Par celle du sud, ceux qui suivent les prescriptions relatives aux sacrifices et favorables à l'intérêt public (ce qui relève donc du domaine des actes, karma, et de leurs conséquences), ceux-là conquièrent le monde de la Lune. Ce sont eux qui reviennent ici-bas. Aussi, ceux-là qui ont vu le ciel lunaire, qui ont gardé le désir d'une progéniture, atteignent-ils le Seigneur par la voie du sud. Cette voie des ancêtres est nourriture, en vérité.

I-10: Quant à ceux qui recherchent le Soi en s'aidant du contrôle des sens, de l'abstinence, de la foi et de la méditation, ils conquièrent le Soleil en empruntant la voie du nord. Car Il est le refuge de tout ce qui vit, Il est indestructible et ne connaît pas la crainte. Car Il est le but suprême, et ceux qui L'ont atteint ne s'en reviennent plus jamais. Il est, Lui, hors de portée de l'ignorant, qui ne peut Le réaliser. À ce propos, voici un verset du Véda :

I-11: « Selon certains, ce Soleil possède cinq pieds, Il est le père, formé de douze membres, et Il est empli d'eau dans le séjour suprême qui surplombe le ciel. Mais il en est d'autres, selon qui ce Soleil est l'Omniscient, possédant sept roues et six moyeux, sur lesquelles est arrimé l'univers tout entier.

I-12: Le mois est Prajapati, le Seigneur des créatures, en vérité. La quinzaine sombre est Sa nourriture, la quinzaine claire Son Prana. Voilà pourquoi les voyants accomplissent les sacrifices durant la quinzaine claire. Quant aux autres, la quinzaine sombre leur est réservée pour le même usage.

I-13: Jour et nuit sont en vérité Prajapati. Le jour est sûrement Son Prana, et la nuit Sa nourriture, certainement. Ceux qui s'adonnent aux plaisirs charnels durant le jour gaspillent leur Prana. Mais laisser libre cours à ses passions charnelles durant la nuit est tout aussi favorable que la chasteté.

I-14: Toute nourriture n'est rien d'autre que Prajapati, le Seigneur de toutes les créatures. C'est d'elle que provient la semence humaine. Et c'est de celle-ci que furent engendrés tous ces vivants.

I-15: Ceci étant, ceux qui suivent le vœu de Prajapati, si bien connu, engendrent des fils et des filles. Ceux qui observent les vœux et la continence et chez qui est bannie à jamais toute forme de fausseté, à eux seuls est réservé le monde de la Lune.

I-16: Ceux chez qui il n'y a ni duplicité, ni fausseté, ni dissimulation, à eux seuls est réservé le monde parfait de Brahman. »

 

II-1: Ensuite, un rejeton de la lignée de Brighu, né à Vidarbha, posa à Pippalada la question suivante : « Maître, quel nombre exact de devas (1) soutiennent les créatures ? Et parmi eux, lesquels manifestent cette gloire ? Et lequel est le principal d'entre eux ? »

1 Deva : être céleste; être de lumière; dieu, mais aussi divinité mineure. Au fém., devi.

II-2: Le voyant Pippalada lui répondit : « L'akasha, l'espace éthéré (1), est ce deva, comme aussi l'air, le feu, l'eau et la terre (2), l'organe de la parole, le mental, l'œil et l'oreille. Chacun d'eux exhibe sa gloire, et ils clament : « Sans nul doute, c'est nous qui soutenons ce corps dans sa forme homogène et l'empêchons de se désintégrer. »

1 Akasha : « qui n'est pas visible » - L'espace, l'éther, le ciel cosmique. Le milieu spirituel dans lequel la manifestation se déploie. Principe de la matière ultra-subtile qui est le substrat de l’univers, qui sous-tend, soutient et pénètre tout. C'est le plus subtil des cinq éléments-racines, dont la vibration donne naissance au son (shabda), puis à la parole et à l'audition; c'est à partir de ses multiples combinaisons avec les autres éléments-racines que toute la Création a opéré, en utilisant ce véhicule de la Vie et du Son primordial qu'est l'éther; cf. bhuta et les 36 tattvas.
2 Bhuta (Pancha Bhuta) : « élément physique (les 5 éléments) » - Du plus grossier au plus subtil, ce sont : 1) prithivi ou bhumi, la terre; 2) apas, l'eau; 3) tejas, le feu; 4) vayu, l'air; 5) akasha, l'éther (ou l'espace). Cf. les 36 tattva.

II-3: À cela, Prana, qui est leur chef, rétorqua : « Ne vous méprenez pas ! C'est moi qui empêche cette créature de se désintégrer, car je la soutiens en me divisant en cinq souffles vitaux (cf. shloka I-4). » Mais ils restaient incrédules.

II-4: Il sembla s'élancer hors du corps, bondissant d'indignation. Comme il prenait son mouvement ascensionnel, tous les autres devas prirent, eux aussi, la voie ascendante; et lorsqu'il s'immobilisa, les autres de même, se figèrent à leur place. Tout comme, dans notre monde, les abeilles se mettent en essaim en s'accordant à la reine qui les prend sous ses ailes et les guide, et se posent lorsqu'elle le fait, ainsi l'organe de la parole, le mental, l'œil et l'oreille, etc. se comportent de façon similaire. Maintenant enchantés [de la prééminence démontrée de Prana], ils commencèrent à Le Louer.

II-5: Celui-ci, Prana, brûle comme feu, celui-ci est le Soleil, celui-ci est le nuage, celui-ci est Indra et l'air, celui-ci est la terre et la nourriture. Oui, ce dieu est le grossier et le subtil, mais aussi le nectar.

1 Indra : Dieu védique de la pluie et du tonnerre, équivalent de Zeus; dieu guerrier, il établit sa domination sur les autres dieux. Ultérieurement, il devint le Dieu de la Lumière et de l'Immortalité, synthétisant le pouvoir du Mental divin.

II-6: Tels des rayons sur le moyeu d'une roue de chariot, toutes les choses sont reliées à Prana – les Rig, Yajur et Sama Védas, les Kshatriyas (1) et les Brahmanes (2).

1 Kshatriya : le guerrier, l'homme politique, sur lequel repose la sécurité et la stabilité de l'État; membre de la 2ème caste (varna).
2 Brahmana ou Brahmane: 1) un connaisseur de Brahman; 2) un Brahmane, prêtre, membre de la 1ère caste, dont l'unique fonction sociale est sacerdotale, et qui a la responsabilité d'enseigner les Écritures et de propager le dharma. Selon les Upanishads, est brahmane – non pas celui qui est né dans cette caste – mais celui qui s'est voué à la recherche du Brahman (Atman, Purusha, Tat... en sont des équivalents), c'est à dire de la libération absolue et définitive; 3) un texte liturgique védique, expliquant le rituel prescrit par les samhitas (recueils d'hymnes védiques); manuel d'instructions rituelles.

II-7: C'est Toi, Prana, qui bouges doucement dans la matrice en tant que Seigneur de la création, et c'est Toi qui prends forme et naissance à l'image des parents. Ô Prana, c'est à Toi, qui réside dans les organes, que toutes ces créatures viennent porter des offrandes.

II-8: Tu excelles à transmettre leurs libations aux êtres célestes. Tu es l'offrande de nourriture aux mânes des ancêtres, qui précède les autres oblations. Tu es le fonctionnement sain des organes qui constituent l'essence du corps humain, et nous Te reconnaissons à travers les Atharvans (1).

1 Atharva(n) : 1) un prêtre, responsable du sacrifice du Feu (Agnihotra) et des libations de Soma, du nom du premier prêtre qui institua ce sacrifice de l'Agnihotra et du Soma, et qui donna le Véda qui porte son nom, consistant essentiellement en formules et incantations pour détourner maladies et calamités; 2) épithète de Shiva, synonyme de Soma et de Prana.

II-9: Ô Prana, Tu es Indra (cf. shloka II-5). Par ta bravoure, Tu es Rudra (1); et Tu es le Protecteur omniprésent (2). Tu te meus dans le ciel – tu es le Soleil, le Seigneur de tous les luminaires.

1 Rudra : « le Rouge brillant, le Pleureur », de “-rud”: pleurer - Shiva sous son aspect destructeur, « Maître des puissances terrifiantes », lorsqu'il dissout les mondes au moment d'un pralaya, utilisant pour ce faire la force cosmique de réabsorption. Il est aussi, sous cet aspect, « le Seigneur des larmes », car ses manifestations épouvantent les humains, que ce soient des catastrophes naturelles, des maladies et épidémies, ou des deuils. Rudra, en tant que Maître de la Connaissance, est aussi Shiva sous son aspect de Maître de la colère et de la peur, mais aussi de Yogi impeccable et redoutable, maître des pouvoirs secrets (siddhis), également de nature ignée.
2 Vishnu – de la racine “vi?”, établir, pénétrer : « l'Omnipénétrant, l'Omniprésent » - Pour l'Advaita Vedanta, Vishnu est le second des dieux de la Trimurti : l’aspect conservateur du Divin, c.-à-d. de Brahman. Mais pour les Vishnouïtes, il est la Divinité suprême, la Réalité absolue, « Celui qui pénètre en tout atome de l'univers, pour qui il n'est ni entraves ni limites », dit le Rig Véda. À certaines époques historiques éminemment critiques, Vishnu émane des représentations physiques de lui-même, des avatars, afin de reprendre les rênes des consciences humaines. Le Mahabharata, épopée fondatrice de la culture hindoue, mentionne 1000 noms de Vishnu, exprimant ainsi la très riche connotation de ce dieu. Cf. Avatar, MahaVishnu.

II-10: Ô Prana, quand Tu te déverses sous forme de pluie, alors toutes ces créatures qui T'appartiennent, ressentent un élan de bonheur à la pensée que « la nourriture nous sera prodiguée jusqu'à ample satiété ».

II-11: Ô Prana, Tu n'as pas eu besoin d'être purifié, Tu es le feu Ekarshi (1), le dévorateur, et le Seigneur de tout ce qui existe. C'est nous qui Te portons l'offrande de Ta nourriture. Ô Matarishva (2), Tu es notre Père.

1 Ekarshi : nom d'un des feux sacrificiels dans les rites selon l'Atharva Véda, correspondant à l'ardha-matra au dessus du Om, au monde lunaire, aux correspondances subtiles, ainsi qu'aux hymnes qui les exposent. Ce feu ekarshi est le principal dévorateur des offrandes.
2 Matarishva(n) : « grandissant au-dedans de sa mère », c'est à dire au-dedans du bois dont il jaillit, est l'une des épithètes d'Agni, le feu sacrificiel, ainsi que du vent qui l'attise.

II-12: Pacifie cet aspect de Ta personne qui se loge dans la parole, ainsi que celui qui se loge dans l'oreille, celui de l'œil, et celui qui imprègne l'esprit. Ne Te soulève pas !

II-13: Tout ce qui est en ce monde, comme aussi tout ce qui se trouve dans les cieux, est sous Ton contrôle, Ô Prana. Aussi protège-nous, tout comme une mère protège ses enfants, et ordonne que nous soient attribuées splendeur et intelligence. »

 

III-1: Puis Kausalya, fils d'Asvala, demanda à Pippalada : « Ô Vénérable, d'où naît ce Prana ? Comment entre-t-Il dans ce corps ? Comment fait-Il pour y résider tout en se divisant ? Comment l'abandonne-t-Il ? Comment fait-Il pour étayer à la fois les objets extérieurs à ce corps et les objets physiques [qui constituent ce corps] ? »

III-2: Le sage Pippalada lui répondit : « Tu poses des questions qui transcendent les questions usuelles, car tu es un connaisseur prééminent de Brahman. C'est à ce titre que je te répondrai.

III-3: C'est du Soi (1) qu'est né le Prana. Tout comme on peut voir une ombre projetée là où se tient un homme, on peut voir le Prana projeté par le Soi. Et Il pénètre en ce corps en conséquence des actions antérieures de l'entité mentale (2).

1 Atman : le Soi, le principe spirituel universel qui est le substrat des individualités vivantes. L'Atman est le Soi éternel et universel, l’Âme suprême, l’Absolu, Brahman.
2 Jiva : L’individualité vivante, l’âme individuelle, dans son état de non-réalisation de son identité avec Brahman. Jivatman : Le Soi éternel, l’Atman qui réside en un jiva, le Témoin de la buddhi.

III-4: De même que seul le Roi gouverne ses officiers, leur ordonnant : « Tiens l'office de gouverneur dans ces villages, et sur ceux-là », de même le Prana s'engage dans le corps en se séparant selon les organes.

III-5: Il place Apana (souffle d'expulsion) dans les deux ouvertures basses. Prana Lui-même, s'échappant de la bouche et des narines, réside dans les yeux et les oreilles. Au milieu du corps, cependant, est placé Samana (énergie d'assimilation), qui distribue équitablement l'énergie engendrée par la nourriture ingérée. De là, s'élèvent ces sept flammes (1).

1 Quelles sont ces 7 flammes ? Shankara, dans ses gloses sur cette Upanishad, disent qu'elles s'élèvent de la tête, mais sans plus préciser. On peut voir, cependant, que le feu du souffle vital (prana) à travers l'organisme humain, est remonté vers la tête (comme la Kundalini éveillée) et irrigue les sept chakras sub-coronal (correspondant aux 7 rayons ésotériques).

III-6: Le Soi (le corps subtil du jivatman) se tient en sécurité dans le cœur. Là, cent et une nadis (1), dont chacune se ramifient en cent nouvelles nadis. Chaque rameau se divise en soixante-douze mille sous-rameaux. Parmi eux, Vyana (rétention du souffle et distribution de l'énergie vitale) va et vient.

1 Nadis : Canaux fluidiques, par lesquels le prana circule dans le corps subtil. Ils sont à celui-ci ce que sont les nerfs et les vaisseaux sanguins au corps physique. Sont également appelés nadis les conduits ou canaux qui transportent l’air, l’eau, le sang, les substances nutritives et autres à travers tout le corps. Ils véhiculent les énergies cosmique, vitale, séminale et autres, aussi bien que les sensations, la conscience et l’aura spirituelle.

III-7: Puis enfin, Udana (désintégration à la mort physique par assimilation des énergies matérielles en énergies subtiles), lorsqu'il emprunte la voie ascensionnelle, mène vers un monde de vertu en résultat d'une vie vertueuse, vers un monde de souffrances et de négativité en résultat d'une vie similaire, ou vers le monde humain en résultat d'une vie présentant ces deux caractéristiques.

III-8: Le soleil est assurément le Prana extériorisé. Il se lève, dévoilant ce Prana aux yeux. Mais cette divinité qui est la Terre, attire à elle l'Apana (souffle d'expulsion) qui est dans l'être humain. Dans l'espace et dans l'air intermédiaire (1), se trouve Samana (énergie d'assimilation). Le souffle le plus utilisé est Vyana (rétention du souffle).

1 Ici le texte joue sur les deux sens d'akasha : espace et air subtil, soit éther. Cf. shloka II-2, puis III-5 et 6 pour les souffles cités ici.

III-9: Quant à ce qui est notoirement reconnu comme luminosité et chaleur, c'est Udana (l'assimilation des énergies matérielles en énergies subtiles). En conséquence, celui chez qui cette luminosité s'éteint, prend le chemin d'une nouvelle naissance en même temps que ses organes se résorbent en pure conscience.

III-10: En compagnie de la dernière pensée qui a précédé sa mort, il réintègre [son origine] en Prana. Et Celui-ci, se combinant à Udana (résorption du matériel en spirituel) et s'associant à l'âme, le mène vers le monde qui est en affinités avec ses désirs.

III-11: La lignée de descendance de tout homme de savoir qui connaît ainsi Prana, ne connaîtra jamais d'interruption. Il devient lui-même immortel. À ce propos, le mantra suivant est clair :

III-12: Connaissant tout du Prana, son origine, les caractéristiques de son arrivée, de son établissement en l'humain et de sa quintuple domination, ainsi que les faits physique de son existence, on obtient l'immortalité. Oui, par cette connaissance, on obtient l'immortalité ! »

 

IV-1: Ce fut le tour du petit-fils de Surya, né dans la famille des Garga, de poser sa question : « Ô Maître adorable, quels sont donc les organes (1) qui entrent en sommeil en même temps que l'être humain ? Lesquels le maintiennent en état de veille ? Et quelle est la divinité qui est le rêveur en lui ? À qui survient l'état de félicité ? Et en qui fusionnent tous ces organes et états de conscience d'un individu ? »

1 Indriya : L'organe, et la modification mentale (vritti) associée à leur fonctionnement. Les 5 organes de perception (jnanendriyas) sont : l'oreille, la peau, l'œil, la langue et le nez. Les 5 organes d'action (karmendriyas) sont : la voix, la main, le pied, les organes d'excrétion, et l'organe de reproduction.

IV-2: Pippalada lui répondit : « Ô Gargya, de même que tous les rayons du soleil couchant se fondent dans cette orbe de lumière, et qu'ils se dispersent de nouveau en tous sens à son lever, de la même manière tout cela se fond dans la divinité suprême, Chitta (1). D'où il s'ensuit que cet individu n'entend plus, ne voit plus, ne sent plus par l'odorat, ne goûte plus, ne sent plus par le toucher, ne parle plus, ne saisit plus, ne jouit plus de rien, n'expulse plus rien, ne bouge plus. On dit : « Il est endormi. »

1 Chitta – Pensée. Étoffe ou matière mentale, substance inerte qui est la base et le réceptacle des perceptions et de la mémoire. 1) Le mental compris dans son sens le plus étendu: a) contenu mental; b) substance de la pensée, de l’esprit; 2) une des 4 fonctions de l’organe intérieur, l’antahkarana, soit la faculté d‘attention, de sélection et de rejet; 3) le réceptacle de tous les souvenirs et de toutes les tendances, qui apparaît comme l’ego (ahamkara) qui établit le moi; la conscience, l'esprit.

IV-3: Ce sont les feux – du moins les fonctions de nature ignée – du Prana qui, en réalité, demeurent à l'état de veille dans cette cité qu'est le corps [endormi, tout aussi bien - NdT]. Ce feu qui est Apana (souffle d'expulsion) ressemble en réalité au feu Garhapatya, le feu rituel du foyer domestique; celui de Vyana (rétention du souffle) ressemble au feu Anvaharyapacana, le feu rituel de la cuisson sacrificielle; puisque le feu Ahavaniya, le feu rituel de l'oblation sacrificielle, est obtenu à partir du feu Garhapatya, qui est donc sa source d'extraction, par conséquent Prana se conforme à Ahavaniya, car ce dernier est issu d'Apana.

IV-4: Samana (énergie d'assimilation) est le prêtre dénommé Hota (1), car il instaure un équilibre entre expir et inspir, lesquels peuvent se comparer à deux oblations. L'esprit, chitta, est en vérité le sacrificateur. Le fruit désiré est bel et bien Udana (résorption du matériel en spirituel), qui mène le sacrificateur en présence de Brahman, tous les jours.

1 Hota ou Hotri : Le prêtre qui accomplit le sacrifice, qui invoque et fait venir les divinités pour leur tendre les offrandes.

IV-5: Dans l'état de rêve, cette divinité qu'est l'esprit, chitta, fait l'expérience de l'auguste grandeur. Tout ce qu'il a pu voir, il le revoit; tout ce qu'il a pu entendre, il le ré-entend; tout ce qu'il a pu percevoir en différents lieux et en toutes directions, il l'expérimente encore et encore. Et il perçoit tout cela en devenant lui-même tout ce qui fut vu ou ne le fut pas, entendu ou non, perçu ou non, ainsi que tout ce qui est réel ou irréel.

IV-6: Lorsque cette divinité, chitta, est submergée par les rayons de tejas (1) (que l'on appelle aussi pitta, bile), elle ne voit alors plus de rêves. Alors, tout le temps que dure cet état, une certaine félicité envahit tout le corps.

1 Tejas : 1) élément Feu (cf. Agni et bhutas), lié à la forme (rupa) et à la vue/visibilité; chaleur; 2) éclat, brillance, majesté; 3) énergie et force spirituelle; aura fluidique entourant parfois la tête de certains méditants.

IV-7: Pour illustrer ce point : Tout comme les oiseaux se dirigent vers l'arbre qui leur fournit un abri, ainsi, ô mon bel ami, tout ce qui constitue l'être humain se dirige vers l'Atman, le Soi suprême.

IV-8: La terre et son élément subtil, l'eau et son élément subtil, le feu et son élément subtil, l'akasha et son élément subtil, l'organe et l'objet de la vision, l'organe et l'objet de l'ouïe, l'organe et l'objet de l'odorat, l'organe et l'objet du goût, l'organe et l'objet du toucher, l'organe de la parole et le contenu du discours, les mains et l'objet saisi, le sexe et sa jouissance, l'organe de l'excrétion et les excréments, les pieds et l'espace parcouru, le mental et le contenu de la pensée, l'intelligence et le contenu de la compréhension, l'égoïsme et le contenu de l'intérêt personnel, la conscience et le contenu de la prise de conscience, l'éclat de la peau et ce que cela révèle, le Prana [en tant qu'énergie vitale - NdT] et tout ce qui est relié et assemblé par lui. *

* Cette énumération recense « tout ce qui constitue l'être humain » du shloka précédent.

IV-9: Et qui est celui qui voit, touche, entend, sent, goûte, pense, évalue et calcule, agit et fait ? ? Le Purusha (1), qui emplit tout le corps et les sens, qui est par nature le connaisseur, qui devient intégralement établi dans le Soi suprême, immuable.

1 Purusha : « personne, esprit conscient » - 1) Le Principe psychique universel; s’oppose à Prakriti dans le système dualiste du Samkhya. Esprit et Matière, respectivement, mais aussi principes mâle et femelle, Purusha est la pure Conscience non-manifestée, par opposition à Prakriti, la nature naturante, l'énergie de la manifestation à travers laquelle les univers se déploient. 2) le véritable Moi, l'âme qui réside dans le corps physique; 3) la Conscience suprême, substrat de toutes les opérations de la substance, Prakriti. Il est alors synonyme d'Être Suprême, d'Âme Suprême ou universelle; Adi Purusha est la Personne-archétype, Parama Purusha est l'Être suprême, et Purushottama est le meilleur parmi les Purushas.
Par extension, notamment dans les Upanishads, Purusha se réfère à Brahman en tant qu'Homme Cosmique, « possédant mille têtes, mille yeux, mille jambes, incluant la Terre dans son corps, se diffusant dans toutes les directions, à l'intérieur de l'animé comme de l'inanimé » dit aussi le Rig Véda.

IV-10: Quiconque réalise cet Immuable dépourvu d'ombre, de corps, de couleur, et absolument pur, atteint le Suprême immuable, en personne. Ô mon bel ami, quiconque parvient à la réalisation, devient omniscient et [développe] tous les attributs [du Soi suprême]. À ce propos, le mantra suivant est clair :

IV-11: Ô mon bel ami, il devient omniscient et omnipénétrant, celui qui connaît cet Immuable en quoi fusionnent le Soi qui est Connaissance – le Purusha qui est en soi un connaisseur – ainsi que tous les organes et les éléments (cf. shloka IV-8), accompagnés par leurs divinités tutélaires. »

 

V-1: Puis ce fut le tour de Satyakama, fils de Sibi, de poser sa question : « Ô Vénérable, quel monde sera la récompense de celui parmi les hommes qui médite intensément sur Om (1) de cette merveilleuse façon, et ce jusqu'à sa mort ? »

1 Om ou Aum : le Verbe sacré, symbole de la Totalité.
Om est le nom de la Divinité suprême, et ce son est sacré entre tous, autant pour les hindouistes que pour les bouddhistes. La syllabe sacrée symbolise l’Absolu ou Brahman, résumant tout ce que l’homme peut concevoir à son sujet. Le Om est un mystère occulte, en tant que symbole tout-puissant de l'univers : comme le mot latin omne, le mot sanscrit Aum signifie « tout » et exprime les concepts d’omniscience, d’omniprésence et d’omnipotence sous sa forme pleine, Aum.
Utilisé comme mantra, Om est la syllabe mystique par excellence, et c'est le mantra de base, mula mantra, qui sert de base ou d'introduction à la majorité des formules-mantras. On le trouve en début et en fin de tout écrit sacré, où il prend une puissance d'affirmation analogue à “Oui, en vérité...”.
Pranava est un synonyme de Om et de Omkara. Cf. Dhyana-Bindu Up, shlokas 9 à 39.

V-2: Pippalada lui répondit : « Ô Satyakama, c'est Brahman Lui-même, que l'on connaît sous son aspect inférieur ou supérieur, qui est Om en vérité. Aussi l'âme illuminée atteint-elle soit l'un soit l'autre, au seul moyen du Om.

V-3: Méditer sur Om équivalent à une syllabe sonore (1), cela seul suffit à l'illumination et assure une renaissance humaine sur cette Terre. Les mantras et hymnes du Rig Véda mènent à la renaissance humaine. Le méditant y sera doté des attributs de maîtrise de soi, de continence et de foi, et il y fera l'expérience de la grandeur.

1 Matra : 1) très petite unité de temps (seconde), également unité phonétique; 2) les lettres de l'alphabet, et leur prononciation, également unité syllabique et/ou graphique.

V-4: Le gain est autre pour qui médite sur Om équivalent à deux syllabes sonores, il s'identifiera au royaume du mental. Les mantras et hymnes du Yajur Véda le mènent à l'entremonde, le monde lunaire. Après avoir fait l'expérience de la grandeur dans le monde lunaire, il reprend le cycle des renaissances et des morts.

V-5: Encore un autre gain pour qui médite sur le suprême Purusha à l'aide de cette syllabe par excellence, Om, possédant trois syllabes sonores; il parviendra à la fusion unitive avec le Soleil, essence de la lumière. Comme un serpent se débarrasse de sa mue, de la même manière il se débarrasse du négatif et il se hausse jusqu'au monde de Brahma, l'Hiranyagarbha (1), mené par les mantras et hymnes du Sama Véda. Là, à partir de cette somme totale des créatures qu'est Hiranyagarbha, il contemple le suprême Purusha qui pénètre la moindre créature tout en étant plus élevé que le suprêmement élevé. À ce propos, le mantra suivant est clair :

1 Hiranyagarbha (hiranya = or; garbha = embryon, œuf) : 1) « l’Œuf d’or », corps subtil de l'univers dans la période cosmogonique; 2) Brahma, en tant qu'Être cosmique et Progéniteur (Prajapati); 3) la manifestation considéré sous son aspect subtil; équivalent de sutratma. Cf. Ishvara et virat.

V-6: Les trois lettres A–U–M, en soi, demeurent à l'intérieur de l'orbe de la mort. Mais si elles sont étroitement unies l'une à l'autre, sans être appliquées avec des connotations divergentes à différents objets, et restent appliquées aux trois champs d'action – extérieur, intérieur et intermédiaire – en bonne et due forme selon les circonstances, alors l'homme parvenu à l'illumination ne tremble plus et demeure inébranlable.

V-7: L'homme intelligent peut connaître ce monde qui est atteignable au moyen des mantras du Rig Véda, l'espace intermédiaire atteignable au moyen des mantras du Yajur Véda, et celui qui est atteignable au moyen des mantras du Sama Véda. Mais l'homme parvenu à l'illumination atteint, quant à lui, ce triple monde par le seul moyen du Om; et en s'aidant du Om, il parvient en surplus à cela qui est la Réalité suprême, cela qui est paisible, au-delà du vieillissement, de la mort ou de la crainte. »

 

VI-1: Enfin, ce fut Sukesa, fils de Bharadvaja, qui posa la dernière question : « Ô Maître vénérable, Hiranyanabha, un prince du Kosala, est venu me trouver et m'a posé cette question : « Bharadvaja, as-tu connaissance du Purusha (cf. shloka IV-9) qui possède seize membres ? » À cela, j'ai répondu : « Non, je n'en ai pas connaissance. Si c'était le cas, pourquoi ne t'en aurais-je pas parlé ? Car quiconque prononce une déclaration mensongère sèche sur place, jusqu'aux racines. Comment donc pourrais-je me permettre un mensonge ! » En silence, il est remonté sur son chariot et s'en est allé. Et moi, à propos de ce Purusha, je te demande : « En quel lieu existe-t-Il ? »

VI-2: Pippalada lui répondit : « Ô mon ami, ici-même, à l'intérieur de ce corps, se trouve ce Purusha en qui ces seize membres ont leur origine.

VI-3: Ce Purusha délibéra : « En résultat du départ de quel membre me dresserai-Je [hors de ce corps - NdT] ? Et en résultat de la continuité de quel membre resterai-Je établi [en ce corps - NdT] ?

VI-4: Il créa donc Prana (cf. shloka I-4); puis, à partir de Prana, Il créa la foi, l'espace (akasha – cf. shloka II-2), l'air, le feu, l'eau, la terre, les organes (cf. shloka IV-1), le mental, la nourriture; à partir de celle-ci, Il créa la vigueur, la maîtrise de soi, les mantras, les rites, les mondes, les noms (1) [et les formes] dans ces mondes. *

1 Nama : 1) le nom; 2) l’agrégat des noms et des formes dans l’expression nama-rupa, qui constituent le Devenir; nama-rupa s’oppose ainsi à Sat Chit Ananda, la réalité ontologique.
* Ce sont là les seize membres du Purusha, qu'il créa lui-même (notez que les organes ne comptent que pour un membre).

VI-5: En voici une illustration : De même que ces rivières qui s'écoulent ont pour direction la mer, y sont absorbées en l'atteignant, que leurs noms et formes sont annihilés et qu'on ne les appelle plus que “mer”, de même ces seize membres qui constituent l'omniscient Purusha, possèdent ce même Purusha comme finalité, s'y fondent et disparaissent en L'atteignant, leurs noms et formes sont annihilés et on ne les appelle plus que “Purusha”. Un tel homme, parvenu à la réalisation, est libéré de ses constituants et devient immortel. À ce propos, le mantra suivant est clair :

VI-6: Il te faut connaître ce Purusha qui vaut d'être connu et en qui sont solidement fixés tous les membres, à l'image des rayons fixés dans le moyeu d'une roue de chariot, afin que la mort ne puisse plus t'affliger en nul lieu du monde. »

VI-7: À l'intention de tous ses visiteurs, Pippalada ajouta : « Ma connaissance du suprême Brahman ne va pas plus loin. Au-delà, il n'y a plus rien. »

VI-8: Ils lui rendirent les hommages de leur vénération, ajoutant : « Oui, en vérité, tu es notre père spirituel, qui nous a menés à l'autre rive, par-delà le fleuve de la nescience. Salutations aux grands voyants ! Oui, salutations aux grands voyants ! »

 

Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
Puissions-nous voir de nos propres yeux ce qui est propice,
Ô Vous, dignes de vénération !
Puissions-nous jouir de notre vie jusqu'au terme alloué par les Dieux,
leur adressant des louanges, avec notre corps bien ferme sur ses membres !
Qu'Indra le glorieux nous bénisse !
Que Surya (le Soleil) omniscient nous bénisse !
Que Garuda, le tonnerre qui foudroie le mal, nous bénisse !
Que Brihaspati nous octroie le bien-être !


Om ! Que la Paix soit en moi !
Que la Paix gagne mon environnement !
Que la Paix soit en les forces qui agissent sur moi !

 

Ici se termine la Prashnopanishad, appartenant à l'Atharva Véda.

 

 

                                                                                                                                                                                                
                     Accueil                                                              Retour en haut de page                                                           Plan du site