|
UPANISHADS DE SHIVA
Atharvashiras Upanishad Upanishad initiale de l'Atharva
Note préliminaire : SHIRAS : « tête, crâne » - 1) sommet; 2) début, initial.
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice;
I: Les divinités tendirent la paume de leurs mains vers Rudra (1), pour Lui adresser cette prière :
II: Om !
III-1: La Terre correspond à Tes pieds. Le Bhuvar Loka (1) correspond au milieu de Ton corps, et le Svar Loka (2) à Ta tête. L'Univers est la forme de Ton corps. Toi, Brahman, tu apparais comme unité, mais aussi comme dualité et comme triplicité, et Tu sembles être au-delà de toute relation qui T'entraverait. Tu es la paix, Tu es la vigueur. Tu es Cela qui est offert en oblation par le feu sacrificiel, mais aussi Cela qui est bien plus que le contenu de l'oblation. Tu es Cela qui est offert par le geste de charité, mais aussi Cela qui est bien plus que le contenu du geste de charité. Tu es le Tout, et aussi le Rien. Tu es l'univers entier, mais il n'est pas Toi. Tu es l'acte accompli, et tout aussi bien l'acte non accompli. Tu es Cela qui se trouve tout en haut, et Cela qui se trouve tout en bas. Et Tu es le Refuge de tous les êtres.
III-2: Ayant bu à longs traits le soma (1) de Ta grâce, nous avons échappé à la mortalité. Nous avons atteint l'ultime limite. Nous avons vu les dieux. Qui pourrait nous causer le moindre tort ? Nous, les humains, nous ne sommes jamais à court de soma, ce nectar de Ta grâce.
III-3: Toi qui es l'Être Primordial, Tu étais là avant le soleil et la lune. III-4: Par amour pour ce monde, cet Être Primordial, immortel, se saisit du monde au moment de sa création par Prajapati (1), alors qu'il est encore minuscule et tranquille, et sans même le toucher, Il l'attire en Lui, chaque monde (loka) après l'autre, chaque plan céleste après l'autre, chaque plan subtil après l'autre, chaque souffle vital après l'autre. Il les attire en Lui et les incorpore. Salutations, encore et encore, à Celui qui incorpore la Totalité.
III-5: Ces divinités qui résident dans le cœur des humains, résident en réalité dans l'âme qui vit en ce cœur. Et Toi qui vis dans ce cœur, Tu es au-delà de la triplicité (1).
III-6: La tête du “son du Om” est à Ta gauche, ses pieds sont à Ta droite. Ce “son du Om” est le Pranava, le son primordial. Ce Pranava résonne de part en part de l'univers. Ce qui est omniprésent représente une grandeur absolue. Ce qui est illimité brille à l'instar d'une étoile blanche. Ce qui est aussi appelé shukla (le fluide séminal – l'unité de base de la vie) est extraordinairement minuscule (1). Ce qui est minuscule est semblable à la fulgurance de l'éclair. Ce qui est semblable à la fulgurance de l'éclair est le Brahman ultime. Ce Brahman est unique, absolument sans second. Cet Unique, absolument sans second, est Rudra, et aussi Ishana (2), et aussi l'ultime Divinité, le Seigneur de la Totalité.
IV: On nomme Rudra la personnification du Pranava (Om), car c'est Lui qui fait monter l'âme vers les mondes supérieurs, au moment de la mort. On Le nomme “Celui qui a la forme du Pranava”, car les Brahmanes lisent et propagent les Rig, Yajur, Sama et Atharva Védas seulement après avoir prononcé le Om. On le nomme “l'Omni-pénétrant”, car, telle l'huile dans la graine de sésame, il pénètre pacifiquement tous les mondes de part en part, du zénith au nadir et de l'orient à l'occident. On le nomme “Ananta, l'Illimité” (1), car il n'a de bornes ni au zénith ni au nadir, ni à l'orient ni à l'occident.
On le nomme “Tara, le Protecteur”, car Il nous protège de la peur de la vie, quintuple dans son expression : peur de rester à l'intérieur de l'utérus maternel, peur après la naissance, peur de la maladie, peur de la vieillesse, peur de la mort. On le nomme “Shukla, blancheur du fluide séminal”, car la prononciation de Son nom nous débarrasse de toute souffrance. On le nomme “Sukshuma, le Subtil”, car Il pénètre sous une forme subtile (1) dans le corps tout entier, sans toucher un seul de ses organes.
On le nomme “Vaidhyuta, l'Électricité de la foudre”, car aussitôt Son nom prononcé au sein de l'obscurité aveuglante, la connaissance sacrée fait irruption avec la fulgurance de l'éclair. On le nomme “ParaBrahman, la Réalité Suprême”, car, bien qu'Il se trouve en toute chose, Il est tout à la fois intérieur et extérieur; Il est le Refuge pour tout être et, bien qu'infiniment plus grand que toute grandeur connue, Il réside à l'intérieur de toute forme. On le nomme “Eka, l'Unicité”, car Il reste, seul, après avoir détruit l'univers, et se trouve seul quand Il le reconstruit. On le nomme “Tirtha, le Lieu sacré”, car c'est en Lui que se mêlent les eaux des fleuves sacrés, si recherchées partout, à l'est et au sud, au nord et à l'ouest. On le nomme “Eka, le Solitaire”, car Il crée tous les êtres et se déplace parmi eux sans que quiconque ne s'aperçoive de l'instant où Il est là, où Il est reparti. On le nomme “Rudra, le Principe destructeur”, car il se meut avec une violente rapidité, et n'est accessible à nul être, si ce n'est aux sages et à Ses fervents disciples. On le nomme “Ishana, le Seigneur de la totalité ” (1), car Il détient le pouvoir de création et de protection, ainsi que l'autorité sur toutes les divinités.
Nous T'approchons, comme on s'approche d'une vache pour en tirer le lait. Tu es Ishana, car c'est Toi que les Védas désignent comme le guide vers les états célestes, comme le Régent des divinités. Tu es également nommé Maheshvara, le Seigneur suprême, car Tu accordes à Tes disciples fervents la bénédiction de la Connaissance; car Tu es l'auteur du langage et l'a constitué en tant que savoir; car enfin Tu as tout abandonné et atteint, Toi le premier, le plus haut état d'existence au moyen du yoga et de Ta propre grâce. Tel est Rudra. V-1: Ce dieu est Celui qui se répand dans toutes les directions. Il est Celui qui apparut avant tous les autres existants. Il est Celui qui se trouve dans la matrice. Il est Celui qui se trouve en chacune de toutes les créatures qui sont apparues jusqu'à présent et qui seront créées dans le futur. Il est aussi Celui qui voit à l'intérieur de tout, mais dont un visage toujours regarde à l'extérieur de tout. V-2: Rudra est Un, et uniquement un. Il est sans second. Il gouverne tous les mondes par Sa puissance. Il se répand en tous les êtres, les imprégnant intégralement. Il est Celui qui, au moment de la destruction des mondes (pralaya), réabsorbe tous les êtres en Lui. Il est Celui qui crée tous les êtres et préserve la vie en eux. V-3: Lui seul existe, au sein de tous les organismes qui possèdent le pouvoir de reproduction. Il se propage d'un être à son petit, Il est la Cause de leur existence. Le chercheur spirituel atteint à une paix incommensurable dès lors qu'il recherche et se rend à ce dieu, Lui qui accorde toute faveur à qui le Lui demande, Lui qui est vénérable entre tous V-4: Il réduit en cendres le feu lui-même, l'air, l'eau, la terre, l'éther et tout ce qui existe ici-bas. Celui qui parvient à cette vision, la réalise mentalement et observe le rite de pénitence devant Pashupathi (1) après avoir enduit son corps de cendres sacrées, parviendra à réaliser Brahman. Par ce culte de Pashupathi, les liens qui entravent les humains sont rompus et ils parviennent à la libération.
V-5: Nul ne Le surpasse en grandeur, Lui autour de qui les mondes sont accrochés, telles les perles d'un collier. Au cours des éons, rien n'apparut qui fût plus grand, et rien n'apparaîtra qui sera plus grand que Lui. Il possède des jambes par milliers, mais une seule et unique tête, et Il se répand de part en part de l'Univers. V-6: À partir d'Akshara (1), le Temps fut créé. Du Temps, surgit Celui qui est tout-pénétrant. Celui-ci est Rudra. Rudra détruit les créatures, jusque dans son sommeil. De son souffle, émane l'énergie de Tamas, l'obscurité (2). De Tamas, provient l'eau. Agiter cette eau d'un doigt, la rafraîchit. Par le mélange de diverses fraîcheurs, l'écume est produite. De cette écume, émerge la galaxie. De la galaxie, naît Brahman. De Brahman, l'air émane. À partir de l'air, est produit le “son du Om” (pranava – cf. III-6). Le “son du Om” engendre Savitri (3). De Savitri, naît la Gayatri (4), et par cette dernière tous les mondes sont créés.
Om ! Ô Dieux, puissions-nous entendre de nos propres oreilles ce qui est propice; Ici se termine l'Atharvasiras Upanishad, appartenant à l'Atharva Véda.
|